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La Corée du Nord clôt l’année 2022 par trois nouveaux tirs de missiles

Cette incursion aérienne, la première du genre en cinq ans, a été qualifiée d'”intolérable” par le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, qui a promis de faire comprendre à la Corée du Nord que “les provocations auront toujours de dures conséquences” pour elle. Jeudi, l’armée du Sud a effectué des exercices dans le but de renforcer sa défense anti-drone, selon l’état-major.

Certains analystes ont vu dans les tirs du 31 décembre une riposte à l’annonce, vendredi par le ministère de la Défense de Corée du Sud, d’un essai réussi de lanceur spatial dans le cadre des efforts de Séoul pour renforcer ses capacités de reconnaissance et de surveillance par satellite.

“Le but des lancements de missiles par la Corée du Nord d’aujourd’hui est de répondre au lanceur spatial à propergol solide de Séoul. Pyongyang semble considérer cela comme une compétition”, a déclaré à l’AFP Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes à Séoul.

Un “cadeau” de Kim Jong-un à son peuple
Les nouveaux lancements de missiles ont eu lieu pendant la grande réunion annuelle du Parti des travailleurs au pouvoir en Corée du Nord, au cours de laquelle le dirigeant Kim Jong-un et d’autres hauts dignitaires présentent leurs objectifs pour 2023 dans des domaines essentiels, tels que la diplomatie, la sécurité et l’économie.

Les décisions prises lors de cette réunion devraient être rendues publiques par le régime peu après la clôture de la réunion. Au cours des années précédentes, Kim Jong-un avait l’habitude de prononcer un discours le 1er janvier, mais il a récemment troqué cette tradition contre des annonces lors du plénum du Parti.

Les trois tirs de samedi pourraient être “un cadeau de Kim Jong-un au peuple, marquant la fin d’une année record en termes de lancements de missiles, et un salut au plénum du Parti des travailleurs de Corée”, a estimé à l’AFP Ahn Chan-il, chercheur spécialisé dans la Corée du Nord.

Selon lui, “Kim essaye d’envoyer un message selon lequel le peuple peut se sentir en sécurité, car leur pays est clairement une puissance militaire, même s’il souffre du point de vue économique”.

Nouvelle doctrine
Kim Jong-un avait affirmé fin novembre vouloir doter son pays de “la plus puissante force stratégique du monde”. Deux mois plus tôt, la Corée du Nord avait adopté une nouvelle doctrine rendant “irréversible” son statut de puissance nucléaire, et l’autorisant à mener une frappe atomique préventive en cas de menace existentielle contre son régime.

Séoul et Washington prêtent à Pyongyang l’intention de mener prochainement un nouvel essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier depuis 2017. Les dirigeants nord-coréens affirment qu’une dissuasion nucléaire crédible est essentielle à la survie de leur pays, qui se dit constamment menacé d’agression par les États-Unis.

De leur côté, les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont renforcé leur coopération militaire et leurs manœuvres conjointes face aux menaces nord-coréennes, surtout depuis l’annonce de la nouvelle doctrine de Pyongyang.

Mais ce renforcement a irrité encore davantage la Corée du Nord qui, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Choe Son Hui, a promis mi-novembre des représailles “féroces” s’il se poursuivait.

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