06282022Headline:

Gabon: fuite de pétrole dans un terminal de Perenco, déjà mise en cause pour des pollutions répétées

Une fuite détectée jeudi 28 avril dans un terminal pétrolier proche de Port-Gentil, la capitale économique du pays, a provoqué une suspension jusqu’à nouvel ordre des exportations de pétrole. Perenco, la société qui exploite ce terminal, assure que la fuite n’a, pour l’heure, pas déclenché de pollution marine, mais la situation inquiète les ONG et même les populations locales alors que la société franco-britannique est déjà accusée de pollutions répétées.

L’incident s’est produit jeudi 28 avril en milieu de matinée au terminal du Cap Lopez. Perenco détecte la fuite d’une cuve contenant 50 000 mètres cube de pétrole brut, soit 300 000 barils. Dans un communiqué, la société affirme que la fuite s’est aggravée au moment de la réparation. Le brut s’est déversé dans les retenues creusées autour du terminal pour éviter des déversements rapides dans l’océan.

La situation est actuellement sous contrôle, rassure Adrien Broche, directeur général de Perenco Gabon : « À l’heure actuelle, la situation est sous contrôle. Néanmoins, il y a encore des choses à faire. Nos équipes travaillent d’arrache-pied en lien avec les autorités gabonaises. Ainsi, des barrages flottants additionnels ont été installés à titre préventif et les opérations de pompage ont débuté ce jour pour récupérer tous ces volumes. »

Par mesure de précaution, Perenco suspend l’exportation du brut depuis ce principal point de départ du pétrole gabonais vers le marché international. Le ministre du Pétrole et son collègue de l’Environnement devaient se rendre sur place ce samedi 30 avril.

Cet incident tombe mal, car Perenco est actuellement poursuivi en justice par des ONG pour pollution répétitive sur ses sites de production.

La société civile pourra d’ailleurs poursuivre en justice la société pétrolière après la décision de la cour d’appel de Port-Gentil cette semaine de casser la décision du tribunal de première instance. Une première victoire pour la société civile. Depuis plusieurs mois, Georges Mpaga, un de ses responsables, dénonce les pollutions répétitives de la société pétrolière Perenco autour des sites qu’elle opère. « Aujourd’hui, le tribunal reconnaît que l’action de la société civile est fondée sur des faits réels, palpables, vérifiables. C’est une victoire donc pour la société civile et pour les communautés qui attestent que ce combat est juste et noble », souligne-t-il.

La cour d’appel a en effet reconnu à la société civile le droit de poursuivre la compagnie franco-britannique pour pollution des cours d’eau et des sols par déversement d’hydrocarbures, explique l’avocat de la société civile maître Ange-Kevin Nzigou : « Nous savons l’étendue des dégâts que cause Perenco dans son activité de pollution sauvage à Port-Gentil. Nous allons demander au juge des référés d’ordonner une expertise parce que nous n’avons pas une évaluation de ces dégâts. »

Contactée [avant l’incident, NDLR], Perenco n’a donné aucune suite. L’année dernière, la compagnie avait déjà été poursuivie pour pollution à grande échelle. Mais dans un communiqué, Perenco avait indiqué appliquer les meilleurs standards internationaux afin de limiter l’impact de ses activités sur l’environnement.

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