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Grand-Bassam tout vas mal après les élections; Ce que compte faire les ”Komians” ou danseuses traditionnelles sur le site de l’Abissa le samedi prochain contre le peuple N’zima.

Grand-Bassam continue de vivre dans la douleur la crise post-électorale survenue au terme des récentes élections municipales. La grande parade de l’Abissa, fête traditionnelle qui mobilise toute la cité, voire le District d’Abidjan chaque fin d’année, a été annulée, consécutivement à cette crise.

L’Abissa n’aura pas lieu cette année. Dimanche 28 octobre 2018, les notables et les dépositaires de cette fête traditionnelle des N’zima Kotoko en ont décidé ainsi. Cette grave décision est consécutive aux événements survenus à Bassam suite aux élections municipales du 13 octobre dernier. Et surtout lors de la visite de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, dimanche dernier à la cour royale. Sa Majesté Amon Tanoé, Roi des N’zima a été hué par un groupe de personnes mécontentes après la proclamation des résultats des élections municipales donnant vainqueur le candidat du Rhdp, Jean Louis Moulot, devant le maire sortant, Georges Philippe Ezaley. Depuis ces municipales contestées, la tête couronnée des N’zima Kotoko fait face à une fronde qui a conduit à l’annulation de l’Abissa 2018. «La crise est vraiment profonde. Ce matin (28/10/2018), le roi a été hué par le public. Ce qui a amené les notables et le chef de famille Nvavilé à reporter l’Abissa pour un an…», a confié une source proche de la notabilité.

Cette source indique que la cérémonie du report sera faite le samedi 3 novembre 2018, après la purification de la place de l’Abissa par les Komians (ou féticheuses), qui vont conjurer les malheurs en demandant pardon au génie protecteur, l’Afantchè. «Ensuite, le tam-tam sacré de l’Abissa (l’Edo N’gbolè) va tonner avant d’être renversé… C’est comme si on avait fait l’Abissa. Puisque chaque année, à la fin de l’Abissa, on laisse le tam-tam dehors pendant une semaine, ensuite on va le remettre à la famille Mvavile, qui le conserve jusqu’à la prochaine édition», précise-t-elle. Bien au fait du rituel précédant la célébration de cette fête, notre source souligne: «Quand on veut célébrer l’Abissa, le tam-tam est sorti de la cour de la famille Nvavilé dépositaire. Il est envoyé ensuite dans un endroit sacré. C’est après qu’il est remis au roi qui, à son tour, le remet au peuple. Alors l’Abissa peut être célébré».

Un cas exceptionnel. Mais cette année, après les incidents survenus sur la place de l’Abissa, la tradition impose au peuple de faire une cérémonie de purification dans l’immédiat pour éviter des malheurs aux familles N’zima (Adaholin, Alonwomba, Azanwulé, Mafolè, Mahilé, Ezohilé, Nvavilé), voire à la communauté. Par exemple, dira notre source, c’est quand un roi meurt qu’on peut annuler l’Abissa. La coutume veut que si on saute l’Abissa une année, il faut attendre 5 ans avant de la célébrer à nouveau. Mais, comme il s’agit là d’un cas exceptionnel, on va demander pardon au génie protecteur de l’Abissa.

«L’Abissa se fête avec le cœur ”blanc”, dans la gaîté, sans rancœur. Or actuellement, aucun N’zima n’est fier de l’annulation de l’Abissa. Beaucoup de choses ont été prises en compte dans l’annulation de la fête. Mais, ce n’est pas une fatalité, parce que la situation nous impose cette annulation. Au risque de courir au-devant de graves dangers.», fait remarquer notre interlocuteur, membre de l’une des 7 familles N’zima, qui insiste sur le mécontentement des populations.

Alphonse CAMARA

AIP

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