09262017Headline:

Hôtel Wharf de Grand Bassam: La propriétaire porte plainte contre “Alassane Ouattara” de vouloir lui arracher son business

Micheline De Luca Falchetto3

L’hôtel Wharf de Grand Bassam est au centre d’un conflit qui oppose madame De Luca Falchetto Madeleine Eugenie, propriétaire originel de l’espace et l’actuel gérant, monsieur Lancina Ouattara.

L’attentat terroriste contre Grand-Bassam l’a révélé au monde entier. Il est le président du comité d’organisation de la marche des opérateurs de l’hôtellerie de la ville, pour dire non à cette attaque. Il s’agit du gérant actuel de l’hôtel Wharf de Grand Bassam, M. Lancina Ouattara. C’est son nom à l’état civil. Mais l’homme se fait aussi appeler Alassane Ouattara, nom du président de la République de Côte d’Ivoire.

A juste titre certains l’appellent ”président”. D’autres, tel le site d’information La Croix, le présentent comme «un homonyme du président». A en croire des documents à notre possession, Lanciné Ouattara «n’est pas le propriétaire de l’hôtel Wharf». Il est accusé par madame De Luca Falchetto de vouloir lui «exproprier» l’établissement hôtelier.

Elle a porté plainte contre ce dernier auprès du commissaire du gouvernement, Ange Bernard Kessi Kouamé Mondésir. Pourquoi le procureur militaire ? Simplement parce que le directeur actuel de l’hôtel Wharf est un fonctionnaire, gendarme de profession. Il est est «un Maréchal des logis (Mdl) dont le matricule est le numéro 22.807». Mais, il se présente également comme un «restaurateur», à en croire son passeport.

Selon la plainte de madame De Luca, elle a sollicité Lancina Ouattara qui est son ami, afin de l’aider à gérer l’hôtel que sa fille lui a laissé. La date d’engagement du gendarme remonte au 1er janvier 2009, à en croire le bulletin de salaire en notre possession.

Comme fonction, l’actuel gérant du Wharf devrait entre autres « faire les courses et les diligences administratives pour l’essor de l’hôtel», dit la plaignante, moyennant le salaire mensuel de 700 mille Fcfa.

Cette dernière affirme qu’au regard de ses nombreux déplacements et la confiance qu’elle voue à son ami, elle lui permet de signer tous les retraits d’argent sur le compte de l’hôtel logé à la Sgbci. Profitant de ces acquis, le gendarme va se lancer dans une «procédure d’appropriation» de l’hôtel, accuse madame De Luca.

«Le sieur Ouattara Lancina a procédé à divers transferts illégaux de fonds dont le montant total exact est inconnu de l’exposante du compte dudit hôtel sur un compte ouvert en son nom dans les livres de d’Écobank de Grand-Bassam, et à l’insu de l’exposante», dit-elle dans sa plainte à Ange Kessi.

Selon elle, son ami gendarme a saisi les Impôts de la ville pour l’établissement d’un nouveau compte contribuable, a procédé à une nouvelle immatriculation de l’hôtel au registre de commerce sous le n°CI-GRDBSM-2009-A-1283 avec pour dénomination sociale Ouattara entreprise en lieu et place de la Société ivoirienne de tourisme et d’hôtellerie (Sith).

Fort de ces documents, elle affirme que l’actuel directeur de l’hôtel Wharf a fait expulser et le personnel et elle-même de l’établissement, au moyen des «bodyguards», les menaçant de ne plus y mettre les pieds «au risque de leur vie».

Portée devant le tribunal d’Abidjan, l’affaire a été jugée le 16 février 2016. Après avoir dit la plainte de «Falchetto Laurence et la Sith bien fondée », le juge des référés a ordonné la mise sous séquestre de l’hôtel.

«Désignons dame Loukoue Ahou Dominique epouse Agbalesse, expert-comptable (…) en qualité d’administrateur séquestre du complexe hôtelier dénommé le Wharf sis à Grand Bassam à charge pour elle d’en assurer après audit la gestion », « disons qu’Ouattara Lancina, Falchetto Laurence et la Sith devront tenir compte des documents comptables afférents à la disposition de celui-ci ».

Mais en croire le conseil de madame De Luca, le gendarme-restaurateur n’a pas respecté la décision du juge et a empêché «par le moyen de la force» l’administrateur séquestre d’accéder à l’hôtel et d’y assurer la tâche que le juge lui a confiée.

Pour expliquer son attitude, Ouattara Lancina alias Alassane Ouattara a saisi la Cour d’appel du tribunal d’Abidjan, le 29 février 2016. Il proteste contre la décision du juge des référés. Dans sa saisine, il affirme avoir été approché par Micheline De Luca «qui lui a fait croire qu’il pouvait investir en toute sécurité dans cette entreprise, notamment, pour assurer ses vieux jours». Donc tout s’est fait dans les règles de l’art. Il explique depuis 2008, il a investi «sur fonds propres», la somme de 1,5 milliards de Fcfa «ayant permis de rénover de fond en comble le réceptif hôtelier». Que l’hôtel du Wharf fonctionnant «normalement», il n’est pas nécessaire de nommer un administrateur provisoire.

«(…) A ce jour, le wharf hôtel fonctionne normalement et n’est menacé par aucun péril immédiat de sorte que la désignation d’un administrateur provisoire n’est aucunement justifié en l’espace puisqu’une telle décision ne peut intervenir que dans le seul cas où le fonctionnement normal de ladite société est rendu impossible… », soutient le gendarme. Qui jusque-là gère l’hôtel, sans que la décision du juge des référés ne soit cassée, «en dépit de la loi et les autorités militaires ne disent rien», dénonce l’avocat principal du conseil de la plaignante. D’ailleurs, il s’étonne qu’un gendarme puisse être un restaurateur.

«La loi en Côte d’Ivoire ne permet pas à un fonctionnaire de cumuler plusieurs postes, à fortiori, être gendarme et restaurateur, comme on le voit sur son passeport et son attestation d’identité. C’est une faute grave qu’il convient de corriger urgemment pour l’image de la fonction publique et de l’État de droit», a dénoncé madame Diby, membre du conseil de De Luca Falchetto Micheline.

D’ailleurs, le conseil se demande comment un gendarme peut investir 1,5 milliards de Fcfa sur fonds propre dans un hôtel. «D’où il a tiré cet argent dont il parle. Il faut qu’on le sache», a laissé entendre l’avocat principal de la plaignante, le vendredi 22 avril 2016. Il s’est réjoui que le procureur militaire ait décidé d’ouvrir une enquête sur le gendarme-restaurateur, après quelques hésitations.

Ouattara Lancina va donner sa version des faits. Il a promis de nous recevoir la semaine prochaine quand nous l’avons joint par téléphone pour la seconde fois, mardi matin. La première fois, c’était il y a une semaine. Il a souhaité en finir avec la gestion de l’attaque terroriste avant d’aborder le sujet.

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