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France: Eric Zemmour face au mur de la crédibilité à l’approche de l’élection présidentielle 2022

Le candidat d’extrême droite peine à s’extraire d’une séquence de campagne laborieuse, y compris sur l’immigration et l’identité, son terrain de prédilection.

Qu’est-il arrivé à Eric Zemmour ? Ce lundi 14 mars, à la fin de l’émission spéciale « La France face à la guerre » sur TF1, le candidat d’extrême droite a semblé ailleurs. « C’était l’émotion », déminent ses proches à l’unisson. L’ancien cogneur de CNews a débité une conclusion sur un air d’excuse, et a trébuché sur un lapsus : « Je ne vous promettrai pas que ce que je peux tenir. » Il a de nouveau semblé justifier « [sa] décision d’être candidat » à l’heure de se mesurer aux prétendants à l’Elysée. « Vingt-six jours, ce n’est pas grand-chose », a-t-il ajouté avant de réciter une anaphore, répétant « vingt-six jours » le souffle court, comme autant de montagnes à gravir avant le premier tour.

« C’est un imposteur. Il ne maîtrise pas les dossiers (…). Il était un concurrent, il ne l’est plus : il est cuit. » L’eurodéputé RN Jean-Lin Lacapelle

Le chemin qu’il reste à parcourir a suscité des piques de ses adversaires. « Eric Zemmour est hors de l’exercice, c’est un imposteur, ose l’eurodéputé Rassemblement national Jean-Lin Lacapelle. Il ne maîtrise pas les dossiers. Plus on avance, plus c’est “pire”. Il était un concurrent, il ne l’est plus : il est cuit. »

Comme si le challenger de l’extrême droite était promis à dévaler la pente en dessous des 10 %, Marine Le Pen refuse de débattre avec lui et Valérie Pécresse pour préserver, dit-elle, sa « stature présidentielle ». Un communiqué amer du candidat de Reconquête ! n’y a pour l’heure rien changé.

Eric Zemmour persiste à expliquer son recul comme l’effet collatéral de la guerre en Ukraine, qui masquerait, selon lui, « un problème majeur : l’immigration venue du Sud ». « Je ne veux pas que ça occulte (…) ce “grand remplacement” », a répété l’idéologue nationaliste lundi, reprenant sa théorie complotiste. Il a toutefois enchaîné les erreurs et les maladresses ces derniers jours, y compris, contrairement à ce qu’il prétend, sur son terrain favori. Alors que son entourage se frottait les mains en imaginant qu’il allait « plier » Valérie Pécresse en débat, jeudi 10 mars, l’ancien polémiste a peiné à se défendre sur les sujets régaliens.

Comment faire tourner l’économie et les services publics avec l’« immigration zéro » ? « Vous allez obliger à la baïonnette les Français à prendre ces emplois ? », a provoqué Valérie Pécresse face au silence de son débatteur. Comment reconduire les étrangers dans leur pays d’origine ? « Tous les moyens de coercition » seront bons contre les Etats récalcitrants, a-t-il lancé. « Vous les bombardez ? », a rebondi Gilles Bouleau. Le candidat a plutôt évoqué la suppression des visas ou le blocage des transferts de fonds. De même, Eric Zemmour a-t-il répété que « l’islam et l’islamisme, c’est la même chose », assertion au cœur de son discours sur l’identité et l’assimilation, ouvrant la brèche pour Valérie Pécresse : « Pourquoi ne pas fermer toutes les mosquées ? » Il n’a pas répondu. Après cette joute, la déception était telle que ses militants se sont épanchés dans une discussion publique sur Twitter, obligeant les cadres de la campagne à éteindre l’incendie.

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