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Le roi Amon Tanoé, a passé un mauvais quart d’heure dans l’après-midi du dimanche 21 octobre 2018; Mis en situation de s’expliquer il fait le grand déballage…

Le roi des N’zima Kôtôkô, nanan Awoula Amon Tanoé, a passé un mauvais quart d’heure dans l’après-midi du dimanche 21 octobre 2018. Mis en situation de s’expliquer sur les remous qui agitent Grand-Bassam au lendemain des élections municipales, il s’est résolu à faire le grand déballage sur les tractations ayant précédé la tenue du scrutin du samedi 13 octobre 2018.

C’est que le palais royal a été pris d’assaut par des populations décidées à l’entendre sur son rôle dans cette affaire. C’est donc un roi pratiquement mis dans un fauteuil blanc qui a dû se vider en balançant certains secrets ayant entouré le choix du candidat Jean-Louis Moulot, déclaré élu par la Commission électorale indépendante( Cei).

Tout serait parti du coup d’envoi manqué de l’Abissa, prévu pour hier, dimanche. Mécontents, des résidents et des chefs coutumiers se sont déportés chez le roi Tanoé pour qu’il s’explique sur ce départ raté de l’Abissa, qui serait lié à la crise post-électorale qui agite Grand-Bassam depuis que le maire sortant, George Philippe Ezaley a été déclaré perdant. C’est alors que, sous les huées d’une foule en colère, le roi a dû faire la lumière sur ce litige électoral qui n’en finit pas de diviser les populations de la cité balnéaire.

Il est ainsi revenu sur les circonstances dans lesquelles le directeur de cabinet adjoint d’Alassane Ouattara, Jean-Louis Moulot s’est retrouvé candidat du Rassemblement des républicains pour la démocratie et la paix( Rhdp). Au dire du roi Tanoé, il a reçu une délégation du Rhdp, mandatée par le vice-président Daniel Kablan Duncan, venue lui présenter le candidat désigné du Rhdp aux municipales, Jean-Louis Moulot. Et le roi de rapporter les échanges qu’il a eus avec l’émissaire de Duncan: ” C’est à ce moment-là qu’il va me dire ceci: le président de la République, président du Rhdp nous a donné des instructions en disant ceci: tous les candidats retenus comme candidats du Rhdp, il faut qu’ils puissent être élus”. Puis de lui faire le point des tractations ayant conduit à la désignation de Moulot.

Il a indiqué que les responsables du Rhdp ont d’abord approché le maire Ezaley. ” Duncan a envoyé Porquet vers Ezaley pour lui dire qu’il a reçu des instructions pour qu’il soit tête de liste du Rhdp aux municipales à Grand-Bassam”, a soutenu nanan Tanoé. Poursuivant, il a indiqué que le maire a décliné la proposition des émissaires du Rhdp après leur avoir dit qu’il s’en ouvrirait d’abord au président de son parti, Henri Konan Bédié. Suite au refus d’Ezaley de conduire la liste Rhdp à Grand-Bassam, ils ont fait le tour de plusieurs personnalités qui ont refusé en invoquant chacune des raisons qui leur sont propres. Au nombre de celles-ci, Jean-Louis Moulot. Celui-ci, a a expliqué le roi, a décliné l’offre en avançant qu’il ne pouvait l’accepter étant 1er vice-président du conseil régional, dirigé par Aka Aouélé. Mais, face au refus de bien d’autres personnalités approchées, le responsable du Rhdp à Grand-Bassam a renvoyé la balle dans le camp de Moulot. A ce sujet, voici ce qu’a déclaré le roi Tanoé: “Et lui de leur dire; “Allez dire à Moulot: il veut, il ne veut pas, il sera la tête de liste du Rhdp. C’est un ordre”. Et nanan Tanoé de conclure: ” Voici donc comment Moulot s’est retrouvé candidat à Grand-Bassam”.

Mais le roi des N’zima soutient avoir pris sur lui d’en toucher un mot aux autres chefs de Grand-Bassam, malgré les avis contraires de certains, qui estimaient que cela n’était pas nécessaire, vu que c’était une affaire limitée à Grand-Bassam. ” Je leur ai dit: Pour ce que je sais, ce que je vois et pour ce que je comprends, ce n’est plus un problème seulement de Grand-Bassam. Il faut donc que j’appelle les autres chefs de Bassam pour leur expliquer. C’est ainsi que j’ai appelé les chefs et ils sont venus”, a-t-il fait savoir. Puis le roi de laisser sous-entendre que les circonstances de la désignation de Moulot lui faisaientt subodorer que quelque chose se préparait. Pour mieux traduire cela, il est revenu sur les circonstances dans lesquelles Duncan lui-même avait été désigné pour être candidat aux dernières législatives à Bassam. “Je l’affirme: Duncan ne voulait pas être candidat aux législatives à Grand-Bassam. C’est le président de la République qui l’a obligé à être candidat”, a-t-il lâché. Et d’en déduire: “Donc, quand j’ai su que Duncan devait être candidat (aux législatives, ndlr)ici et qu’il ne voulait pas, et que le président de la République l’a forcé, j’ai compris…”.

C’est alors qu’il s’est revêtu de son costume de diplomate. Il a, en effet, indiqué qu’en tant que diplomate de formation, il sait lire au-delà de l’évidence. “Tout ce que le président de la République dit, en tant que diplomate, vous devez le comprendre en profondeur. Même si le président de la République ne parle pas et qu’il vous regarde simplement, ce qu’il veut dire, ce qu’il ne veut pas dire, en vous regardant, vous ambassadeur, vous devez le savoir”, a-t-il lancé, comme pour dire qu’il avait su lire les enjeux cachés qui entouraient les élections à Grand-Bassam.

Joint par téléphone dans la soirée, pour réagir aux troublantes révélations du roi des N’zima Kôtôkô sur les municipales à Grand-Bassam, le porte-parole du Rhdp n’a pas décroché notre appel ni répondu au message que nous lui avons laissé.

Assane NIADA

linfodrome.com

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