12102016Headline:

Investigations de la Cpi: Voici Le cas qui révolte le plus la procureure dans le camp Ouattara

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Investigations de la Cpi: Voici les dossiers qui intéressent Bensouda dans le camp Ouattara

Le cas qui révolte le plus la procureure de la Cpi

Manifestement, la procureure de la Cour pénale internationale (Cpi), Fatou Bensouda, n’entend pas lâcher prise en ce qui concerne le dossier ivoirien. Elle est décidée à faire la lumière sur les atrocités et différents crimes perpétrés en Côte d’Ivoire pendant la dernière décennie de crise.

Ces investigations devraient concerner désormais le camp du président Ouattara, où des crimes sont imputés à des chefs militaires. La magistrate gambienne a, selon des sources bien informées, une idée très claire des affaires qui feront l’objet d’enquête de la part de ses services, même si elle ne livre pas encore l’identité des personnes ciblées par des mandats d’arrêt. Il s’agit, d’une part, des affaires relevant de la crise postélectorale et, d’autre part, de crimes graves (tueries, viols, crimes de génocide, crimes de sang) survenus avant le contentieux électoral.

Au titre des violences post-électorales, Fatou Bensouda va instruire les dossiers liés aux tueries dans la commune de Yopougon, lors des combats pour le contrôle de ce fief de l’ex-président Laurent Gbagbo. «Au moins 149 personnes, supposées être des partisans du président Laurent Gbagbo, ont été tuées par les combattants d’Alassane Ouattara depuis son installation au pouvoir. 54 exécutions extrajudiciaires ont également été constatées dans la commune de Yopougon », révèle Human Rights Watch dans son rapport sur la crise postélectorale. Deux hauts chefs militaires pro-Ouattara, qui ont dirigé les opérations à Yopougon, sont incriminés. Ces mis en cause sont des ex-commandants de zone qui occupent de hautes fonctions dans l’actuelle chaîne de commandement militaire.

Les tueries du camp de Nahibly, le dossier qui révolte le plus Bensouda

A côté de ces faits, il y a les massacres de centaines de civils au quartier ” Carrefour ” de la ville de Duékoué, qui sont inscrits sur l’agenda de la procureure de la Cpi. Ainsi que les tueries survenues au camp de déplacés de Nahibly, toujours à Duékoué. « C’est le dossier qui révolte le plus Fatou Bensouda. Lors de notre entretien, elle s’est offusquée de ce qu’un camp de déplacés internes ait été attaqué, que des massacres contre des civils y aient été perpétrés et que plus de trois ans après, aucune instruction sérieuse n’ait été faite, à l’effet de faire la lumière et de punir les auteurs qui courent toujours. C’est inacceptable pour elle. Et nous partageons sa colère », ont confié nos sources.

Pour les faits relevant de la période anté-électorale, nos informateurs notent des dossiers relatifs à l’assassinat de gendarmes ”désarmés” à Bouaké au début de la guerre, aux tueries à Korhogo entre factions rebelles, où des adversaires militaires proches d’IB (Ibrahima Coulibaly) auraient perdu la vie, enfermés dans des conteneurs. Il y a aussi les massacres de partisans du commandant Zackaria, peu après son remplacement par Ouattara Issiaka (Wattao), dans la zone de Séguéla. On avance même la découverte d’un charnier qui interesserait fortement Bensouda.

Le dossier aurait été instruit par l’Onuci et une copie du rapport qui met gravement en cause un des chefs militaires du camp Ouattara, se trouverait actuellement entre les mains du ministre d’État Hamed Bakayoko. Ces confidences relatives à des poursuites contre des chefs militaires pro-Ouattara émanent, notons-le, d’activistes de droits humains qui ont échangé récemment avec la magistrate gambienne, dans ses bureaux à La Haye. Dans un entretien accordé à Rfi (Radio france internationale) repris par Jeune Afrique en son édition du 5 février 2015, la procureure de la Cpi indiquait clairement que des investigations dans le camp Ouattara vont s’intensifier à partir du 13 juin 2015 sur les crimes présumés commis par des proches du chef de l’Etat. « J’ai toujours dit que nous allions enquêter sur toutes les parties concernées. Cela prend du temps, mais nous allons aussi enquêter dans le camp du président Ouattara. L’enquête est en cours. Mais je peux vous garantir que personne ne sera épargnée. En cette année 2015, il faut s’attendre à ce que nous intensifions notre enquête sur les crimes commis dans le camp Ouattara. C’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant. Ma mission, c’est d’appliquer la loi en toute indépendance et avec impartialité, et c’est ce que je vais faire », avait-elle lâché. Toujours selon nos sources, la patronne du Parquet de la justice internationale a laissé entendre à ses hôtes qu’elle a déjà sur sa table, cinq mandats d’arrêts contre des pro-Ouattara.

Rappelons que dans son rapport rendu public le 10 août 2012, la Commission nationale d’enquête, mise en place après l’investiture de l’actuel homme fort d’Abidjan, chiffrait le nombre total de morts à 3 248. Sur ce nombre, 1452 morts étaient imputées au camp Gbagbo, 727 au camp Ouattara et 1069 non attribuées à un des camps, en raison de problèmes d’identification des victimes.

TRAORE Tié

L’INTER

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