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Guillaume Soro De retour à Abidjan après un séjour de 72 h aux Comores.(Voir les photos)

Le Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori SORO, a regagné Abidjan ce samedi en fin d’après-midi, après 72 heures de visite à Moroni, capitale de l’Union des Comores pour assister à l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement comorien qui se tenait le vendredi 10 octobre. A son arrivée au GATL d’Abidjan, Guillaume SORO a dressé le bilan de cette mission qui s’inscrit dans le cadre de la diplomatie parlementaire. Nous vous proposons l’intégralité de ses propos.

Que retenez-vous comme message fort véhiculé par ce niveau de réception qui vous a été accordé ?

Guillaume Kigbafori SORO : D’abord je tiens à saluer les députés qui m’ont accompagné durant ces 72 heures. C’est à l’invitation du Président de l’Assemblée nationale que nous nous sommes rendus à Moroni pour prendre la parole au cours de la cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement. Je peux dire que notre mission a été fructueuse en ce sens que nous avons pu accomplir ce pourquoi nous étions allés, c’est-à-dire délivrer un discours. Ensuite, nous avons pu rencontrer toutes les autorités, les plus hautes autorités de ce pays, à commencer par le Président de la République à qui nous avons transmis les salutations de son homologue Son Excellence Alassane OUATTARA. Nous avons aussi été à l’Université, rencontrer les jeunes. Ce matin, nous sommes allés dans une ville en dehors de Moroni rencontrer la chefferie traditionnelle. Voyez-vous, nous avons eu attache avec les différentes couches de la société comorienne.

Mais ce que je veux retenir de cette mission aux Comores, c’est la notion de la coopération sud-sud. Vous savez que déjà à l’époque, aux lendemains de nos indépendances, le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY avait effectué un voyage aux Comores et avait initié une coopération entre nos deux Etats qui a permis à des jeunes étudiants comoriens de venir faire des études ici à l’Université mais aussi à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). C’est avec beaucoup de fierté et de joie que nous avons pu noter que plus d’un millier de jeunes étudiants comoriens ont été formés dans nos universités et sont aujourd’hui de hauts cadres dans l’administration des Comores. Ils en ont fait la démonstration, nous les avons reçus ce matin (ndlr : samedi 11 octobre), il y a des gouverneurs, il y a des hauts fonctionnaires de la douane, de l’administration, de la santé. Voyez-vous quelle ne fut ma joie et ma fierté de voir que la Côte d’Ivoire a contribué à forger une élite aux Comores. Je peux même vous dire qu’aux Comores, la Côte d’Ivoire est bien connue et très très bien suivie ; nous avons été surpris de voir que nos faits et gestes étaient parfaitement connus aux Comores. Faire autant d’heures de vol et se retrouver sur une terre où on ne dit que du bien de la Côte d’Ivoire, c’est quelque chose qui est formidable. Nous avons promis continuer dans le droit fil de nos devanciers en renforçant ces relations, je rendrais compte au Président de la République, au Premier Ministre et au gouvernement pour que nous reprenions cette coopération. En ce qui concerne l’Assemblée nationale, nous avons signé un protocole d’accord avec l’Assemblée nationale de l’Union des Comores. Et le Parlement ivoirien recevra bientôt en voyage d’études, plusieurs parlementaires et fonctionnaires de l’Assemblée nationale des Comores.

Vous êtes la deuxième personnalité à être reçue aux Comores après Félix HOUPHOUET-BOIGNY, vous avez été fait Commandeur de l’Ordre National ? Quel sens donnez-vous à cette décoration ?

Guillaume Kigbafori SORO : Disons que c’est un honneur et un immense privilège de se trouver décoré dans ce pays, j’en suis heureux d’autant plus que ça été une vraie surprise. Nous n’étions pas du tout informés, nous ne nous attendions pas à une telle décoration, mais les autorités ont jugé opportun de nous décorer, je ne peux que leur adresser mes remerciements. C’est avec beaucoup de joie que nous avons reçu cette décoration d’autant plus que le message du Président de l’Assemblée nationale était quand même un message fort, il a dit que la Côte d’Ivoire était un pays admiré par les Comoriens et que nous avons joué, selon lui, un rôle dans la dynamique nouvelle qui a cours en Côte d’Ivoire. Et ce sont des phrases qui nous ont touchés.

La surprise de ce voyage est l’audience qui vous a été accordée par le Président de la République du Congo, Son Excellence Monsieur Sassou NGUESSO alors que vous étiez en escale technique…

Guillaume Kigbafori SORO : Je vais vous raconter une anecdote. Déjà en janvier 2011,  nous étions en pleine crise en Côte d’Ivoire, je partais à Johannesburg où j’avais rendez-vous avec le Président Jacob ZUMA et il se trouve que notre avion a fait escale à Brazzaville. Donc j’ai rapidement salué deux amis au téléphone et puis nous avons décollé, quelques minutes après, le pilote vient en cabine me dire que « les autorités du Congo-Brazzaville ordonnent à l’avion de se poser à nouveau ». Nous étions inquiets mais nous avons atterri à nouveau et surprise, c’était des officiels de la Présidence congolaise qui venaient nous chercher. Quand j’arrive au Palais, le Président SASSOU me dit : « Mais Monsieur SORO, vous pensez que vous pouvez venir à Brazzaville et puis partir comme ça ? Vous voyez, nous avons le contrôle sur notre ciel. Vous allez dormir… ». Alors j’ai raté le rendez-vous avec le Président ZUMA mais j’étais heureux de voir le Président SASSOU. Je racontais d’ailleurs l’anecdote aux députés. Quand nous avons fait à l’aller escale à Brazzaville, nous n’avions informé personne, nous sommes assis, le téléphone sonne, on dit le Président SASSOU veut me parler, je réponds que nous l’avions pas informé. Alors je prends le téléphone et il me dit : « mais c’est une réalité ou c’est un gag ? Tu es à l’aéroport ici ? » Je dis Monsieur le Président, je vous demande pardon, j’ai un rendez-vous aux Comores, à mon retour, j’avais prévu de m’arrêter ici pour vous saluer. C’est ainsi que nous sommes arrivés aujourd’hui avec beaucoup d’amabilité. Le Président SASSOU nous a reçus et c’est toujours des moments de joie, de retrouvailles quand vous rencontrez une telle personnalité pétrie d’expérience. Vous savez que le Président SASSOU aura tout connu dans son pays, de la révolution à la Conférence nationale, ensuite le retour au pouvoir au Congo. Ça été un délice de passer quelques moments avec lui et c’est avec beaucoup d’intérêt qu’il nous a promis et donné l’assurance que l’année prochaine, un ambassadeur du Congo-Brazzaville sera nommé en Côte d’Ivoire. Je pense que c’est une bonne chose, c’est autant d’honneur fait à notre délégation qui montre bien aussi que la diplomatie parlementaire est une réalité et que l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire se porte bien.

 

Propos recueillis et retranscrits par Hussein KOUAME

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