10202017Headline:

La patience d’Essy Amara, une stratégie pour eloigner les brebis galeuses

essy amara

Coopté par les planteurs et certains réseaux socio-professionnels en octobre 2014 en vue de la présidentielle 2015, les requérants souhaitaient qu’Essy Amara sauta sur la proposition immédiatement et opportunément. Mais l’homme préféra se donner suffisamment de temps de réflexion et de consultation de ses réseaux internes et internationaux pour la faisabilité de la mission.

Lorsque la date de la venue d’Essy Amara fut annoncée, très peu de ses sympathisants pouvaient expliquer la présentation et l’inauguration de son QG de campagne par d’autres personnes en son absence, en l’occurrence M. Frédérick Konan Kouadio, alors que cet événement pouvait être rehaussé de la présence du véritable concerné. Pourquoi une telle précipitation alors que le candidat venait dans moins d’une semaine ? Le communicateur professionnel ne commettrait pas cette gaffe et ce gâchis. Seul Frédérik pourrait à présent nous expliquer sa démarche. De qui répondait M.Konan Kouadio et auprès de qui prenait-il ses ordres? Pourquoi Frédérik opte-il- pour la fuite en avant sans mentionner le nom de son véritable employeur ? Là, se trouve le cœur du problème de Frédérik.

Tandis que la plupart de ceux qui venaient à Essy Amara, venaient sur la base de leur conviction inconditionnelle, n’est-il pas bizarre que monsieur Frederick Konan Kouadio opte pour un service rémunéré ? Davantage d’explications de sa part nous éclaireraient.

Rentré en février 2015, alors que ses sympathisants se mobilisaient en vue de lui réserver un accueil présidentiel à l’aéroport FHB d’Abidjan, Essy Amara a préféré un accueil sobre, afin de ne point mettre dans l’embarras le cordon de sécurité de l’ONUCI commis pour son escorte.

Invité à adhérer dare-dare à l’accord goupillé en son absence en mode « maga taper, voir sagba taper », il a souhaité d’abord mieux apprendre à connaître les acteurs de la CNC et mieux cerner la personnalité de chacun pour s’attendre aux réactions et surprises imprévisibles ultérieures.

A-t-il eu tort ou raison ? Soyons patients sans tirer des conclusions hâtives à partir de l’état actuel des rapports entre le président Mamadou Koulibaly et le Premier ministre Charles Konan Banny président de la CNC. Idem en ce qui concerne les rapports entre KKB et Ahipeau Martial, sans compter les clans Mamadou Koulibaly, Doubia Major d’une part, Samba David, et le Camp Banny, Ahipeau, Bah Enoc d’autre part.

Ce n’est pas si dramatique. Ce qui unit Essy Amara au « bloc » CNC est plus grand que les divergences mineures.

Lorsque pour la première fois, Essy Amara était invité par le groupe avec lequel flirtait Frédérik Konan Kouadio (ironie du sort, groupe avec lequel, M. Konan Kouadio Frederik est aujourd’hui en rupture de ban), à prendre connaissance de la « kyrielle de mouvements de soutien » au QG inauguré en son absence, tout en reconnaissant l’effort de mobilisation des uns et des autres, Essy Amara ne se laissa cependant point émouvoir. Mieux, il prévenait déjà sur sa vision et n’était pas prêt à se laisser prendre en otage par qui que ce soit : « C’est bien que nous comptons au moins près de 500 mouvements de soutien aujourd’hui. Mais, sûrement, nous-nous retrouverons d’ici quelque mois à seulement 150 mouvements de soutien ou même moins que cela. Attendons-nous à cela, car les choses ne seront pas du tout faciles. Mieux vaut composer avec des hommes convaincus que des hommes qui ont leurs yeux fixés sur l’argent».

En toute sincérité, qui pouvait croire que M. Frédérick Kouadio Konan, maitre de cérémonie et qui se présentait tantôt comme Directeur de Communication du candidat Essy Amara, tantôt Chef de Cabinet d’Essy Amara, était plutôt un salarié des lieux et jamais un volontaire bénévole avec une conviction bien établie ? Seul le président Essy Amara, qui assistait serein à ce cirque habilement concocté par M. Frédérik Kouadio Konan et des mains obscures dans le seul but d’épater le diplomate, avait découvert le pot aux roses.

Frederik n’avait qu’à s’en prendre à lui-même, à partir du moment où il avait choisi de jouer au « lèche bottes » ou au sofa d’un tiers qui n’est pas le candidat, de grâce, qu’il veuille bien nous épargner ce débat, et continuer son chemin de candidat à la présidence de la République. Là-bas au moins, le salaire est consistant et il est rassuré de ne point être confronté à des arriérés de salaire.

Mais, si d’aventure, le salaire n’est pas la préoccupation immédiate ni lointaine de monsieur Frédérik Kouadio, s’il est mu par l’impératif de réconciliation nationale, la porte lui demeure encore ouverte pour faire chemin avec son mentor Essy Amara, d’autant plus qu’il n’est pas en conflit avec Essy Amara himself. Raison de plus pour qu’il revienne jouer le rôle qu’il croit être le sien auprès de son mentor, puisqu’apparemment, c’est un sachant. Essy Amara est un père qui ne saurait le rejeter.

Pour ceux qui ne le sauraient peut-être pas, pour filtrer son entourage, Essy Amara, en homme prévoyant, a entrepris de faire jouer la carte de la sincérité de ceux qui prétendent soutenir sa campagne alors que certains parmi eux étaient là juste pour le « blé, le zôtô », c’est-à-dire les espèces sonnantes et trébuchantes. Frédérik peut se rassurer. Le président Essy Amara, son mentor, n’est pas aussi naïf.

A malin-malin et demi. L’ancien dirigeant de l’ONU, percevant de très loin la supercherie, a verrouillé tous les robinets financiers (donnant l’apparence d’un indigent à l’image de Laurent Gbagbo), juste le temps d’éprouver la fiabilité, la sincérité et l’endurance de chaque membre autoproclamé de son staff.

La tactique s’avère payante. Tandis que les « mange-mille » prennent la tangente, les sympathisants les plus convaincus et les plus sincères pour la cause d’Essy Amara dans sa mission de réconciliation de nationale, se multiplient en faisant un travail de maillage du territoire national sans trompette et sans bruit.

Quand certains s’inquiètent de la non investiture d’Essy Amara, j’ai envie de leur poser la question de savoir s’il est sensé de se chausser les crampons lorsque le terrain du match de football est indisponible ?

Quand enfin, d’autres encore s’interrogent sur les raisons qui retardent le dépôt de candidature d’Essy Amara, Banny, KKB, Affi …, mon avis est différent. La raison pourrait se trouver peut-être dans la légitimité ou non de l’arbitre du match : la CEI.

Personne n’est naïf : derrière la CEI se trouve callée une machine à tuer dont la mauvaise réputation équivaut à 3000 morts. C’est de cela qu’il s’agit, et non de dire que la CEI favorisera tel et désavantagera tel. Cette dernière préoccupation quoiqu’importante, demeure mineure par rapport au manque de légitimité de cette commission.

Certains avec un raisonnement simpliste imputaient la responsabilité uniquement à monsieur Damana Pikass Adia, comme si ce personnage n’était pas lui aussi membre de cette machine odieuse et mortifère : la CEI.

La responsabilité étant collégiale, la CEI + le Conseil Constitutionnel ont fauché la vie à au moins 3000 citoyens (ivoiriens + étrangers) sans que l’on ne sache qui a arrêté la comptabilité à 3000 et non à 20 000 morts au regard de l’ampleur de la folie meurtrière qui s’est emparée du pays?

La spéculation est convenable pour les calculs de probabilité, c’est-à-dire, l’inconnu.

Or, ici il ne s’agit plus de résoudre une équation à plusieurs inconnues. Le résultat est connu d’avance, en ce sens que la mort à gogo est assurée au bout du processus en cours. Une machine mortifère n’a pour seule finalité qu’un résultat mortuaire. Le seul inconnu, c’est le nombre de morts et leur identité exacte. Le dire, ce n’est pas défier le président de la république ni soutenir tel ou tel candidat. C’est une matière qui engage chaque citoyen de façon individuelle indépendamment de son appartenance politique.

Blaguons-nous et courrons tout droit à la mort en organisant une élection mal préparée et dans la discorde actuelle. Le président de la république est bien dans son rôle, celui du respect de l’échéance constitutionnelle, qui veut qu’en octobre 2015, il y’ai élection. Il insiste sur la date du 25 octobre 2015, pour prouver sa bonne foi.

Mais, en définitive, il appartient au peuple souverain de Côte d’Ivoire de prendre acte de sa bonne foi, et attirer son attention sur le danger réel !

Pour rappel, depuis 1990 à ce jour, l’élection présidentielle n’a cessé de causer la mort. Cette année, il s’est ajouté des circonstances plus aggravantes liées au « commando invisible » qui a décidé d’être désormais plus nuisible sous l’appellation de microbes. Ils ont investi tous les quartiers d’Abidjan et tuent (sans cause) sans distinction de religion ni de parti politique, et ce, en temps de paix. Qu’en sera-t-il demain lorsque des contestations des résultats électoraux s’y mêleront ?

Et comme, personnellement, je ne suis ni djihadiste ni partisan de Boko Harem pour être candidat à la mort anticipée, je choisis la vie non seulement pour moi, ma famille, mais tous ceux que j’aime y compris le Président de la République.

Le report de la présidentielle d’octobre 2015, apparait plus précautionneux. Que cela implique une transition civile, cela va de soi.

Il n’y a pas à se faire peur, et rien ne dit que la transition ne serait pas conduite par le président de la république…

Aucune option démocratique à l’issue d’une franche discussion n’est à écarter, pourvu qu’elle ne soit pas le fruit de manœuvres de déstabilisation ou d’un passage en force.

L’espoir demeure. Balle à terre, et que tous les états-majors des candidats déclarés se dégonflent et privilégient le dialogue politique.

Pour le salut sincère de cette Nation et la garantie d’une vie politique apaisée en Côte d’Ivoire,
Je voudrais poliment faire revivre Galilée en disant : « Et pourtant elle tourne ! », juste pour dire que la Terre tourne autour du soleil, une évidence difficile à admettre à l’époque de ce savant !

Seuls ceux qui pourront trouver les mots justes pour faire admettre l’évidence de la nécessaire décrispation politique à travers une période de transition civile en Côte d’Ivoire, sont ceux qui aiment le plus le président Alassane Ouattara et non l’inverse.

Par le passé et plus près de nous, le Président Laurent Gbagbo a dansé au son d’une mélodie qui apparaissait très agréable en 2010 et février 2011. « Il n’y a rien en face. C’est maïs ». « C’est comment-comment, Gbagbo est président ». A l’époque, ce refrain était sur toutes les lèvres de tout le cercle LMP y compris M. Laurent Dona Fologo ».

A peine le renversement de situation intervenu en avril 2011, que les auteurs de ces hymnes berceuses modifient la mélodie en l’adaptant au nouveau contexte. Ces mêmes auteurs- compositeurs n’ont pas hésité un seul instant à faire le tour de la Côte-d’Ivoire avec la nouvelle mélodie.

Parce qu’hier doit éclairer demain, Monsieur le Président de la République, nous prenons acte de votre bonne foi, et formulons en retour, le vœu pour une réappréciation du contexte actuel, en conséquence de ce qui précède.

Faute pour le Burundi d’avoir anticipé une solution consensuelle, les africains que nous sommes assistons impuissants à l’accélération des événements vers le précipice irréversible de ce pays.
Ce numéro 2 du président burundais effroyablement assassiné n’était pas plus coupable de ce qui l’a soudainement fauché que ses citoyens pour le moment vivants.
Le défenseur des droits de l’homme qui a été visé à la mâchoire par un « commando invisible » n’était pas plus comptable du chao actuel au Burundi que les partis politiques.
En Côte d’Ivoire, cela nous rappelle également cette image horrible de la mâchoire de l’ancien ministre de l’intérieur dont je tais le nom pour ne pas raviver les douleurs.

Bien que ces trois victimes électorales prises dans deux pays différents, aucunes de ces personnalités ne s’attendait à la mort. Et pourtant, elles ont été empotées à la seule différence que le défenseur des droits de l’homme lutte contre la mort.

Vu la volatilité de l’environnement pré-post électoral, personne n’est à l’abri de l’effet boomerang.
Le report de l’élection consensuellement décidé par les parties prenantes n’est pas un non-sens, mais la sauvegarde du droit le plus fondamental : LE DROIT A LA VIE.

Dapa Donacien
Chroniqueur Indépendant
dapadoncien@yahoo.fr

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