10192017Headline:

Goodluck Jonathan, Gbagbo, Alpha Condé… au coeur de l’actualité en 2015

dirigeants africains

Qui sera président du Burkina Faso dans un an ? La chute de Blaise Compaoré aura-t-elle un effet au Togo ? Quel sera l’impact de Boko Haram sur le vote des Nigérians ? Qui affrontera Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire ? 2015, année d’espoir, année à risque.

 

                                                                                       Nigeria : Goodluck-Buhari, match retour

Goodluck Jonathan et son opposant, Muhammadu Buhari. © Pius Utomi Ekpei / AFP

De l’avis de tous, la présidentielle du 14 février sera très disputée. Comme d’habitude, le président sortant peut mobiliser de gros moyens financiers – privés et publics. Mais Goodluck Jonathan est très critiqué pour son incapacité à faire libérer les quelque 200 lycéennes enlevées en avril 2014 à Chibok par la secte islamiste Boko Haram.

“Il est incompétent et sans charisme”, accuse l’ancien président Obasanjo. “Il n’y a plus de discipline dans l’armée”, déplorent le sultan de Sokoto et l’émir de Kano. Les deux principaux dignitaires de l’islam nigérian soutiennent quasi ouvertement le chef de l’opposition, l’ancien général Muhammadu Buhari, qui a dirigé le pays d’une main de fer de 1983 à 1985.

En 2011, le chrétien Goodluck et le musulman Buhari s’étaient déjà affrontés. Après la victoire du premier, plus de 800 personnes avaient été tuées lors d’émeutes dans le Nord.

                                                                                                       Togo : Faure encore ?

Faure Gnassingbé (à g.) et Jean-Pierre Fabre, votant aux législatives du 25 juillet 2013. © Pius Utomi Ekpei / AFP

Y aura-t-il un effet Burkina ? À l’occasion de la présidentielle – qui est prévue au plus tôt en mars 2015 -, l’opposition espère profiter de la chute toute récente du voisin Blaise Compaoré pour empêcher Faure Gnassingbé de briguer un troisième mandat. “Cinquante ans pour le père et le fils, ça suffit”, clament les manifestants à Lomé.

Pour Jean-Pierre Fabre, le numéro un de l’opposition, l’objectif est donc de réintroduire dans la Constitution – avec effet immédiat – l’article qui, avant 2003, interdisait à un président d’effectuer plus de deux mandats. “Une loi rétroactive, ce n’est pas légal”, rétorque le pouvoir. Faure veut faire cinq ans de plus pour recueillir les fruits de ses réformes économiques. Et compte sur son appareil sécuritaire, modernisé par l’ex-général français Raymond Germanos, pour maintenir l’ordre face à d’éventuels débordements de la rue.

                                                                                                   Guinée : La méfiance règne


Alpha Condé et un de ses opposants, Cellou Dalein Diallo. © Issouf Sanogo / AFP

Ebola ou pas, le président Alpha Condé promet que la présidentielle aura lieu comme convenu en 2015. À quelle date ? En Guinée, tout fait polémique, y compris le calendrier. En 2010, le premier tour a eu lieu en juin, et le second en novembre. Mais en 2015 ?

Autre pomme de discorde, l’opérateur chargé de réviser les listes. Le sud-africain Waymark vient d’être remplacé par le néerlandais Gemalto, mais l’opposition reste méfiante. Ses deux leaders, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, affirment que la Ceni est tout sauf paritaire et se disent inquiets d’apprendre que le scrutin sera financé sur le budget national. “C’est une manoeuvre pour se débarrasser des observateurs de l’Union européenne”, affirment-ils. Réplique d’Alpha Condé : “Ceux qui crient à la fraude sont ceux-là mêmes qui l’ont organisée au temps de Lansana Conté.”

                                                                                          Côte d’Ivoire : Guéguerres fratricides


Mamadou Koulibaly, Alassane Ouattara et Kouadia Konan Bertin. © S. Kambou ; K. Tribouillard ; I. Sanogo / AFP

Qui, en dehors de Mamadou Koulibaly, du parti Lider, affrontera Alassane Dramane Ouattara, le président sortant, en octobre ou en novembre 2015 ? Au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), c’est la foire d’empoigne. Henri Konan Bédié veut soutenir le candidat Ouattara dès le premier tour, mais Amara Essy, Charles Konan Banny et Kouadio Konan Bertin (KKB) ne sont pas d’accord. KKB postule déjà pour la présidentielle, et, lors d’un bureau politique du PDCI, le 18 décembre, pro- et anti-Ouattara en sont même venus aux mains !

Au Front populaire ivoirien (FPI), même bataille fratricide. Les partisans de Laurent Gbagbo – ou du boycott ? – ne veulent soutenir qu’un seul candidat, l’ancien président, bien que sa candidature à la présidence du parti a été déclarée irrecevable le 29 décembre par la justice ivoirienne et que son procès à la Cour pénale internationale soit annoncé pour juillet. Tandis que les anti­boycott défendent la candidature de l’actuel président du FPI, Pascal Affi N’Guessan. Dernière inconnue, l’insécurité croissante dans le Nord.

                                                                                                      Burkina : Tout est possible


Michel Kafando (à g.) et Isaac Zida, le 11 décembre. © Lougri Dimtalba / Anadolu Agency / AFP

En novembre 2015, s’ils tiennent parole, Michel Kafando, le président, et Isaac Zida, le Premier ministre, organiseront en toute transparence des législatives et une présidentielle auxquelles ils ne se présenteront pas – charte de la transition oblige. Qui leur succédera ? Après quarante-huit ans de régime militaire, tout est possible.

Les mieux placés semblent être Zéphirin Diabré, Bénéwendé Sankara et Ablassé Ouédraogo, les leaders de l’ex-opposition à Blaise Compaoré. Mais attention à Roch Marc Christian Kaboré et à Saran Sérémé, l’une des rares femmes politiques du pays. Ces deux-là ont quitté le parti au pouvoir au bon moment, deux ans avant la chute de Blaise. Mariam Sankara, la veuve de Thomas, sera-t-elle tentée d’y aller ? En tout cas, ses choix pèseront.

De Khartoum à Bangui, on votera aussi

En Zambie ce 20 janvier puis en Tanzanie en octobre, le nouveau chef de l’État devrait être élu de façon transparente. En revanche, au Soudan, l’alternance n’est qu’un doux rêve. En avril, tout indique qu’Omar el-Béchir ne laissera aucune chance à l’opposition, laminée par la répression meurtrière de septembre 2013.

Au Burundi, la présidentielle du 26 juin risque d’être très controversée. Bien qu’il ait déjà fait deux mandats, Pierre Nkurunziza est tenté d’en briguer un troisième, que ses opposants estiment inconstitutionnel. L’Église catholique dénonce “beaucoup d’irrégularités” dans l’enregistrement des électeurs. Enfin, en Centrafrique, la France et l’ONU font le forcing pour que la transition s’achève en août par l’élection d’un nouveau président. Mais d’ici là…

Jeuneafrique.com

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