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Fpi -Guerre du leadership: Gbagbo choqué et très en colère se confie enfin à un visiteur à la Haye

Gbagbo à la Haye pensif

Fpi, tout est mélangé: En colère, Gbagbo se confie à un visiteur

Le Front populaire ivoirien (Fpi) s’est cassé en deux, sinon en trois. Le dire, ce n’est pas faire une mauvaise prophétie sur l’ancien parti au pouvoir, mais décrire la triste réalité que traverse la formation politique de Laurent Gbagbo depuis la chute de son régime le 11 avril 2011.

Un morceau de ce parti se trouve aux mains du président statutaire, Pascal Affi N’guessan et ses hommes, dont Alcide Djédjé, Marcel Gossio, Kouakou Kra. Un autre morceau est tenu par le groupe composé de certains dignitaires qualifiés ” d’aile dure ” du parti, dont Assoa Adou, Laurent Akoun, Alphonse Douaty, Abou Drahamane Sangaré quand un troisième morceau, non moins important, se trouve en exil, principalement au Ghana, avec des cadres comme Emile Guirieoulou, Koné Katinan, Lazare Koffi Koffi. Et depuis le jeudi 05 mars 2015, la fracture, déjà bien visible, s’est approfondie.

A l’issue d’une réunion tenue dans une résidence aux II Plateaux, ” les frondeurs ”, c’est ainsi que l’on appelle le camp opposé à Affi N’guessan, ont pris d’importantes résolutions. Ce camp «décide de suspendre de toutes les activités du Fpi sur toute l’étendue du territoire national et à l’international jusqu’au prochain congrès du parti, à compter de ce jour, le camarade Pascal Affi Nguessan, président du Fpi; désigne le camarade Abou Drahamane Sangaré, 1er vice-président chargé de la Stratégie et de la Politique générale du parti, pour assurer l’intérim du président du Front populaire ivoirien à compter de ce jour».

De son côté, le président sortant ne s’avoue pas vaincu. Il reste tout aussi déterminé à se maintenir à son poste. «Oui, je suis toujours le président du FPI, et ceux qui ont annoncé ma destitution ne font que de la pure propagande politique, de la désinformation. La vie du parti se poursuit et nous continuons de mener toutes les batailles ensemble, car l’unité demeure essentielle pour que nous puissions jouer notre rôle de parti d’opposition. Aujourd’hui, ma priorité est de me battre avec mes camarades pour la libération du président (Laurent Gbagbo, Ndlr), qui est notre bien commun», confie-t-il à Jeune Afrique, annonçant une réunion importante ce samedi 7 mars au terme de laquelle des décisions sont attendues.

Autant le dire tout net, plus rien ne va chez les refondateurs. Secoué par des convulsions internes, conséquences d’une bataille sans merci de leadership, et exposé à tous les coups venant de l’extérieur, le parti de la Refondation peine à retrouver ses marques. Ce bicéphalisme naissant n’est certainement pas le meilleur chemin pour se retrouver. Cette situation, notons-le, plaide moins en faveur de Laurent Gbagbo, dont la libération devrait constituer l’un des combats majeurs à mener par son parti.

Le salut de Gbagbo passe par la politique et la diplomatie

Mais comment le Fpi peut-il valablement mener cette bataille de libération de l’ex-président, alors qu’il n’arrive même pas à faire la cohésion en son sein? Avec quel parti engager cette lutte, celle d’Affi ou celle d’Abou Drahamane Sangaré? Ne dit-on pas que l’union fait la force? Autant de questions qui inclinent à penser que le parti de Laurent Gbagbo n’est pas sur la bonne voie. En tout cas, au moment où l’ancien président ivoirien a plus que jamais besoin de son instrument politique pour lui permettre de recouvrer la liberté, il ne peut visiblement pas compter là dessus.

Du fond de sa cellule à la prison de Scheveningen, le prédécesseur d’Alassane Ouattara suit avec beaucoup d’intérêt l’actualité politique de son pays. Celle de la formation politique qu’il a créée revêt un intérêt particulier et accru pour lui. En effet, de l’avis d’une haute personnalité qui lui a rendu visite récemment, Laurent Gbagbo n’apprécie pas du tout les palabres au Fpi. A en croire son hôte avec qui nous avons échangé, «le vieux (Gbagbo) est fatigué. Il n’est pas du tout content de l’attitude de ceux à qui il a confié le parti, et qui ne l’honorent pas», rapporte ce confident, qui a requis l’anonymat.

Gbagbo, de l’avis de son interlocuteur, a une idée claire de ce qu’il faut pour qu’il recouvre la liberté. «Il m’a confié que là où il se trouve, le droit seul ne suffira pas pour le sortir de prison. Il faut en plus, et avant tout, des actions politiques fortes et des offensives diplomatiques assidues pour qu’il ait la liberté », note t-il, avant de regretter que le Fpi ne présente pas actuellement le bon profil pour atteindre cet objectif. Gbagbo, explique-t-il, a toujours voulu que son parti soit fort dans l’adversité. «Il ne comprend pas que le Fpi qui a combattu le grand Houphouët Boigny, se retrouve dans un tel état face à Alassane Ouattara. Il aurait souhaité que le Fpi, uni et fort, engage des actions d’envergure, tant au niveau national qu’international, pour se montrer incontournable dans le débat politique ivoirien, et susciter ainsi sa libération. Mais hélas!».

Hélas en effet, car à la vérité, le Fpi actuel, ou les Fpi actuels, sont moins préoccupés par des stratégies à mettre en place pour faire libérer leur champion que par des coups bas et autres tactiques pour contrôler le parti. Gbagbo peut donc attendre, et semble t-il, il n’apprécie pas cette option.

Hamadou ZIAO

linfodrome.com

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