09222020Headline:

Il y a de cela 13 ans, nous parlions de la Paix en Côte d’Ivoire. 30 juillet 2007-30juillet 2020

30 juillet 2007 -30 juillet 2020 exactement treize (13) ans que les ivoiriens se sont promis la paix. Voici le récit de cette journée inoubliable pour les ivoiriens.

Le peuple ivoirien a, dans la ferveur populaire et la communion d’esprit, célébré la paix, le 30 juillet 2007 à Bouaké, à travers la Journée dite de
“la flamme de la paix”. En présence de six chefs d’Etat africains, les Ivoiriens ont décidé de tourner définitivement le dos à la guerre, en brûlant symboliquement des armes qui ont semé terreur, désolation et mort dans leur pays ces dernières années.

Il est 11h 40 mn TU, lorsque le président ivoirien, Laurent Koudou Gbagbo, la main dans celle de son Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro, pénètre dans l’enceinte du stade de Bouaké baptisé “Stade de la paix” en cette historique et symbolique journée.

Dans une ambiance “électrique” ou “suintait” l’esprit de l’espoir et de la paix, les deux hommes font un tour d’honneur du stade avant de prendre place à la tribune d’honneur. Puis, on annonce tour à tour les différents chefs d’Etat qui ont fait le déplacement, le facilitateur du dialogue direct interivoirien, Blaise Compaoré en tête. Lequel recevra une ovation à la mesure de son mérite immense, lui qui, pour les Ivoiriens, est le “maître d’œuvre” de cette journée, pour avoir tracé et balisé le chemin de la paix.

Le sud-africain Thabo Mbeki a droit lui aussi aux mêmes vivas de la foule, Pretoria ayant été un passage sur la route de cette paix retrouvée. Amadou Toumani Touré, Faure Gnassingbé, Joao Bernardo Viera et Yayi Boni sont logés à la même enseigne, eux qui ont manifesté “leur sens de la fraternité et de la solidarité africaine” en faisant le déplacement de Bouaké. Après l’Abidjanaise (l’hymne national ivoirien) repris en chœur par la foule, le Premier ministre Guillaume Soro pouvait délivrer son speech.

A cet instant solennel, Soro a banni toute médiocrité en livrant un message empreint de spiritualité et de rationalité sans ostentation. “En ce jour béni, je laisse éclater ma joie et je communie avec vous” dira-t-il, avant de clamer avec conviction, que “la paix est là, à Bouaké. Bouaké “capitale de la paix”, d’un peuple “debout et fort qui a su transcender ses propres contradictions”. Cette “détermination commune” pour construire la paix a abouti à ce “grand jour” qui voit la solidarité africaine “magnifiée”.

Le peuple ivoirien, issu des 60 ethnies et de différentes confessions religieuses, “crie sa soif de la paix”, poursuivra-t-il. “Deux armées ont décidé de mettre fin au sang versé à la guerre” et, Laurent Gbagbo “a la lourde responsabilité de transformer cette paix en une paix durable pour les générations futures de la Côte d’Ivoire”. Après avoir cité l’écclésiaste (“Il ya un temps pour tout”) il terminera en indiquant que la venue de Laurent Gbagbo à Bouaké, “matérialise la réunification de la Côte d’Ivoire”. “Nul n’a le droit de ramer à contre courant du processus de paix”.

Dans cette optique, il faut “tourner le dos aux intrigues, aux attentats et aux assassinats” et n’exclure personne et ne donner le sentiment à personne d’être exclu”. Avant de demander à tous “une prière pour la Côte d’Ivoire”, Guillaume Soro avait pris le soins de préciser que “réaliser des élections démocratiques, c’est réaliser un programme délicat, mais exaltant”.

Lui succédant, Laurent Gbagbo s’inscrira dans la même veine, en remerciant ses pairs, particulièrement Blaise Compaoré qui ont contribué à l’avènement du dialogue direct, lequel a conduit à la paix. “Nous sommes à la paix” dira-t-il, invitant ses compatriotes à jouir dorénavant de leur liberté, d’aller et de venir à travers toutes les contrées du pays.

” La guerre est finie” et il faut transformer l’essai en organisant “au plus vite” des élections véritablement démocratiques. “Cela commence aujourd’hui” et, il faut “bannir” la violence car, elle est “mauvaise”. Après avoir souhaité que “Dieu garde la Côte d’Ivoire en paix”, pour qu’elle soit “une grande Nation”, le président ivoirien pouvait, en compagnie de son Premier ministre et de ses pairs, procéder à l’autodafé des armes et munitions. Portée par une escouade des différentes forces militaires présentes en Côte d’Ivoire, la flamme de la paix fera son entrée au “Stade de la paix” et après avoir “transité” entre différentes mains, sera transmise aux deux hommes d’Etat, qui embraseront le bûcher géant.

Les généraux, Philippe Mangou et Soumaïla Bakayoko, chefs d’Etat-major des deux armées avaient auparavant scié un canon 105, puis l’avait émietté et jeté dans la cuve, en signe de renonciation des deux armées à la guerre. Ils avaient aussi remis de façon croisée à Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, des armes dans le même esprit “de paix, d’union pour le bonheur des Ivoiriens dans un pays réunifié à jamais”. Le lâcher de colombes et l’hymne national mettaient fin à cette journée “historique” au cours de laquelle le bien aura triomphé du mal pour paraphraser le “rastafoulosophe” Alpha Blondy.

Sapel MONE

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