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Jean-François Valette pense qu’il n’a pas à s’excuser, après la divulgation du rapport de l’UE ?

La Côte d’Ivoire a été secouée, courant août 2018, par la divulgation d’un rapport rédigé par les chefs de mission de l’Union européenne (Ue) dans le pays. Aujourd’hui, alors que la tempête semblait s’être estompée, surtout après la fin de la mission de Jean-François Valette, chef de la mission de l’Ue en Côte d’Ivoire, une autre situation non moins embarrassante fait ressurgir les mauvaises sensations créées par ce rapport.

En effet, un mois après ce qui s’apparentait comme un scandale, une autre affaire est mise au goût du jour. Selon le confrère Jeune Afrique (J.A), dans sa parution cette semaine (du 2 au 8 septembre), l’ex-patron de la mission de l’Ue dans le pays d’Alassane Ouattara, Jean-François Valette, a dit à Fidèle Sarassoro, le Directeur de cabinet du président ivoirien, « déplorer tout comme lui la divulgation de ce rapport ». Toutefois, reprend le confrère, le diplomate européen a indiqué qu’il n’avait pas à s’en excuser.

Il est remplacé, à Abidjan, par l’Allemand Jobst von Kirchmann à la tête de la délégation de l’Ue en Côte d’Ivoire. Et c’est Laurent d’Ersu, adjoint du sous-directeur Afrique occidentale au Quai d’Orsay, qui le rejoint en qualité de conseiller politique. Faut-il le rappeler, le rapport de l’Ue a gravement mis à mal le pouvoir d’Abidjan notamment face à son opposition. Le chef de l’État, Alassane Ouattara, dans un souci de décrispation politique, a libéré 800 prisonniers de la crise post-électorale par ordonnance d’amnistie, le lundi 6 août 2018, et annoncé la recomposition de la Commission électorale indépendante (Cei), fortement critiquée par l’opposition et la société civile. Ces décisions majeures auraient-elles un lien avec le rapport très acerbe de l’Ue sur la gouvernance Ouattara ? C’est ce que certains pensent.

Selon ce rapport plutôt alarmant, le pays « affiche l’image rassurante d’une stabilité retrouvée, portée par des taux de croissance élevés », mais « les indicateurs sociaux stagnent (et) la population s’interroge de plus en plus ouvertement sur cette croissance qui ne lui semble pas ou peu bénéfique ». Ainsi ont relevé les rapporteurs, au début du mois de juillet 2018, le taux de croissance exemplaire de la Côte d’Ivoire, qui table à 8% par an en moyenne, contraste avec la montée de la pauvreté dans le pays. Et le rapport d’indiquer, entre autres, qu’en 2015, 46% de la population vivait ainsi en dessous du seuil de pauvreté, contre 47% en 2017.

Les auteurs du rapport ont aussi critiqué « une classe dirigeante dont l’enrichissement ces dernières années est parfois spectaculaire », avant de dénoncer « les failles politiques importantes de la reconstruction » et « les fragilités non résorbées d’un pays peut-être moins solide et démocratique que sa bonne image pourrait le laisser penser ». Pour eux, les autorités ivoiriennes « se montrent hermétiques aux critiques internes et externes, et semblent désireuses de ne laisser aucun lieu de pouvoir leur échapper ».
À Abidjan, au cours d’un meeting, samedi 4 août 2018, le porte-parole du Rassemblement des républicains (Rdr, parti présidentiel), Mamadou Touré, avait réagi vigoureusement. « C’est un rapport interne qui n’aurait jamais dû se retrouver sur la place publique. Ça veut dire qu’il y a une fuite qui a été savamment organisée, ce qui remet en cause la crédibilité de l’institution (…). En quoi est-ce que se rassembler pour diriger (le pays) est un problème ? (…) On ne peut pas nous reprocher notre union (et) la désunion de l’opposition, que chacun assume sa responsabilité », a-t-il défendu son camp. Avant de souligner que « des ambassadeurs de l’Ue ont émis des réserves sur le rapport ».

Hervé KPODION

 

linfodrome.com

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