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La vérité qu’on cache aux Ivoiriens à propos de la candidature de Gbagbo à la présidence du Fpi

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Prétendue candidature de Gbagbo à la présidence du Fpi: La vérité qu’on veut cacher aux Ivoiriens
Le débat fait rage en ce moment à l’intérieur du Front populaire ivoirien (Fpi). Et ce, depuis qu’un confrère a annoncé que le comité de contrôle du parti à la rose a publié la liste des candidats retenus pour la présidence du Fpi à l’occasion du congrès de décembre prochain. A la vérité, c’était une opération de communication comme les adversaires du président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, nous y ont habitués depuis le début de leur entreprise visant à prendre la tête du parti par procuration.
En effet, même le communiqué contesté du président par intérim de l’organe de contrôle du Fpi, le magistrat à la retraite Vy Paul, annonçait clairement qu’il s’agissait de la liste provisoire qui devait être analysée avant la publication ultérieure de la liste définitive. Mais pour les besoins de la cause, cette liste provisoire est devenue, chez certains de nos confrères, une liste définitive. Mais qu’à cela ne tienne, là n’est pas le plus important.
Parce qu’à vrai dire, conscients des difficultés réelles qu’ils auront à faire valider la proposition de candidature du président Laurent Gbagbo émanant de quatre fédéraux, les adversaires d’Affi N’Guessan ont décidé d’instrumentaliser le Comité de contrôle pour arriver à leur fin, en violation flagrante des conditions de candidature édictées par le bureau du congrès, dirigé par le Professeur Sébastien Dano Djédjé, ex-ministre de la Réconciliation nationale. D’où, l’opération de communication de ces derniers jours pour tenter de masquer les nombreuses faiblesses de leur dossier.
De quoi s’agit-il ? Le vendredi 31 octobre dernier, le lendemain de la publication par le président du bureau du congrès, des éléments constitutifs du dossier de candidature à la présidence du Fpi, quatre fédéraux accompagnés de Michel Gbagbo, le fils aîné du président Laurent Gbagbo, se sont rendus à l’ex- quartier général de campagne de celui-ci, qui sert de siège provisoire au Fpi, pour déposer son dossier de candidature. Un dossier qui devait comprendre, si l’on s’en tient au communiqué du bureau du congrès, une demande manuscrite de candidature, la photocopie de la carte nationale d’identité ou l’original de l’attestation d’identité, deux photos de même tirage, la carte de militant de l’année 2014, l’attestation de régularité de cotisation depuis 2012 délivrée par le secrétariat national chargée des finances et du patrimoine (SNAFIP), l’attestation d’appartenance à une fédération délivrée par le secrétaire fédéral, l’attestation d’appartenance à un organe central délivré par l’organe concerné et le reçu du droit de candidature d’un montant de 100.000 francs cfa délivré par le SNAFIP.
Selon des sources crédibles, sur l’ensemble des pièces déposées par l’équipe des quatre fédéraux et leur accompagnateur du jour, deux posent sérieusement problème. Et un document manque à l’appel. Il s’agit de la demande manuscrite qui a valeur d’acte de candidature, la carte d’identité remise au Comité de contrôle et de l’attestation d’appartenance à un organe de direction qui manquerait à l’appel.
Concernant le premier document, des sources proches du dossier affirment qu’en lieu et place d’une demande manuscrite rédigée par le président Gbagbo qui montrerait qu’il accepte la proposition des fédéraux et fait donc acte de candidature, c’est une demande signée en P.O par le fédéral Soro Kéléfohoua. Or, pour de nombreux observateurs, si les textes du Fpi permettent qu’un groupe de militants proposent un autre à un poste électif, notamment à la présidence du parti, cette proposition doit être acceptée par le concerné qui, alors, fait acte de candidature. Pour eux donc, le fédéral Soro ne peut pas faire acte de candidature en lieu et place du président Gbagbo. Sa proposition dans ce sens n’est donc qu’une proposition qui, en l’absence de l’acte formel de candidature du principal concerné, ne peut prospérer.
S’agissant du deuxième document, il est établi que la carte d’identité dont la photocopie a été remise au Comité de contrôle n’est plus valable depuis 2006. Il s’agit, en effet, d’une carte d’identité verte établie en 1996 et dont la validité arrivait à expiration en 2006, conformément à la législation ivoirienne, et tel que mentionné expressément sur ledit document. La question que tout le monde se pose alors est de savoir si l’on peut accepter dans des dossiers aussi importants un document administratif périmé. A côté de cette question de droit pur, sur le même document, il y a une autre anomalie qui entache sa crédibilité. En effet, sur cette carte d’identité, la date de naissance du président Laurent Gbagbo n’est pas celle que tout le monde connait. Il y est notamment écrit qu’il est né le 1er janvier 1945. Or, de notoriété publique, le président Gbagbo est né le 31 mai 1945. Une anomalie confirmée par le président du Comité de contrôle lui-même au téléphone à un militant, quelques jours après le dépôt du dossier. « J’attends qu’ils m’apportent la preuve que le président Gbagbo est né le 1er janvier 1945 », avait confié le président Vy Paul à son interlocuteur.
S’agissant du dernier document, les mêmes sources expliquent que les initiateurs de l’appel de Mama n’ont même pas pris la peine de demander au président du FPI de délivrer une attestation d’appartenance à un organe de direction pour le compte du président Gbagbo. Ce dernier ayant été, secrétaire général puis président du parti, il appartenait, en effet, au secrétariat général de délivrer un tel document. Ce qui vraisemblablement n’a pas été fait.
Au regard de toutes ces anomalies, la question qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres est de savoir si le Comité de contrôle et le bureau du congrès peuvent, malgré tout, valider un dossier visiblement irrégulier sans gravement mettre en cause leur crédibilité et leur probité ? A cette question, les plus fanatiques partisans de l’appel de Mama répondent sans sourciller que « Gbagbo n’a pas besoin de dossier. Parce que le Fpi est sa chose ». « Dans ces conditions, pourquoi ont-ils déposé un dossier ? », leur rétorquent leurs adversaires. Le président Vy Paul, lui-même haut magistrat de son état, et le Comité de contrôle chargé de veiller à la conformité des actes avec les textes du parti vont-ils marcher sur les textes et les conditions édictées par le bureau du congrès pour faire plaisir aux promoteurs de l’appel de Mama ? Le président Laurent Gbagbo à la barre de la Cour pénale internationale (CPI) avait lancé un appel aux Africains pour qu’ils apprennent à respecter les règles qu’ils se donnent. Curieusement, c’est aujourd’hui en son nom que certains cadres du FPI veulent bafouer les leurs. Attendons de voir !
Guillaume T. Gbato

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