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L’actu en dessin : en Tunisie, Kaïs Saïed n’en finit plus d’enterrer la démocratie

La Tunisie de Kaïs Saïed n’en finit plus de sombrer dans l’autoritarisme. En une semaine, une dizaine d’opposants ont été arrêtés, lors d’un coup de filet dénoncé par les ONG. L’ONU, Berlin ainsi que Washington ont exprimé de vives inquiétudes, et appelé Tunis à respecter une justice indépendante. Lors des élections législatives du 29 janvier dernier, seulement un Tunisien sur dix s’est rendu aux urnes, fragilisant un peu plus une démocratie que d’aucuns estiment déjà morte.

Que reste-il de la démocratie en Tunisie, qui vit naître le printemps arabe en 2011 ? Le Front de salut national (FSN), principale coalition de l’opposition en Tunisie a déploré mercredi 15 février le “pourrissement” de la situation politique dans le pays après une série d’arrestations qu’elle a qualifiées de “répressives” dans les milieux politico-médiatiques.

Depuis samedi 18 février, dix personnalités, pour la plupart des opposants appartenant au parti d’inspiration islamiste Ennahdha et ses alliés, mais aussi le directeur d’une grande radio privée et un très influent homme d’affaires ont été arrêtés.

“Très inquiet”
Les États-Unis ont dénoncé mercredi 15 février cette vague d’arrestations d’opposants et appelé les autorités à respecter une justice indépendante. “Très inquiet”, le gouvernement allemand, lui aussi, partageait vendredi 17 février l’appel lancé par le Haut-Commissaire des Nations unies pour le respect des règles de l’État de droit et de l’indépendance de la justice” en Tunisie.

Lors des élections législatives du 29 janvier dernier, seulement un Tunisien sur dix s’est rendu aux urnes. Pour nombre d’observateurs, les citoyens ont ainsi montré leur rejet de la politique autoritaire du président Kaïs Saïed.

Mais, instrumentalisée par le président tunisien, cette abstention fragilise aussi plus encore la légitimité du Parlement, tandis que Kaïs Saïed s’est accordé les pleins pouvoirs en juillet 2021 et a doté le pays d’une nouvelle Constitution. Cette dernière prive notamment le Parlement de son indépendance.

Osama Hajjaj est un dessinateur de presse jordanien. Il travaille pour le quotidien jordanien Alquds. Très connu dans dans l’ensemble du monde arabe, il travaille également avec des sites Internet européens et internationaux tels que CagleCartoons et CartoonMovement. L’artiste illustre ici la mort de la démocratie au pays du Jasmin : sur son trône, seul maître à bord du navire tunisien, le président Saïed concentre l’ensemble des pouvoirs. Et notamment la Justice, ici représentée par une balance, en écho à la vague d’arrestations cette semaine.

Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs engagés à promouvoir, par l’universalité du dessin de presse, la liberté d’expression, les droits de l’Homme et le respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances.

 

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