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François Fillon au Salon de l’agriculture avant sa future mise en examen, ce qui se passe…

Dans la foulée de l’annonce de sa future mise en examen, François Fillon a passé près de quatre heures au Salon de l’agriculture mercredi. France 24 s’est faufilé parmi la foule.

“Je veux le voir en vrai pour voir s’il a des casseroles derrière lui.” “Je veux faire une photo de lui avant qu’il aille en prison.” Dans le sillage du cortège de François Fillon au Salon de l’agriculture mercredi 1er mars, les moqueries des visiteurs ont fusé tout l’après-midi.

Venu dans la foulée de sa conférence de presse — où il a annoncé le maintien de sa candidature malgré sa convocation par les juges en vue d’une mise en examen — François Fillon a débuté sa visite par les allées du Pavillon 1, celui consacré à l’élevage, un passage obligé pour tout candidat à la présidentielle. “On savait qu’il allait venir. Le monde agricole est important pour lui”, commente Frédéric, 40 ans, éleveur de blondes d’Aquitaine, après son passage. L’agriculteur est au courant que François Fillon a repoussé de quelques heures sa visite, prévue initialement le matin, mais il n’a pas suivi les derniers rebondissements.

“Le peuple agricole est un peuple de droite et il le restera”

Quand on l’informe de la convocation des juges reçue par François Fillon le matin même, il soupire : “Et qui ne l’a pas reçue, sa mise en examen, qui ?” “Ils ont tous des casseroles. Chacun a ses problèmes”, acquiesce un autre éleveur. L’affaire Penelope ? “Et Mazarine qui a été entretenue pendant 30 ans aux frais de la République ?” À l’évocation d’Emmanuel Macron, en visite lui-aussi au même moment au Salon, les éleveurs pouffent de rire : “Il n’a rien à voir avec nous. Il ne sait même pas qu’on existe, enfin aujourd’hui il le sait parce qu’il est là mais sinon…” “Nous on se bat avec notre banque. Lui, les banques, elles sont avec lui”, ajoute Frédéric, avant de trancher : “Le peuple agricole est un peuple de droite et il le restera.”

Après le stand de la région Pays de la Loire, où se trouve Sablé-sur-Sarthe, le fief de François Fillon, le candidat s’attarde sur celui de Terrena, un groupe coopératif agroalimentaire… basé à Angers. “Ah, il est chez lui, c’est acquis !”, commente Jean, retraité du monde agricole. En visite au Salon, il explique : “Je veux le voir, j’ai voté pour lui à la primaire. Ça m’a couté quatre euros.” Va-t-il voter pour lui à la présidentielle ? Il botte en touche : “La seule chose que je lui reproche, c’est sa communication. Il aurait mieux fait de parler dès le début.”

Un peu plus loin, une femme interpelle une journaliste : “Vous vous en prenez toujours au même. C’est lassant à la fin.” “Ce ne sont pas les journalistes qui sont à l’origine des décisions du Parquet financier”, répond l’intéressée. “Et Mediapart alors ?”, n’en démord pas la dame. Des jeunes passent par-là : “Il fait quoi là Fillon, je le vois pas ?” demande l’un. “Il signe peut-être un chèque à sa femme”, lui répond l’autre en rigolant.

Un concert de “Fillon, président !” bien orchestré

À la sortie du stand, un “Fillon voleur !” fuse… rapidement couvert par un concert de “Fillon, président !”. Le scénario se reproduira à plusieurs reprises pour couvrir les huées accueillant l’arrivée du cortège du candidat LR. Car François Fillon est venu avec son “fan-club” de militants. “Plus on l’attaque, plus je le soutiendrai !”, affirme Martine, la soixantaine. Avec Marie-Astrid, Simon et d’autres, ils sont tout un groupe à être venu, comme elle, directement du QG de campagne de François Fillon. Bien renseignés sur le parcours de leur champion, ils forment un cordon protecteur — et sonore — autour de lui à chaque fois que ce dernier doit fendre la foule.

Au passage de l’impressionnant cortège, un éleveur ironise, goguenard : “Et le bien-être animal alors ? Il y a trop de concentration ici, on va avoir des problèmes !” Un visiteur se renseigne : “C’est qui ? Fillon ? Pas question que je perdre de temps pour ce mec !” Plus loin, un petit groupe de jeunes enfants en gilets jaune fluo ont compris qu’il se passait quelque chose : “Je veux voir !”, lance un petit garçon. “Tu verras à la télé”, répond l’accompagnatrice.

Thomas Samson, AFP

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