10262020Headline:

La CEDEAO s’oppose aux sanctions contre le Burkina Faso

cedeao

Les dirigeants ouest-africains s’opposent à des sanctions contre le Burkina Faso. Réunis jeudi à Accra, au Ghana, les chefs d’Etats de la sous-région ont lancé un appel à la communauté internationale et aux partenaires afin d’éviter que des sanctions soient prises contre le pays qui traverse une période délicate. Une position plus conciliante que celle prônée il y a quelques jours par l’Union Africaine.

Manifestement, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est plus conciliante que l’Union africaine vis-à-vis du Burkina Faso. Jeudi 6 novembre à Accra, les chefs d’Etat de la sous-région se sont prononcés contre des sanctions internationales contre le Burkina.

Dans un communiqué, la conférence des chefs de l’Etat ouest-africains lance même un appel à la communauté internationale et aux partenaires afin qu’ils n’imposent pas de sanctions au Burkina Faso « compte tenu des efforts en cours au niveau de la région »  et qu’ils continuent à soutenir ce pays en cette « période délicate ».

Dès lundi, l’UA menaçait pour sa part le Burkina Faso de sanctions si les militaires ne remettaient pas le pouvoir aux civils dans les deux semaines. Délai qui, semble-t-il, n’impressionne pas le lieutenant-colonel Zida qui avouait ce jeudi que ce délai n’engageait que l’Union africaine.

La Cedeao se veut donc compréhensive vis-à-vis du Burkina. Jeudi, les chefs d’Etat ouest-africains ont exprimé leur profonde gratitude envers le lieutenant-colonel Zida et l’armée burkinabè pour leur professionnalisme dans le maintien de la sécurité, de la loi et de l’ordre et pour leur rôle positif dans la mise en place d’un processus de transition dirigé par une personnalité civile.

La Cedeao veut donner sa chance à une expérience qui n’est pas un coup d’Etat militaire mais une insurrection populaire, analyse un diplomate ouest-africain : « ce n’est ni le Niger de Salou Djibo ni le Mali de Sanogo », précise-t-il.

Positions complémentaires

N’y a-t-il pas contradiction, sur ce dossier, entre la position de la Cedeao et celle de l’Union africaine ? Non, car les positions des deux institutions africaines sont complémentaires, assure Edem Kodjo, envoyé spécial de l’Union africaine, au micro de RFI. « La Cedeao est dans son rôle : lorsqu’elle intervient pour trouver une solution à une crise dans un des pays membres, elle a tout intérêt à demander à ce qu’il n’y ait pas de sanctions immédiates. L’Union africaine est également dans son rôle. C’est sur insistance du président en exercice de la Cedeao que Mme Zuma (la présidente de la Commission de l’UA) est intervenue auprès du Conseil de paix et de sécurité pour que l’on donne un délai de quinze jours au Burkina Faso. Elle aurait pu prendre une sanction immédiate, comme cela s’est déjà vu dans le passé, dans d’autres Etats », relève l’envoyé spécial de l’UA.

« C’est le même combat pour l’UA et pour la Cedeao : nous recherchons tous une solution, et nous la voulons vite. Nous voulons un civil pour diriger la transition, et c’est également ce que la Cedeao veut : il n’y a aucune contradiction », estime Edem Kodjo.

Pour mémoire, une commission composée de l’ancienne opposition à Blaise Compaoré, de la société civile et des chefs religieux et traditionnels travaille à l’élaboration d’une charte de la transition. Cette charte devrait être validée demain, samedi, et présentée lundi prochain aux médiateurs internationaux de la troïka ONU-UA-Cedeao.

Rfi

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