02032023Headline:

France: menacés par une triple épidémie, les hôpitaux en «situation critique» cet hiver

À la diffusion à haut niveau du coronavirus sont venues s’ajouter une bronchiolite aiguë chez les nourrissons et une grippe particulièrement forte chez les personnes âgées. Cette triple épidémie hivernale met sous tension extrême un système de santé déjà exsangue en raison d’un manque structurel de soignants, qui tirent la sonnette d’alarme.

Professionnels de santé et autorités s’accordent sur un point : la situation dans les hôpitaux français est critique. Déjà mis sous tension par près de trois années d’épidémie de coronavirus, les établissements sanitaires doivent aussi faire face cet hiver à une bronchiolite aiguë chez les nourrissons et une grippe particulièrement forte chez les personnes âgées. Et le manque de personnel se fait plus que jamais sentir.

« La situation est assez catastrophique dans la mesure où il y a un afflux énorme de patients dans les services d’urgences qui sont absolument débordés, avec une impossibilité dans beaucoup d’endroits d’hospitaliser les patients par manque de personnel uniquement. On est donc obligé de déprogrammer des interventions chirurgicales et médicales par manque de place », expose Arnaud Chiche, médecin anesthésiste dans le nord de la France

Union sacrée
Dans les services d’urgence, les temps d’attente sont interminables pour les patients. « Concrètement, il y a des personnes âgées de plus de 80 ans qui passent des jours et des nuits dans les couloirs dans des brancards parce qu’on n’a pas d’endroits pour les hospitaliser. Est-ce qu’on trouve cela décent ? Est-ce que ce n’est pas choquant ? », s’émeut le Dr. Chiche.

Face à ce ras-le-bol exprimé par les soignants, les autorités appellent, face à une « situation critique », à l’« union sacrée » en cette période de fêtes, selon les mots du ministre de la Santé, François Braun, appuyé par Amélie Verdier. La directrice générale de l’agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a lancé « un appel solennel aux libéraux, au secteur privé pour qu’il y ait une mobilisation de tous pour soulager les hôpitaux ».

« Il va y avoir des morts »
Vendredi, le président, Emmanuel Macron, a salué l’« engagement sans faille » des professionnels de la pédiatrie, promettant de s’adresser au monde de la santé à la rentrée. L’exécutif se sait attendu. « Je ne doute pas de l’empathie du ministre, il connait la situation, il connait les solutions. Mais si Emmanuel Macron et Elisabeth Borne n’ouvrent pas un énorme chantier qui ne passe pas que par de l’argent, mais par de la réorganisation à tous les endroits, cela ne changera jamais. Et finalement, il va y avoir des morts », prévient Arnaud Chiche.

 

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