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Guerre en Ukraine : ce que nous savons du bombardement russe d’un théâtre à Marioupol

Un théâtre abritant « plus d’un millier de civils » a été bombardé, mercredi, dans la ville assiégée de Marioupol, selon les autorités ukrainiennes. Aucun bilan humain n’est encore connu, rapporte la parisien .

La guerre s’enlise toujours plus violemment à Marioupol. Une semaine après le dramatique bombardement de la maternité, un théâtre abritant dans le centre-ville « plus d’un millier de civils » a été cette fois gravement endommagé par une frappe aérienne russe, a annoncé mercredi la mairie de cette ville assiégée dans le sud-est de l’Ukraine. « Nous ne pardonnerons jamais cela », a prévenu la localité, déplorant une « effroyable tragédie ».

Que s’est-il passé ?
L’Ukraine accuse la Russie d’avoir bombardé un théâtre à Marioupol dans lequel s’étaient réfugiés mercredi « plus d’un millier » de civils. « L’aviation russe a sciemment lancé une bombe sur le Théâtre dramatique dans le centre-ville. L’immeuble est détruit », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. De son côté, la mairie de Marioupol a publié sur Telegram une photo du théâtre montrant sa partie centrale complètement détruite, avec une épaisse fumée blanche qui s’en échappe. Plusieurs photos circulaient dès mercredi soir sur les réseaux sociaux.

Plusieurs responsables ukrainiens ont encore posté des photos semblant montrer ce bâtiment de trois étages en flammes et dévasté par une explosion. Pour le maire de Marioupol Vadym Boïchenko, cette attaque est une « effroyable tragédie ». « Le seul mot pour décrire ce qui s’est passé aujourd’hui est génocide, le génocide de notre nation, de notre peuple ukrainien », a-t-il poursuivi.

La société américaine Maxar Technologies, spécialisée dans l’imagerie satellite, a publié mercredi une photo du théâtre prise lundi selon elle, soit avant l’attaque. Sur cette photo, le mot « enfants » était écrit sur le sol, en immenses lettres blanches et en russe, devant et derrière le bâtiment, afin de dissuader toute attaque de l’ennemi.

Combien de victimes ?
Aucun bilan précis n’a encore été communiqué. Les gens se sont abrités dans toutes les parties du théâtre, y compris dans le sous-sol et le rez-de-chaussée, a expliqué un responsable de la mairie, Pyotr Andryuschenko au New York Times. En tout, « plus d’un millier » de civils se trouvaient dans le bâtiment, ont assuré les autorités, sans donner de bilan des victimes. « Le nombre de morts n’est pas encore connu », a souligné pour sa part le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon le député ukrainien Sergiy Taruta, « les gens sortent vivants » du théâtre de Marioupol, bombardé dans la nuit. Sur Facebook, il assure que l’abri anti-bombes a résisté. Une information qui doit encore être confirmée.

Que dit la Russie ?
Sans surprise, la Russie continue de nier en bloc le bombardement du théâtre. Le ministère russe de la Défense a démenti l’attaque par ses troupes et affirmé que l’immeuble avait été détruit par le bataillon nationaliste ukrainien Azov. Un argument qui n’est pas nouveau pour le Kremlin puisqu’il avait déjà rejeté sur cette unité militaire, la responsabilité du bombardement la semaine dernière d’une maternité à Marioupol. De son côté, l’ambassade de Russie à Washington a affirmé qu’il s’agissait uniquement d’une campagne de désinformation.

Quelles réactions internationales ?
Alors que plus de 2 000 personnes ont déjà été tuées à Marioupol, les condamnations visant la Russie se multiplient chaque jour. Le président américain Joe Biden a qualifié mercredi Vladimir Poutine de « criminel de guerre », confirmant au passage que son pays fournirait 800 millions de dollars de plus au titre de l’aide militaire à Kiev.

De son côté, Charles Michel, le président du Conseil européen, a estimé sur France Info que « la justice internationale » devra faire la lumière sur ce bombardement qui relève de « l’horreur absolue ». « L’impunité ne peut pas être une option. (…) Jour après jour, nous sommes horrifiés par ces crimes qui sont commis, avec des civils pris pour cibles », a-t-il aussi dénoncé.

Du côté des organisations, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a affirmé avoir besoin de davantage d’informations pour évaluer la situation à Marioupol. « Avant d’en savoir plus, nous ne pouvons pas exclure la possibilité d’une cible militaire ukrainienne dans la zone du théâtre, mais nous savons que le théâtre abritait au moins 500 civils », a indiqué l’ONG, évoquant de « sérieuses préoccupations » concernant la cible.

Face à l’ampleur du drame, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Albanie, la France, la Norvège et l’Irlande ont à nouveau demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi après-midi.

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