12092022Headline:

Guerre en Ukraine: le ton monte autour des drones iraniens

Le Kremlin affirme ce mardi « ne pas savoir » si son armée utilise des drones iraniens en Ukraine dont Kiev et ses alliés dénoncent l’utilisation sur son territoire, notamment pour les attaques aux « drones kamikazes » qui ont été meurtrières ces derniers jours. Les États-Unis menacent de sanctionner les entreprises et les États liés au programme de drones de Téhéran.

« Toute personne exerçant des activités avec l’Iran en lien avec le développement de drones ou missiles balistiques, ou (participant à) la circulation d’armes de l’Iran vers la Russie devrait faire preuve de vigilance », a déclaré Vedant Patel, porte-parole du département d’État. Et il ajoute que « les États-Unis n’hésiteront pas à avoir recours à des sanctions ou à prendre des mesures à l’encontre des principaux responsables ».

Début septembre déjà, les États-Unis dégainaient une première salve de sanctions visant des entreprises iraniennes produisant des drones ou des éléments entrant dans leur fabrication, ainsi que des compagnies de transport accusées d’acheminer ces engins militaires. À l’époque, Washington affirmait s’en prendre à une filière de vente d’armes iraniennes à la Russie, tout en soulignant le fait que les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, étaient également équipés de ces drones.

Depuis, les « drones kamikazes » continuent à pleuvoir sur des cibles ukrainiennes. Plusieurs pays européens, dont la France, ont joint leurs voix à celle de Kiev et de Washington pour mettre en garde l’Iran contre la fourniture de drones à Moscou. Kiev a d’ailleurs décidé, fin septembre, de réduire la présence diplomatique de Téhéran à Kiev en représailles aux livraisons d’armes de Téhéran à Moscou. Assez difficilement détectables par la défense anti-aérienne, ces drones permettent à l’armée russe de continuer à frapper très loin des lignes de front, précisait notre correspondant à Kiev, Stéphane Siohan. Et d’économiser les missiles de croisière de type Calibre, dont 60% des stocks disponibles auraient déjà été utilisés.

Général Trinquand: «On voit que, petit à petit, ce conflit devient un conflit indirect entre diverses puissances»
« Ces drones, c’est un investissement moindre : le rapport est de 1 à 100 dans le prix. Un drone, c’est à peu près 20 000 euros, et les missiles, ça se compte plutôt en millions. Probablement, les stocks de missiles russes se sont appauvris. Si la Russie veut mener une campagne sur le long terme, elle ne pourra pas le faire avec des missiles, elle le fera avec les drones iraniens. Mais ceux-ci étant très rustiques, il n’est pas impossible qu’assez rapidement les Ukrainiens trouvent la parade. Les drones iraniens sont guidés par des signaux GPS pour atteindre la cible. Donc, il va falloir brouiller les signaux GPS. On a compris que l’intérêt d’Israël pour contrer les Iraniens sur le terrain ukrainien, est de plus en plus présent. Donc, on voit que petit à petit, ce conflit devient un conflit indirect entre diverses puissances. »

au micro d’Anastasia Becchio

Téhéran continue à nier tout transfert d’armement à la Russie pour sa guerre en Ukraine, mais l’Iran ne nie pas sa coopération avec Moscou dans le domaine de la défense. La proximité des deux pays s’est notamment vérifiée en Syrie où, ces dernières années, l’Iran et la Russie ont envoyé des troupes et des armes pour soutenir le régime de Bachar el-Assad.

(Et avec AFP)

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