07262017Headline:

Le discours de Soro Guillaume auquel il ne croit vraiment un mot

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 Guillaume Soro a prononcé le discours que la bienséance politicienne attendait de lui. Il a dit du bien de la Constitution qui le dépouille de son statut stratégique de dauphin constitutionnel. Pouvait-il croire vraiment ce qu’il a dit dans le discours ci-dessous ?

Mes chers Collègues,

Qu’est-ce que le temps passe vite !

Ainsi donc, nous voici à la fin de notre mandat de Député de la Nation, nous voici déjà à quelques jours de notre mise en chômage collectif !

M. le Président, vous pouvez imaginer notre peine !

Et pourtant, comme vous pouvez le constater, loin de s’apitoyer sur leur sort, les Députés arborent ce matin, avec leurs apparats, un sourire éclatant et font preuve d’un optimisme débordant.

S’ils ont ainsi le cœur joyeux, c’est que cinq années durant, ils ont bien travaillé, bien accompli leur mission, le cœur toujours à l’ouvrage.

S’ils sont encore plus joyeux, c’est qu’ils sont heureux de recevoir, pour la première fois dans cette enceinte, et au même moment, deux illustres personnalités, à savoir : le Premier Magistrat en exercice de notre pays, le Président de la République Son Excellence Alassane OUATTARA , et le Président Henri KONAN BEDIE  (Dont il faut se souvenir qu’il m’a largement précédé au perchoir que j’occupe aujourd’hui).

Les députés se sentent honorés de cette marque de considération qui rehausse et renforce le prestige de leur Institution.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Je me dispenserai aujourd’hui de dresser un portrait de vous, car le Peuple vous connait et il vous connaît  très bien. Par deux fois, il vous a élu et largement élu et, vous incarnez au plus haut point la légitimité que peut seule conférer l’onction populaire : Monsieur le Président, assurément, la voix du peuple ne trompe pas, la voix du peuple ne se trompe pas !

Il y a des hommes qui sont portés par l’histoire. Mais il y a aussi, et c’est bien plus rare, de grands hommes qui font l’histoire : indéniablement, vous en faites partie, c’est pourquoi, irrésistiblement, votre présence me rappelle celle de Félix HOUPHOUET-BOIGNY qui prononça ici même, le 7 août 1960, ces paroles fondatrices restées historiquement gravées dans nos annales, et je cite :

« Voici arrivée pour toi, ô mon pays bien aimé, l’heure tant attendue où ton destin t’appartient.

Et d’ajouter,

« En vertu des droits inaliénables qu’a tout peuple de disposer de lui-même, et en ce jour béni du 7 août 1960, je proclame solennellement l’indépendance de la Côte d’Ivoire ! ». Fin de citation.

Monsieur le Président, vous le troisième Président à vous adresser aux ivoiriens du haut de cette tribune de la maison du Peuple, après le Président Félix Houphouët-Boigny, le 7 août 1960 et le 25 novembre 1965 et le Président Henri KONAN BEDIE, le 22 décembre 1999.

Mes chers Collègues,

Si j’ai fait ce rappel, c’est à la fois pour montrer et démontrer qu’il existe une affinité spirituelle et une continuité historique entre Félix Houphouët-Boigny, le Président fondateur et Alassane Ouattara, le Président réformateur, comme pour souligner que, dans les moments cruciaux qui engagent l’avenir de la Nation, c’est la tribune de notre Assemblée qui est choisie, comme lieu de prédilection, pour s’adresser solennellement au peuple !

Que vous ayez choisi cette tribune, Excellence Monsieur le Président, témoigne du fait que vous avez la conviction que notre Institution est en capacité d’accomplir précisément sa mission et d’assumer pleinement ses responsabilités, quand notre pays est confronté à des enjeux majeurs qui engagent l’avenir de la nation.

Chers Collègues Députés,

Le Président nous parlera immanquablement du projet de la nouvelle Constitution de la troisième République à venir et il en parlera comme il a coutume de le faire, avec sérénité, clarté, limpidité et détermination. En effet, les dispositions des Accords de Marcoussis et leur adoubement par la Résolution 1464 des Nations Unies  l’y engagent et l’actuelle Constitution l’y autorise.

Monsieur le Président,

Au nom des Députés comme en mon propre nom, j’exprime ici avec force que, nous aussi, nous vous apportons notre soutien le plus ferme, pour conduire à son terme cette réforme si importante pour l’avenir de notre pays : le temps est venu de faire preuve d’une audace dans les réformes et de laisser derrière soi les hésitations et autres procrastinations, qui sont autant de freins à notre évolution !

Un mot encore, si vous me le permettez  et j’en aurai fini : je vous invite à regarder cette image qui se trouve derrière nous : elle représente un majestueux éléphant, la trompe dressée et qui barrit.

Monsieur le Président de la République,

Comme cet éléphant, quand vous aurez parlé à la Nation toute entière, tout le monde vous entendra. Et, Je suis persuadé que mêmes les plus récalcitrants vous entendront, vous comprendront et adhéreront !

Mes Chers Collègues,

Je ne souhaite pas différer plus longtemps ce moment exceptionnel que vous attendez tous.

Mais avant, il ne me reste, dans la circonstance actuelle, qu’à prononcer la formule sacramentale de l’ouverture de la session et d’inviter Monsieur le Président de la République pour son intervention.

Ainsi, Excellence, Mesdames et Messieurs, conformément aux dispositions de l’article 62 alinéa 3 de la Constitution et de l’article 2 alinéa 6 et 7 du Règlement de l’Assemblée nationale, je déclare ouverte la Deuxième Session Ordinaire de l’année 2016.

(COUP DE MAILLET)

A présent, très respectueusement, qu’il plaise à Monsieur le Président de la République de prendre la parole !

Je vous remercie.

Guillaume Kigbafori SORO

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