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La CPI expliquée / Laurent Gbagbo, du palais présidentiel à La Haye/Voici son histoire

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Homme de paix et de dialogue pour les uns, tyran ou dictateur pour les autres, Laurent Gbagbo est un personnage autant admiré que controversé. Biographie

Par Antoine Panaite

Né le 31 mai 1945 à Gagnoa, Laurent Gbagbo a eu de nombreuses casquettes avant de porter celle de président de la République de Côte d’Ivoire puis celle d’accusé à la Cour pénale internationale (CPI). Après des études d’histoire à l’Université d’Abidjan, Laurent Gbagbo devient professeur d’Histoire-géographie au lycée classique d’Abidjan en 1970. C’est à cette époque qu’il devient un opposant politique au pouvoir de Félix Houphouët Boigny. Cette opposition en tant que syndicaliste actif et militant du multipartisme le conduira en prison où il passera près de deux (2) ans dans les années 1970.

Il devient par la suite chercheur au sein de l’Institut d’Histoire, d’art et d’archéologie africaine (IHAAA) avant d’en devenir le directeur en 1980. C’est à ce poste que Laurent Gbagbo va s’illustrer dans des manifestations et mouvements de grève qui touchent l’enseignement en 1982. C’est alors qu’il va cofonder, en 1982, le Front populaire ivoirien (FPI), parti politique opposition qu’il présidera même étant en exil.

De l’exil…

Après ces manifestations, Laurent Gbagbo s’exile en France où il écrira et publiera un livre « La Côte d’Ivoire pour une alternative démocratique ». Il est à l’époque soutenu par plusieurs membres du Parti socialiste français (PS) et obtient le statut de réfugié politique. En 1988, Laurent Gbagbo rentre finalement en Côte d’Ivoire. Houphouët, qui accepte son retour, expliquera  que « l’arbre ne se fâche pas contre l’oiseau ».  Mais Gbagbo retournera tout de même un temps en prison en 1992 après d’importantes manifestations étudiantes.

Au palais présidentiel

Après la présidence d’Henri Konan Bédié et le coup d’Etat de Robert Gueï, en 1999, Gbagbo est candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2000 et accède à la magistrature suprême. Son mandat sera très vite bouleversé par plusieurs tentatives de coups d’Etats dont la dernière en 2002 se mue en une rébellion armée qui entraine la scission du pays en deux. le nord occupé par les rebelles et le sud sous contrôle gouvernemental.

Après de nombreuses discussions menées par les parties en conflit, un accord sera signé à Ouagadougou (Burkina Faso) en 2007 pour entériner le processus de paix. Le geste fort qui en résulte est la nomination par Laurent Gbagbo du chef de la rébellion, Guillaume Soro, au poste de Premier ministre.

Laurent Gbagbo présumé coupable

L’élection présidentielle de 2010 voit s’opposer Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. Tous deux affirment avoir gagné l’élection. Commence alors une crise post-électorale qui fera plus de 3 000 morts, selon le rapport de la Commission nationale d’enquête.

Après une bataille militaire de cinq mois (décembre 2010-avril 2011), Laurent Gbagbo est arrêté le 11 avril 2011. Il est d’abord assigné à résidence pendant six mois à Korhogo (nord de la Côte d’Ivoire) avant d’être transféré à La Haye où il est accusé d’être responsable de crimes contre l’humanité commis à cette période par des forces qui lui étaient loyales. Son procès, aux côtés de Charles Blé Goudé, a débuté le 28 janvier 2016.

Du côté de sa vie privée, Laurent Gbagbo a d’abord été marié avec la française Jacqueline Chamois avec qui il a eu un fils, Michel Gbagbo, avant d’épouser avec Simone Ehivet, qui fut longtemps sa partenaire politique avant de devenir sa compagne. Simone et Laurent Gbagbo ont eu deux filles.

/ivoirejustice

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