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FESCI: Assi Fulgence Assi (SG FESCI) a reçu 3 membres de son organisation libérés de prison « Je sais combien de fois vous avez souffert »

Le SG de la Fesci, Assi Fulgence Assi (2ème à partir de la droite), a reçu 3 membres de son organisation libérés de prison à la faveur de la grâce présidentielle
La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) a réservé, le jeudi 16 août 2018, à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, un accueil chaleureux à ses membres arrêtés lors de la crise postélectorale et récemment libérés à la faveur de la grâce présidentielle.

Chants, danses et autres ont accueilli, le jeudi 16 août 2018, au campus de Cocody, les étudiants membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), arrêtés lors de la crise postélectorale, puis libérés à la faveur de la grâce présidentielle. Ils sont exactement au nombre de 7, ces étudiants fescistes qui ont vécu les affres de la prison et qui hument désormais l’air de la liberté. Mais ce jeudi, 3 seulement ont rejoint leurs camarades de lutte sur le campus. Il s’agit de Deagoué Zigui Mars Aubin, arrêté le 6 avril 2012, Dago Wilfried arrêté le 2 décembre 2011 et Karamoko Valentin, arrêté le 13 décembre 2013.

« On a été heureux quand on a appris la mise en liberté de l’ensemble de nos camarades »

Ces 3 étudiants membres de la FESCI ont été accueillis par le secrétaire général de cette organisation estudiantine, Assi Fulgence Assi, et quelques membres, avant d’être reçus dans un bureau. « Akwaba à nos chers camarades. Nous avons souhaité que la presse soit là, juste pour dire que tout ce qu’on disait était réel et vrai. Je me rappelle que lors de nos déclarations, quand on disait qu’il y a un certain nombre de nos camarades en détention, les gens ne nous croyaient pas. C’est pour nous, l’occasion de montrer et de dire à nos camarades ici présents que notre démarche n’a pas été une démarche qui cherchait à tirer un intérêt particulier. Mais c’était pour dire à la presse que depuis longtemps, tout ce qu’on réclamait était une réalité. On a été heureux quand on a appris la mise en liberté de l’ensemble de nos camarades. », a dit d’entrée de jeu Assi Fulgence Assi.

Le SG de la FESCI a par la suite expliqué les circonstances dans lesquelles ses camarades de lutte ont été arrêtés. « C’est dans la dynamique de la lutte que nos camarades ont été interpellés… Nous autres, on a fait quelques jours en détention. On sait combien de fois c’est pénible. Vous qui avez subi les difficultés de ces années en prison, je sais combien de fois vous avez souffert. Je veux vous dire yako, au nom de tous les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Vous n’avez rien fait…», a déclaré Assi Fulgence, avant d’ajouter que « C’est une fierté pour nous que ces camardes soient en liberté. Pour, moi, c’est pour qu’on puisse vous dire bonne arrivée et que vous êtes encore les bienvenus dans le milieu universitaire et scolaire. C’est votre milieu, c’est ce que vous savez faire, c’est l’engagement que vous donnez depuis votre arrivée à l’université. »

Une grande cérémonie bientôt organisée en hommage aux fescistes libérés de prison

Il a promis organiser, très prochainement, une grande cérémonie pour rendre hommage à ces étudiants. « Nous allons organiser une grande cérémonie pour laquelle nous allons mobiliser tous les élèves et étudiants de Côte d’Ivoire pour vous rendre hommage, pour l’engagement que vous avez eu depuis longtemps pour notre organisation. Vous étiez en détention, mais vous n’avez jamais renié cette organisation. Pour moi, c’est ce qui m’a plu et c’est ce qui mobilise tous ces élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Je me rappelle que quand nous étions encore interpellés, vous avez réservé un accueil chaleureux pour chacun de nous. Et chaque fois qu’un de nos camarades, par malheur, était déféré à la Maca, je vois combien de fois vous vous donnez les moyens de pouvoir les loger… »

Et Assi Fulgence Assi de saluer l’engagement de ses camarades. « Une chose est de lutter quand on est dehors, la seconde chose, c’est d’être en prison et garder son engagement. Vous avez réussi à maintenir cet engagement-là. Vous avez encouragé tous nos camarades qui avaient perdu les repères quand ils étaient interpellés et qu’ils étaient à la Maca. » a-t-il souligné. Pour toutes ces raisons, estime le SG, la FESCI a une obligation de reconnaissance vis-à-vis d’eux. « Pour moi, il y a obligation que nous soyons aussi reconnaissants en vous réservant un accueil chaleureux. Aujourd’hui, c’est juste vous dire bonne arrivée et voir ensemble la date qu’on va trouver pour échanger avec vous et voir les nouvelles orientations que vous voulez donner à vous-mêmes, à vos projets. Nous, on sera là pour pouvoir soutenir ces engagements. Parce que perdre 7 ans, ce n’est pas rien. En 7 ans, on fait un doctorat. Perdre 7 ans, c’est comme si on a perdu une vie. Mais comme nous sommes des lutteurs et que vous avez appris à réorienter votre engagement, c’est en cela que je dis 7 ans, c’est passé, mais 7 ans ça doit produire en sagesse, en maturité et en engagement ».

« La prison n’est pas forcément un mouroir »

Effectivement, les années passées à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan ont assagi ces étudiants. Par la voix de leur porte-parole Déagoué Zigui Mars Aubin, ils ont reconnu que « la prison n’est pas forcément un mouroir ». « Nous nous réjouissons du fait que la famille Fesci a été toujours à nos côtés. Nous apprenons les gestes que vous faites pour lutter pour notre libération. A notre niveau, nous avions tenté, et ça nous a coûté ce que ça nous a coûté. Mais la prison n’est pas forcément un mouroir. La prison n’est pas forcément un lieu malsain. C’est vrai que les années ont été longues, mais la prison permet de faire le bilan de ton parcours. Que ce soit de ta vie, ton parcours estudiantin et de tes amitiés. La prison te permet de faire un bilan. Je pense que nous sommes sortis de la prison très assagis. Aujourd’hui, nous savons que c’est au nom de la réconciliation, au nom de la cohésion sociale que le président a pris une ordonnance d’amnistie. Nous ne sortons pas de la prison avec un cœur revanchard. Nous sortons pour prendre nos places dans le processus de réconciliation et de la cohésion nationale, mais toujours avec la Fesci parce que nous sommes des purs produits de la Fesci. »

Adolphe Angoua

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