05302023Headline:

Indignation après la diffusion d’une vidéo de décapitation d’un présumé soldat ukrainien

Les réactions d’indignation et de sidération se multiplient depuis ce mercredi 12 avril au matin après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant ce qui semble être la décapitation d’un soldat ukrainien par des soldats russes.

La vidéo, une minute quarante secondes d’images insoutenables, circule depuis le mardi 11 avril. Sur celle-ci, un homme en camouflage, le visage masqué, tranche le cou d’un autre homme en uniforme se débattant au sol en hurlant : « Ça fait mal ». Au bout de quelques secondes, les cris cessent et on entend un homme derrière la caméra incitant en russe le bourreau à « couper la tête » de la victime. Ce dernier finit sa décapitation au couteau, et montre la tête tranchée à la caméra. « Faut la foutre dans le sac et l’envoyer au commandant », dit une voix en russe. À la caméra, on montre également le gilet de la victime barré du trident ukrainien et d’une tête de mort.

L’Union européenne demandera « des comptes à tous les auteurs et complices de crimes de guerre » en Ukraine, a déclaré Nabila Massrali, une porte-parole du chef de la diplomatie européenne, après la diffusion d’une vidéo semblant montrer, selon Kiev, un soldat russe décapitant au couteau un prisonnier ukrainien. La mission de l’ONU pour les droits humains en Ukraine s’est dite « horrifiée ».

« Des monstres » pour Kiev, une vidéo à « authentifier » pour Moscou
Pour sa part, le président Volodymyr Zelensky a dénoncé mercredi des « monstres » russes. « Cette vidéo de l’exécution d’un prisonnier de guerre ukrainien, le monde doit le voir. C’est une vidéo de la Russie comme elle est », a-t-il lancé dans une vidéo publiée sur Instagram. « Ce n’est pas un accident […] Cela s’est passé déjà plus tôt. C’était comme ça à Boutcha. Des milliers de fois », a-t-il poursuivi en référence à la banlieue de Kiev, devenue symbole des atrocités attribuées à l’armée russe. « Peines de prison aux meurtriers, tribunal à l’État de mal », a-t-il renchéri.

L’Union européenne n’a « pas d’informations sur la véracité de la vidéo », mais « si elle est confirmée, il s’agit d’un nouveau rappel brutal de la nature inhumaine de l’agression russe ». Le Kremlin a appelé à en vérifier l’« authenticité ». « Il s’agit bien sûr d’images horribles », a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. « Dans le monde de “fakes” dans lequel nous vivons, il faut s’assurer de l’authenticité de cette vidéo », a-t-il ajouté.

L’ONU évoque aussi une seconde vidéo montrant « les corps mutilés, apparemment de prisonniers de guerre ukrainiens ».

Des accusations de mauvais traitement des prisonniers des deux côtés
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de mauvais traitement de prisonniers, constituant des crimes de guerre. Début mars, une vidéo montrant l’exécution présumée d’un prisonnier de guerre ukrainien par des soldats russes a provoqué un choc en Ukraine. En novembre, le Kremlin s’était, lui, indigné de deux vidéos montrant l’exécution présumée d’une dizaine de militaires russes qui venaient de se rendre aux forces ukrainiennes.

Fin mars, l’ONU a accusé les forces ukrainiennes et russes d’avoir commis des exécutions sommaires de prisonniers de guerre pendant l’invasion. La Russie nie en outre, en dépit d’éléments concordants, les exécutions sommaires de civils, en particulier à Boutcha, près de Kiev, il y a un an.

 

What Next?

Recent Articles