07282017Headline:

Grapa-Pdci : “Le candidat déclaré s’offre une campagne illégale, avant terme et avec les moyens de l’Etat”

bedié congrès

 

Le Groupe de réflexion et d’appui aux programmes d’actions du Pdci (Grapa-Pdci) semble déterminé à en découdre avec le chef de l’Etat Alassane Ouattara, candidat à l’élection présidentielle de 2015.

Dans une autre contribution, au ton plutôt salé, dont copie nous est parvenue hier, ces cadres du parti d’Henri Konan Bédié ne sont pas du tout tendres avec celui qui a pourtant été adoubé par le leader de leur parti. « M. Alassane Ouattara, candidat déclaré à l’élection présidentielle du 25 octobre 2015, président de la République (en fin de mandat), a entrepris une série de visites d’État dans différentes régions du pays. On précise du côté du protocole que c’est bien le président de la République qui visite son territoire. Nous remarquons de notre côté que c’est également le candidat déclaré, qui s’offre là une campagne illégale, avant terme et avec les moyens de l’État », écrivent-ils dans leur déclaration signée de leur président Tébily Loué.

Ils poursuivent pour dénoncer à leur « grand désarroi de démocrates » la présence de Youssouf Bakayoko, dans la délégation du chef de l’Etat pendant la visite d’Etat dans le Woroba. « La présence très remarquée à côté de la délégation du président-candidat, du grand arbitre des scrutins électoraux à venir, le très controversé président de la Commission électorale indépendante, M. Youssouf Bakayoko. On l’a vu, arborant un sourire qui révolte l’opposition, sur une grande affiche publique, aux côtés du ministre Hamed Bakayoko et de M. Amadou Soumahoro, secrétaire général du Rassemblement des républicains, parti du président-candidat Alassane Ouattara. On nous explique, qu’il est sur cette affiche en sa qualité de fils de la région; mais nous, nous faisons remarquer qu’il est le président de la Commission électorale indépendante (Cei) », insistent les cadres du Grapa Pdci, rappelant que Youssouf Bakayoko était président de la Cei pendant les élections de 2010, qui ont débouché sur une grave crise entrainant la mort de plus de 3000 personnes. « Déjà son maintien à la tête de cet organe était pour le moins inquiétant, mais encore, cette fois il fait ouvertement campagne pour Ouattara! Autant dire que la Commission électorale n’a d’indépendance que le nom! », dénoncent-ils.

Un autre volet du discours du chef de l’Etat pendant cette visite n’a pas échappé à l’analyse des membres du Grapa. Il s’agit des félicitations adressées à Guillaume Soro, chef de l’ex-rebellion et actuel chef du Parlement ivoirien, par le président Ouattara. Chose que ces cadres du Pdci qualifient de « grave » atteinte à la démocratie et aux lois de la République. « M. Alassane Ouattara, dans son discours, félicite M. Guillaume Soro pour sa tentative de coup d’État en 2002 qui s’est, par la suite, muée en rébellion armée et revendique ouvertement sa politique de «rattrapage régional»! Il justifie, devant le peuple de Côte d’Ivoire, devant le monde libre, une politique de discrimination sociale (…), sans précédente dans notre histoire en tant que nation! », font-ils remarquer. Et d’ajouter que « la Côte d’Ivoire est une République, dotée d’une Constitution démocratique qui fait du président son premier défenseur: «il veille au respect de la Constitution» (article 34). L’article 26 prévient que «Tout Ivoirien investi d’un mandat public ou chargé d’un emploi public ou d’une mission de service a le devoir de l’accomplir avec conscience, loyauté et probité». Le président de la République doit être loyal à son souverain, le peuple de Côte d’Ivoire, par sa soumission complète à la volonté explicite de ce peuple, volonté qui est appelée Constitution! Les propos de M. Alassane Ouattara tombent sous le coup de l’article 10, «toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d’encourager la haine raciale ou religieuse est interdite» et de l’article 17, «l’accès aux emplois publics ou privés est égal pour tous. Est prohibée, toute discrimination dans l’accès ou l’exercice des emplois, fondée sur le sexe, les opinions politiques, religieuses ou philosophiques». La loi fondamentale ne prévoit pas de circonstances pour lesquelles un «rattrapage tribal» se trouverait justifié », soulignent-ils.

Le Grapa fustige les casses des agences de la Bceao au début de l’ex-rébellion et d’autres faits imputés à l’ex-mouvement armé dirigé par l’actuel président de l’Assemblée nationale. « Nous voulons que le président Alassane Ouattara éclaire son peuple. Est-ce toute rébellion armée qui est chose bonne ou seulement celles qui ont de «bonnes raisons» comme celle de votre héros M. Guillaume Soro? », interrogent ces militants du parti vert et blanc.

Hamadou ZIAO

L’inter

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