06032023Headline:

L’Arabie saoudite se voit en médiateur dans la crise soudanaise

En s’engageant dans les opérations d’évacuation d’étrangers et des humanitaires bloqués au Soudan suite à la crise, l’Arabie saoudite entend redorer son image, terni surtout par la guerre du Yémen et par la question des libertés et des droits de l’homme dans le royaume saoudien.

Riyad cherche avant tout à jouer un rôle régional majeur au Soudan, mais cela semble un peu compliqué, car elle n’est pas neutre sur ce dossier. C’est elle qui a fait impliquer dans la guerre du Yémen, Abdel Fattah al-Burhan et Mohammed Hamdane Dogolo dit Hemedti, les deux généraux soudanais en lutte pour le pouvoir. Riyad est aussi en partie responsable de la situation actuelle à Khartoum, car elle a été « très indulgente » selon les civils soudanais, quand ces deux mêmes généraux les ont exclus du pouvoir, mettant en danger le processus politique.

Vers une réunion à Jeddah ?
Toutefois, l’Arabie saoudite ne cesse de promouvoir son rôle en tant que médiateur. Il est évident que Riyad profite de sa bonne relation avec le chef de l’armée d’Abdel Fattah al-Burhan, et le chef des forces de soutien rapide (FSR), Mohammed Hamdane Dogolo dit Hemedti.

Mardi, le général al-Kabachi, le numéro trois de l’armée soudanaise, n’a pas exclu d’envoyer un représentant dans les deux jours à Jeddah au lieu de Juba, suivant l’initiative de l’Igad : « À Jeddah, nous n’allons parler que de la trêve et de couloirs humanitaires », a-t-il annoncé avant de préciser : « nous n’allons pas nous asseoir avec Hemedti ».

De son côté, l’Union africaine a appelé à « éviter les incohérences d’une action dispersée ». « Notre priorité aujourd’hui, a assuré Moussa Faki, le président de la Commission africaine, est de faire respecter et de prolonger le cessez-le-feu » insistant sur la nécessité de « travailler ensemble ».

Qui en veut à l’Arabie Saoudite à Khartoum ?

Mardi matin, le bâtiment du centre culturel saoudien à Khartoum a été attaqué. Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères condamne « vivement » l’incident et appel à « sanctionner les auteurs ». Le centre a été pillé et les équipements endommagés. Le communiqué évoque un « groupe armé », mais ne nomme pas la milice des forces de soutien rapide (FSR) qui ont pillé les centres administratifs, les bâtiments gouvernementaux, les hôpitaux et les dépôts d’aide des Nations-Unis à Khartoum et au Darfour. Le matin du 15 avril, alors que les affrontements ont débuté à Khartoum, un avion civil saoudien a été visé sur le tarmac alors qu’il s’apprêtait à décoller. L’appareil, un Airbus, a brûlé et l’équipe et les voyageurs sont sorti indemne. Là aussi, c’était lors de l’attaque des forces de soutien rapide de l’aéroport de Khartoum.

Mais qui a intérêt à viser symboliquement l’Arabie Saoudite au Soudan ? Si la question se pose, plusieurs observateurs considèrent que ces incidents sont visiblement voulus. Riyad ambitionne de jouer un rôle majeur dans cette crise, tout comme son allié Abou Dhabi qui ambitionne également d’étendre son influence au Soudan et de devenir une force régionale. De son côté, Abou Dhabi financent et arment Mohammed Hamdane Dogolo, dit Hemedti, le chef de cette force paramilitaire qui est en train de mener un coup d’État contre l’armée.

 

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