12092022Headline:

La Finlande a violé les droits d’enfants retenus en Syrie, selon des experts de l’ONU

La Finlande a violé les droits d’enfants finlandais, restés des années au péril de leur vie dans le camp d’Al-Hol en Syrie avec des familles de djihadistes présumés, a estimé mercredi 12 octobre le Comité des droits de l’enfant de l’ONU.

«La Finlande a la responsabilité et le pouvoir de protéger les enfants finlandais dans les camps syriens contre un risque imminent pour leur vie en faisant en sorte de les rapatrier», a estimé le Comité dans un communiqué.

Dans une précédente décision similaire en février, le Comité avait estimé que la France avait violé les droits des enfants français retenus dans les camps en Syrie en omettant de les rapatrier.

Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU est composé de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en oeuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant par ses États parties. Ses prises de position ou recommandations ne sont pas contraignantes mais ont du poids sur la scène internationale.

«La rétention prolongée d’enfants victimes de conditions de vie dangereuses équivaut à un traitement ou une punition inhumaine ou dégradante», estiment les experts dans leur communiqué.

Le Comité était chargé d’examiner une requête concernant six enfants finlandais actuellement retenus au camp d’Al-Hol dans le Nord-Est de la Syrie. Depuis le dépôt de cette requête en 2019 par les familles, trois de ces enfants ont pu quitter le camp de leur propre initiative avec leur mère et sont retournés en Finlande.

«Les trois enfants victimes restants, âgés actuellement de cinq à six ans, restent retenus dans des camps fermés dans un lieu ressemblant à une zone de guerre», selon le Comité. La requête des familles évoquait 33 autres enfants finlandais retenus dans ce camp sans accès à une assistance juridique.

Délabré et surpeuplé, le camp d’Al-Hol, situé à moins de dix kilomètres de la frontière irakienne et le principal des camps de la zone, abrite encore selon l’ONU environ 56.000 personnes dont 10.000 étrangers, notamment des femmes et des enfants de djihadistes ainsi que des déplacés syriens et des réfugiés irakiens. Certains parmi eux continuent d’entretenir des liens avec le groupe djihadiste État islamique.

Les appels répétés aux pays occidentaux de rapatrier leurs ressortissants sont largement restés lettre morte. «La situation des enfants dans les camps a été largement décrite comme inhumaine, avec un manque de produits de première nécessité y compris l’eau, la nourriture et les soins de santé, et un risque de mort imminent», a averti une experte du Comité, Ann Skelton.

Deux enfants meurent chaque semaine en moyenne à Al-Hol en raison des terribles conditions de vie, a estimé l’ONG Save the Children dans un rapport l’année dernière. L’ONU a fait état de plus de 100 meurtres en 18 mois dans ce camp.

Pour le Comité, la Finlande n’a pas accordé l’attention nécessaire aux intérêts des enfants en évaluant les demandes de rapatriement de leurs proches. «Nous appelons la Finlande à engager une action immédiate et décisive pour préserver la vie de ces enfants et les ramener à la maison dans leurs familles», a ajouté Mme Skelton.

Avec AFP

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