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L’école est perturbée à Abengourou/Sureffectif, panne d’électricité: Les élèves du Lycée moderne ont débrayé à nouveau

L’école est perturbée à Abengourou, chef-lieu de la région de l’Indénié-Djaublin.

Les élèves du Lycée moderne d’Abengourou ont à nouveau exprimé leur mécontentement le 20 octobre, dès 7h 30 minutes, à l’ouverture des salles de classe. A travers des coups de sifflets, ils ont donné le top départ d’un arrêt de cours. Et ce, après un premier arrêt de cours de plus d’une semaine qu’ils ont observé au début du mois.

A l’origine de ce mécontentement des élèves, l’insuffisance de tables-bancs dans certaines salles, le manque de professeur pour certaines classes et le manque d’électricité dans les pavillons B et D de l’établissement, depuis le 20 mai 2017.

Sortis des classes, les élèves du Lycée se sont rendus au Collège moderne de la ville ; munis de gourdins et des pierres, ils ont vidé les classes de cet autre établissement. Au niveau des établissements du secondaire public, seul, le Lycée départemental Roi Bonzou II a été épargné par ce mécontentement des élèves du Lycée moderne.

Le Lycée moderne d’Abengourou, est surpeuplé. En effet, pour la rentrée scolaire 2017-2018, on y dénombre 95 classes pour 68 salles de classes. Celles dont la capacité est de 35 tables-bancs en reçoivent plus, selon l’effectif. Pour l’année scolaire 2016-2017, l’établissement comptait 6288 élèves contre 7467 cette année. Soit un effectif de 1179 élèves en plus.

Dans certaines classes où il y a plus de 45 tables-bancs, les élèves s’asseyent à trois par tables-bancs. Pendant les cours, il est même impossible pour les professeurs de circuler dans les allées.

Le Proviseur du Lycée, M. Lébé Babo Jean-Claude qui, depuis le premier mouvement, essaie de sensibiliser les élèves, à renoncer à la grève, reconnaît que ces problèmes sont réels. « Si vous êtes obligés de mettre 95 classes dans 68 salles de classe, il y a forcément problème », dit-il. « En 6e, l’effectif le plus bas est de 98 élèves », précise-t-il, en outre. « Avec ces effectifs, il ne faut pas s’attendre à grande chose, en termes de résultats », prévient le premier responsable de l’établissement. Qui ajoute que l’établissement manque de plus de dix professeurs.

400 tables-bancs en renfort

Le mercredi, après-midi, à notre passage au Lycée moderne, des équipes s’attelaient à monter 300 tables-bancs que le Ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement technique a alloué au Lycée moderne, pour tenter de résoudre le problème.

A cela, s’ajoute, cent autres que le Centre d’animation et de formation pédagogique (Cafop) d’Abengourou a prêtés aux responsables du Lycée. Ce qui fait un total de 400 tables-bancs. Cela suffira-t-il pour régler définitivement le problème ?

En ce qui concerne la panne d’électricité qui remonte au mois de mai 2017, les responsables du Lycée attendent que le Ministère donne son feu vert pour que les travaux démarrent. Quatre devis différents ont été élaboré à cet effet, à la tutelle. Avec la panne d’électricité, les cours sont quasi impossibles dans les salles de classe des pavillons concernés de 7 h à 8 h, puis de 17 h à 18 h. « Il est impossible de faire cours parce que les classes sont sombres, à ces heures », fait savoir le Proviseur. Qui essaie de convaincre les élèves afin qu’ils prennent leur mal en patience. Mais pour combien de temps ?

Des élèves du Lycée moderne, rencontrés dans les rues, soutiennent que les problèmes doivent être définitivement réglés « pour donner la même chance, aux enfants d’un même établissement ». Pour eux, « le Lycée moderne d’Abengourou n’aura pas un programme à part.  Les notes seront arrêtées à la même date sur toute l’étendue du territoire. Et les dates des examens seront fixés pour tous les établissements du pays ».

Il faut donc parer au plus pressé.

Jules Claver AKA
Envoyé spécial à Abengourou
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Un problème national !

La question du sureffectif dans les établissements publics est plutôt un problème national. Que ce soit à Abidjan, à Bouaké, ou dans les autres grandes villes du pays, les établissements publics sont surpeuplés. Il n’y a donc pas une volonté délibérée des responsables du Ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement technique, de rendre l’apprentissage difficile pour les enfants de la capitale de l’Indénié-Djuablin. Bien au contraire.

La preuve, le Ministère a déjà convoyé trois cent tables-bancs, au Lycée moderne, en réponse à la préoccupation des élèves et des responsables de l’établissement.

La volonté de faire face aux problèmes est donc là. S’agissant de la panne d’électricité, le Ministère a demandé que des devis soient produits afin de composer avec l’entreprise qui a les meilleures offres. Certes, le temps passe, mais l’administration est lourde, tout le monde le sait.

Les élèves qui ont soif d’apprendre dans des conditions adéquates, doivent s’armer de patience. L’horloge de l’année scolaire est en marche et ne va pas s’arrêter pour Abengourou. Il faut donc accepter de faire avec en attendant une meilleure issue.

J.C.AKA

fratmat.info

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