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CPI/Le témoin Metche Metchro Moise Harold Fabrice a aidé Blé Goudé à fuir la Côte d’Ivoire

goude

Le témoin évoque les « écarts de conduite » à la fin de la crise postélectorale

L’accusation a posé ses dernières questions à Metche Metchro Moise Harold Fabrice ce vendredi 21 octobre à la Cour pénale internationale (CPI). L’ancien numéro deux du Groupement des patriotes pour la paix (GPP) a été longuement interrogé sur la fin de la période de la crise post-électorale.

Par Camille Dubruelh

C’est sur une décision du commandant Kipré que le témoin aurait été détaché au palais présidentiel au mois de mars 2011, parmi une soixantaine d’éléments du GPP. Leur mission : appuyer les Forces de défense et de sécurité dans leurs opérations. À cette époque, des combats ont notamment été engagés pour la reprise de l’État-major, tombé aux mains des rebelles. Une opération « réussie » a expliqué le témoin, qui y a lui-même participé. Suite à cette mission, les membres du GPP ont d’ailleurs reçu félicitations et « récompense », dont la promesse d’intégrer la Garde présidentielle.

Des allégations qui contrarie Laurent Gbagbo

Et ce n’est pas la seule fois où les membres du groupe paramilitaire ont été félicités en plus haut lieu pour leur engagement au combat. Alors qu’il se rendait à la résidence présidentielle de Cocody pour rencontrer ses éléments le 2 avril 2011, Metche Metchro Moise Harold Fabrice a ainsi la grande surprise de voir arriver Laurent Gbagbo. « Il est venu nous dire qu’il était fier des jeunes Ivoiriens » raconte le témoin. Lors de cette adresse, l’ancien président aurait également expliqué avoir « gagné la guerre », puisque son plus grand combat était « de prouver au monde que, depuis 2002, la déstabilisation (de la Côte d’Ivoire) était orchestrée par la France ».

Ce discours, qui a soulevé « l’émotion » parmi les personnes présentes, s’est tenu dans « le salon jaune » de la résidence présidentielle, assure le témoin. Mais dans la salle d’audience, ce détail semble provoquer l’étonnement de Laurent Gbagbo qui hoche la tête en signe de négation. Le témoin assure en tout cas que plusieurs personnalités étaient présentes ce jour-là, hommes politiques ou encore « combattants libériens », dont certains qu’il avait connu au début des années plus tôt en mission à Guiglo, tel « Junior Gbagbo ».

 

Le témoin aide Blé Goudé à fuir la Côte d’Ivoire

Au total, une centaine de ces « combattants habitués à la guerre » étaient arrivés à Abidjan dès le mois de janvier, assure l’ancien numéro deux du GPP, qui raconte même les circonstances de leur venue. La Garde républicaine serait partie les récupérer à la frontière ghanéenne : « Charles Blé Goudé avait remis de l’argent pour qu’ils quittent le camp de réfugiés au Ghana », affirme le témoin, expliquant qu’il tenait ces informations de l’adjudant chargé de cette mission.

Les ultimes questions de l’accusation ont finalement porté sur les derniers jours de la crise post-électorale et notamment la fuite de l’ancien ministre de la Jeunesse. Le témoin assure l’avoir « escorté » jusqu’à la résidence M’Maya, le 12 avril, avant qu’il ne rejoigne Moossou puis le Ghana. Ce même jour, lendemain de l’arrestation de Laurent Gbagbo, Metche Metchro Moise Harold Fabrice quitte de son côté le palais présidentiel pour se rendre à la base naval de Locodjro, où il restera jusqu’au 17.

Les Dioula, la cible du GPP et des combattants libériens, selon le témoin

Pendant cette dernière semaine, « nous menions des combats », atteste le témoin. L’objectif était notamment de tenir la commune de Youpougon. Interrogé sur les exactions commises à cette période, le témoin a rapporté que des individus, des civils issus de la population Dioula ou proches du RHDP, étaient fréquemment « abattus », soit par les populations elles-mêmes, soient par des éléments du GPP ou encore par les combattants libériens.

Ces derniers, qui ne parlaient que très peu le français, procédaient ainsi à des arrestations arbitraires, demandant à ceux qu’ils croisaient : « Gbagbo ou maison ? », faisant référence au sigle du RHDP. Si les personnes, n’ayant pas compris le sens de la question, répondaient « maison », « ils tiraient sur lui » affirme le témoin. Et de conclure : « à cette époque on ne pouvait pas contrôler les écarts de conduite ».

/ivoirejustice

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