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Inéligibilité de Ouattara:”requête en invalidation” un huissier refoulé du Conseil Constitutionnel

alassane ouattara-n

Un Huissier commis par la Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) aurait frôlé la mort, hier vendredi 10 juillet 2015 en Côte d’Ivoire. L’auxiliaire de justice, selon le journal en ligne ivoirbusiness.net a été violemment menacé de mort alors qu’il était au Conseil constitutionnel pour y déposer une requête en invalidation de la candidature d’Alassane Ouattara. « L’huissier de la FIDHOP menacé de mort au Conseil Constitutionnel ivoirien: un huissier commis pour déposer la requête en invalidation de la candidature de Ouattara, menacé de mort au Conseil Constitutionnel » A écrit le site internet un texte précédé de ”urgent”.

La Fondation Ivoirienne pour Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) est fondée par Dr Boga Sacko Gervais qui vit en exil depuis 2011 comme plusieurs milliers d’opposants au régime d’Abidjan qui ont fui les violences qui règnent en Côte d’Ivoire depuis cette date. Alassane Ouattara s’est déclaré candidat à sa propre succession alors que son cas pose problème à la Constitution ivoirienne, selon les opposants à son régime. Plusieurs articles notamment l’article 35 qui stipule « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois. Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine. Il doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L’obligation de résidence indiquée au présent article ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l’État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l’étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l’Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d’une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l’origine. »

C’est cette disposition de la Constitution ivoirienne qui rend forclos Alassane Ouattara. L’actuel chef de l’Etat ivoirien a été candidat en 2010 grâce à un arrangement entre lui, le président Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, à Pretoria en Afrique du Sud. L’Accord de Pretoria sous l’égide de Thabo Mbéki ancien chef d’Etat sud africain, avait permis à Ouattara (frappé par l’article 35) d’être « candidat à titre exceptionnelle uniquement pour l’élection de 2005 » et Bédié frappé par la forclusion de l’âge ”Le candidat à l’élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus.” Lesdites élections ne s’étant pas tenues à la date indiquée (2005) c’est en 2010 que les deux d’alors ont du postuler. Ce qui devrait être leur dernier acte candidature. Mais voilà que faisant fi de tout cela, Alassane Ouattara se déclare candidat. Une violation de la Constitution que dénonce l’organisation de défense des droits de l’homme.

Au cours d’un conclave organisé à Hambourg en Allemagne du 27 au 28 juin 2015. «La Fidhop décide de porter plainte contre M. Ouattara et lance un appel de sagesse au peuple ivoirien et à l’Afrique ». La Fidhop exige le respect strict l’Article 35 de la Constitution et le rejet de la candidature de M. Alassane D. Ouattara par le Conseil Constitutionnel, et le report de l’élection présidentielle de 2015 ». Lit-on dans son communiqué de presse sanctionnant les travaux du conclave de Hambourg. Plusieurs délégations de la Fidhop et d’autres grandes figures démocrates à travers le monde y avaient participé autour du thème central, « Comment sauver la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique et en Côte d’Ivoire, dans la période électorale 2015-2016 ».

Travaux à l’issue desquels la Fidhop lançait des appels. D’abord en direction de l’Union et de la Cedeao : « La Fidhop exhorte l’Ua et la Cedeao à s’impliquer activement dans les processus d’enracinement de la Démocratie et de protection des Droits de l’Homme sur le continent africain, en exigeant le strict respect des Constitutions… » Ensuite aux partenaires internationaux la Fidhop invitait la Communauté internationale « à accompagner les Peuples africains dans leur quête légitime de liberté et d’indépendance et à désavouer clairement les Chefs d’Etat qui violent les Droits de l’Homme et la Démocratie dans leur pays. » Et enfin à l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) « à mieux définir ses actions et ses engagements en Côte d’Ivoire, dans le cadre du prochain scrutin présidentiel, en se bornant aux limites prescrites par la Constitution ivoirienne, norme suprême dans cet Etat souverain et indépendant. » La présence de l’huissier devant le Conseil constitutionnel ivoirien peut donc être considérée comme étant la concrétisation de l’activisme de la Fidhop et le début d’un programme d’actions en vue d’empêcher la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015. Une élection pour laquelle, le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo avait déclaré « Alassane Ouattara pas concerné par nos élections ». C’était lors du meeting de la Coalition nationale pour le changement, le samedi 27 juin 2015, Place Inch’Allah de Koumassi.
Simplice Allard

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