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Exclusif/ Un cadre du RDR prévient Ouattara : « Des militants du RDR ne sont pas prêts à ….»

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Exclusif/ Un cadre du RDR prévient Ouattara : « Des militants du RDR ne sont pas prêts à aller voter Oui au référendum »

Militant du RDR, parti au pouvoir, Dembélé Moustapha, se veut un militant libre et critique. Dans l’entretien qu’il a accordé à Linfodrome, le Président du mouvement de soutien au Président Alassane Ouattara ‘’Takokélé pour l’émergence’’ et candidat malheureux à la présidence de la jeunesse du RDR se prononce sur le projet de nouvelle Constitution.

Quelle lecture pouvez-vous faire du projet de loi portant Constitution ?

Je tiens tout d’abord à féliciter le comité d’Experts qui a pris le temps nécessaire pour élaborer ce projet. Toute œuvre humaine n’est pas parfaite. On pourra toujours trouver de quoi redire. Mais je pense que dans l’ensemble, ils ont fait un travail remarquable. C’est dans ce sens que je souhaite féliciter le chef de l’État pour avoir pensé à une nouvelle constitution. Vous êtes sans ignorer que l’actuelle constitution est à la base des conflits en Côte d’Ivoire, surtout en son article 35 qui est un article à problème. On s’attendait à une nouvelle constitution lors du premier mandat du Président Alassane Ouattara. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il était plus qu’essentiel d’élaborer une nouvelle constitution.

 

Quels sont les points qui vous inspirent le plus dans ce projet de loi ?

Je suis satisfait que l’article 35 ait été aboli. Aujourd’hui, on parle d’un poste de vice-président qui sera élu au même titre que le président de la République. Cela veut dire qu’il aura la légitimité d’assurer l’intérim du président de la République en cas de vacance du pouvoir. Je pense que cela va nous éviter certaines interprétations ou les guerres de succession. Quant au Sénat, cela renforce même l’appareil de l’État. Le problème aussi du foncier rural qui était l’une des causes de nombreux conflits en Côte d’Ivoire. Sur ce point je suis d’accord mais en même temps je me pose pas mal de question. Je ne suis pas d’accord avec la nomination d’un vice-président comme le disent les dispositions transitoires. Si on part sur la base du fait que le vice-président sera le colistier du président de la République élu, pourquoi veut-on nommer un vice-président maintenant? Ce vice-président nommé aura quelle légitimité ? Parce que le choix du président de la République peut ne pas être forcement le choix du peuple.

 

Qu’auriez-vous souhaité ?

Je propose qu’on laisse la latitude aux Ivoiriens en 2020 de choisir le président de la République et son vice-président. Que le Président Alassane Ouattara aille au bout de son mandat. Et à la fin de son mandat, il appartiendra à tous les candidats de se battre pour briguer la magistrature suprême.

 

Que pensez-vous de la levée de la limite d’âge ?

Je ne sais pas trop à quoi ça répond. Mais cela ne me pose pas de problème parce que ce n’est pas l’âge qui dirige. Mais plutôt la capacité intellectuelle et physique de l’homme. Si un candidat de 90 ans pense qu’il est capable d’apporter un plus à la Côte d’Ivoire, moi, je n’y vois aucun problème.

 

Ne croyez-vous pas que cela pourrait empêcher la montée des jeunes ?

Je ne crois pas. Le président de la République n’est pas nommé. C’est par élection. Autant, nous jeunes de 35 ans sommes capables aujourd’hui de briguer la magistrature suprême, je souhaite qu’on laisse la possibilité aux autres qui veulent être candidats de se présenter.

 

N’avez-vous pas peur de la contre-campagne menée actuellement par l’opposition contre ce projet de loi ?

Je pense qu’il faut laisser l’opposition s’opposer. Je suis pour les débats de fond sur ce projet de loi mais pas pour des débats d’arrière-garde. Aujourd’hui ce ne sont pas tous les ressortissants du nord qui sont d’accord avec cette nouvelle constitution, L’opposition doit éviter de tomber dans des discours démagogiques. Faute de quoi, ils vont pousser des gens à voter aveuglement la nouvelle constitution lors du référendum. Ce qui n’est pas normal.

 

Les élections législatives sont pour bientôt. Croyez-vous en des candidatures uniques RHDP ?

Oui ! Par endroit, il est possible d’avoir des candidatures uniques mais pas partout.

 

Et pourquoi ?

Vous savez, les communes ne sont pas les mêmes. Il y a des communes où très tôt les populations ont épousé l’idée du RHDP parce que les différents responsables ont travaillé dans ce sens. En ces endroits, il n’y aura pas de problème. Par contre, il y a des endroits où le RDR se dit fort et n’acceptera pas de partager le pouvoir avec le PDCI, et vice-versa. Néanmoins, nous attendons le directoire du RHDP. Pour ce qui me concerne, je suis candidat à la candidature à Adjamé pour le compte du RDR. Nous avons déposé notre dossier à la direction du parti. Nous attendons de voir.

 

Pensez-vous que la date du référendum prévu le 30 octobre prochain, est tenable ?

Je voudrais surtout attirer l’attention du gouvernement. Si on s’entête à aller au référendum le 30 octobre, le taux d’abstention risque d’être très élevé. La majorité de la population ne connait pas le bien fondé d’une constitution. Il faut d’abord sensibiliser la population. Ce travail n’est pas encore fait. On ne descend pas dans les bases pour parler aux gens. Vous êtes sans ignorer qu’au RDR aujourd’hui, on n’a pas mal de militants qui sont mécontents de la gestion non du gouvernement ou du Président Alassane Ouattara, mais de la gestion du parti qui hier était parti d’opposition est maintenant parti au pouvoir. Les militants du RDR dans leur majorité ne sont pas prêts à aller voter oui à ce référendum. Si on ne veut pas honnir le Président Ouattara, c’est dès maintenant qu’il faut descendre dans l’arène, parler aux militants, recenser leurs problèmes ; être vraiment une courroie de transmission entre le sommet et la base pour qu’au soir du référendum, on puisse avoir un taux de participation honorifique. Sinon ça sera catastrophique.

 

Êtes-vous pour un report de la date du référendum ?

Oui ! Je suis pour un report de la date. Parce qu’en réalité, il s’agit des Ivoiriens, des électeurs. Ce ne sont pas les discours entre quatre murs qui amèneront les Ivoiriens à aller voter. Aujourd’hui on a une opposition qui appelle les Ivoiriens à ne pas voter cette loi. Mais nous, parti au pouvoir, que faisons-nous ? Va-t-on rester toujours à la Rue Lepic ou à la Maison du PDCI à Cocody pour sensibiliser les militants ? On a déjà oublié nos anciennes méthodes de mobilisation. Pour faire élire le Président Ouattara en 2010, on a fait du porte à porte. Le jour des élections, il y avait des comités mis en place par nos mamans qui incitaient les jeunes à aller voter. Aujourd’hui, tous les militants sont découragés. Les jeunes aujourd’hui se sentent abandonnés. Qu’est-ce qu’on fait pour motiver ces jeunes là ? Il y a des familles qui n’arrivent même pas à scolariser leurs enfants, qui sont obligées de mendier parfois pour se nourrir. Chaque part doit assumer son histoire. Le RDR est un parti né dans la douleur. Nous ne devons pas oublier notre passé. Je pense qu’il y a un travail à faire en amont.

 

Voulez-vous dire que l’attitude de certains responsables du RDR pourrait impacter négativement sur le vote de la constitution ?

L’attitude de certains de nos responsables, pourrait pousser des militants à boycotter le référendum. Par respect pour le Président Ouattara, certains militants n’iront pas voter non. Parce que quand on dit Alassane Ouattara chez nous, c’est un symbole. Pour son respect, ils n’iront pas voter non. Mais la majorité n’ira pas tout simplement voter. Donc je préfère attirer l’attention de la direction dès maintenant. Mais comme au RDR aujourd’hui, lorsque vous dites la vérité, on vous met à l’écart. Les responsables préfèrent les cireurs de chaussures. Mais moi, je préfère dire la vérité.

 

Quel est votre message pour finir ?

Je voudrais demander aux Ivoiriens de toujours faire confiance au Président Alassane Ouattara. Je leur demande de se mobiliser le jour du référendum pour aller voter oui. L’essentiel pour nous, c’est l’abolition de toutes les lois confligénes. Nous devons être fiers de la loi sur le foncier rural qui vient régler définitivement les conflits. Ne serait-ce que pour cela, nous devons aller voter oui pour l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

David YALA

 linfodrome.com,

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