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Laurent Gbagbo pourait être liberé pour les funérailles de sa mère. Les raisons

gbagbo et sa mere

Après le décès de la mère de Laurent Gbagbo, une interrogation scintille dans les esprits des ivoiriens. L’ex-Chef d’Etat ivoirien, en détention à la Cour pénal internationale, viendra-t-il en Côte d’Ivoire pour assister aux funérailles de sa mère ? Le spécialiste en questions politiques vous fait une analyse.

En détention à la Cour pénale internationale depuis 2011, l’ex-président ivoirien vient de perdre sa mère Gadô Marguerite, ce mercredi 15 octobre 2014.
On les savait très proches l’un de l’autre. Pendant la crise post-électorale, maman Gbagbo s’est réfugié au Ghana voisin où elle a passé plus de 3 ans d’exil, avec sa fille Koudou Jeannette. Agée de 94 ans, Marguerite Gadô, mère de M. Gbagbo est rentrée dimanche 12 octobre 2014, par la route du Ghana voisin puis, toujours par le route, se rendait à son village Blouzon lorsqu’elle a rendue l’âme.
En attente de son procès devant les juges de la CPI, Laurent Gbagbo vit le deuil depuis sa cellule.
Jurisprudence Jean-Pierre Bemba :

On se rappelle que la chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) avait donné la possibilité, à deux reprises, à Jean-Pierre Bemba de sortir de sa cellule de la prison de Scheveningen.
En juillet 2009, Les juges de la CPI l’avaient autorisé à se rendre à l’enterrement de son père, Jeannot Bemba.
Le 10 janvier 2011, les juges de la CPI lui ont encore donné la possibilité de se rendre aux funérailles de sa belle-mère.

La jurisprudence désigne l’ensemble des décisions de justice relatives à une question juridique donnée. Il s’agit donc de décisions précédemment rendues, qui illustrent comment un problème juridique a été résolu. La jurisprudence est une source importante du droit, et elle lie les juges dans l’avenir.

Dans leur requête du 3 janvier, les avocats de Jean-Pierre Bemba avaient estimé qu’« en tant que chef de famille, et selon les traditions africaines, Monsieur Bemba a le devoir moral d’être présent aux funérailles de sa belle-mère ».
De son côté, le procureur avait demandé aux juges de rejeter la demande, arguant que l’accusé avait eu, depuis le démarrage du procès, la possibilité « d’identifier les témoins du procureur », car même si certains témoins bénéficient de mesures de protection, leurs noms sont transmis à la défense et aux accusés en procès devant la Cour.
Les juges ont finalement accepté la requête en autorisant l’accusé à quitter sa cellule pour la seule journée du 10 janvier, pour « circonstances exceptionnelles », alors que la défense réclamait quatre jours de libération.
En l’espèce, la « circonstance exceptionnelle » évoquée par la cour dans le cas de Jean Pierre-Bemba sera la clé invoquée par la défense de Gbagbo pour signifier sa requête.
Au vu des précédentes décisions données par les juges de la CPI, Gbagbo Pourra-t-il bénéficier de la jurisprudence ?

Particularisme du cas Gbagbo :

Il faut rappeler que la requête du sénateur congolais a été acceptée car les obsèques se déroulaient en Belgique et non en République Démocratique du Congo. Dans le cas Gbagbo Laurent, il est clair que ses avocats poseront éventuellement la même requête de celle de Jean-Pierre Bemba. En Afrique, le devoir d’assister aux funérailles de sa mère est une obligation morale impérative que nul ne peut s’en désobstruer.
Quant au bureau du procureur, il pourrait évoquer la fragilité du contexte politique de la Côte d’Ivoire, et plus précisément l’impact négatif du déplacement de Laurent Gbagbo dans son pays.
Les juges de la Cour Pénal internationale entendront cela de la même oreille ? Les semaines à venir nous le dirons…

Laurent Gbagbo, 69 ans, est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences dans le but de conserver, en vain, le pouvoir à l’issue de la présidentielle de novembre 2010. Plus de 3.000 personnes avaient été tuées en cinq mois de violences.

Imatin.net

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