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Franck Hermann Ekra : « La réconciliation en Côte d’Ivoire, c’est la première affaire du président »

ado gbagbo

Selon ce politologue ivoirien, consultant en stratégie d’images et encarté au PDCI-RDA, il est urgent de solder les années de crise postélectorale. Une mission délicate, qui incombe à Alassane Ouattara, et à lui seul.

Jeune Afrique : Quelle devrait être la priorité du président Ouattara lors de son second mandat ?

Franck Hermann Ekra : Discerner les priorités, justement. Et la réconciliation en est une. Dans un récent entretien au quotidien Le Monde, il a déclaré qu’il ne croyait plus aux « gouvernements d’union » et que la « réconciliation politique se réglera[it] toute seule ». Ces propos sont troublants, alors qu’il subsiste une fracture béante entre des acteurs politiques qui représentent chacun des intérêts communautaires.

Que faire pour que les Ivoiriens se réconcilient enfin ?

Le chef de l’État, garant de la cohésion sociale et clé de voûte des institutions, doit s’impliquer personnellement. Il faut pour cela faire preuve d’ouverture, accepter d’écouter la version de chacun sur un passé qui reste traumatique, se montrer capable de pardon et manifester une volonté réelle de réintégrer ceux que l’on accuse d’avoir troublé l’ordre. Or, jusqu’à présent, l’attitude de M. Ouattara et de ses partisans se résume à de l’entre-soi autosatisfait.

Il se dit favorable à la création d’un poste de vice-président. Mais quelle légitimité ce dernier aura-t-il s’il est nommé sous cette mandature et n’a pas été élu ?

Alassane Ouattara veut une nouvelle Constitution, débarrassée de certaines dispositions controversées, comme l’article 35, qui exclut de la présidentielle les candidats dont les deux parents ne sont pas Ivoiriens. N’est-ce pas un pas vers la réconciliation ?

Cette réforme ne peut se faire sans une sensibilisation et un dialogue préalables. Si le chef de l’État estime qu’un consensus peut-être trouvé dans les conditions actuelles, cette réforme devra être mise en œuvre. Sinon, il devra attendre, même si elle est nécessaire. Une nouvelle mouture de l’article 35 est prête depuis 2003 et les accords de Linas-Marcoussis, mais M. Ouattara s’est bien gardé de la soumettre aux Ivoiriens après son accession au pouvoir. Tout est affaire d’opportunité.

Par ailleurs, il se dit favorable à la création d’un poste de vice-président. Mais quelle légitimité ce dernier aura-t-il s’il est nommé sous cette mandature et n’a pas été élu ? Et quelle sera sa légitimité à assurer une éventuelle succession ? Le président de l’Assemblée nationale, à qui l’intérim constitutionnel est dévolu jusqu’ici, a au moins le mérite d’être l’élu des élus.

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