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Législatives 2016 :Voici Pourquoi Soro négocie le poste de président de l’Assemblée nationale

guillaume Soro est candidat pour le poste de président de l’Assemblée nationale. Député sortant de Ferké commune, au nord de la Côte d’Ivoire, et candidat à sa propre succession, Soro veut rempiler à la tête du Parlement ivoirien, qu’il connaît si bien pour l’avoir dirigé de 2011 à 2016.

«Une fois réélu, j’irai voir mes doyens Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié pour leur montrer que vous m’avez renouvelé votre confiance afin de postuler de nouveau pour le perchoir», lâchait-il, le mardi 12 décembre 2016, dans une conférence de presse animée à Ferké. Soro négocierait sa reconduction qu’il ne s’y prendrait pas autrement. A défaut d’être vice-président, il préfère rester président de l’Assemblée nationale. D’où le lobbying auprès du président de la République, Alassane Ouattara, et son aîné, Henri Konan Bédié pour être maintenu à son poste. En effet, dans la nouvelle Constitution, il est prévu notamment la création d’un Sénat et d’un poste de vice-président. Se sachant écarté d’office de la Vice-présidence de la République (il l’a confessé mardi), l’ex-Premier ministre de Ouattara s’accroche à la Présidence de l’Assemblée nationale. Il sait qu’en politique, rien n’est acquis d’avance. Et il en a eu la preuve lors du choix des candidats pour les postes de députés. En effet, au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), coalition politique dont est issu Soro, des députés sortants n’ont pas été reconduits, quand d’autres se sont vu attribuer des postes de suppléants.

Avec Ouattara et Bédié, il faut être prudent, sait-on jamais ! C’est pourquoi le chef du Parlement sortant affiche ses ambitions pour couper l’herbe sous les pieds de ceux qui ont les mêmes objectifs que lui. Mais, la véritable raison qui motive le natif de Kofiplé à vouloir rester en place réside dans sa volonté de peser dans le jeu politique ivoirien. Étant donné que la nouvelle Constitution affirme la primauté de l’Assemblée nationale sur le Sénat, Guillaume Soro est sûr d’être on ne peut plus puissant à la prochaine législature. De plus, le perchoir du Parlement lui permettra de consolider ses contacts et ses relations, en attendant les grandes batailles en 2020. Car, en politique, le plus difficile, ce n’est pas d’y entrer, mais de s’y maintenir. Mieux, de gravir les échelons jusqu’à l’atteinte de ses objectifs. Soro a gravi les échelons. De chef du plus puissant syndicat estudiantin, la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, ndlr), il a dirigé une rébellion armée, avant d’être ministre, ministre d’État, Premier ministre et finalement président de l’Assemblée nationale. Même s’il élude la question à chaque fois qu’elle lui est posée, l’homme vise le fauteuil présidentiel. Mais, pour y être, il doit être influent dans le jeu politique, et le poste de chef du Parlement lui donne cette étoffe. Ceux qui croyaient donc qu’en transférant le dauphinat constitutionnel de l’Assemblée nationale à un poste de vice-président de la République, on affaiblirait Soro, ont fait un mauvais calcul.

 

Ne pas se faire oublier

Car, le plus difficile pour Soro, c’est moins d’être dauphin constitutionnel que d’exister politiquement. Or, le Parlement lui donne la capacité de ne pas se faire oublier. Par ailleurs, le statut de président de l’Assemblée nationale met son titulaire à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires. Pour preuve, lorsque le président de l’Assemblée nationale a fait l’objet d’un mandat d’amener en France et d’un mandat d’arrêt international du Burkina-Faso, il s’en est tiré à bon compte grâce à ce statut. N’eût été l’immunité dont il jouit, Soro serait aujourd’hui dans de beaux draps. Du haut du perchoir, Guillaume Soro, dont certains rattacheraient le nom à la Cour pénale internationale, n’aurait pas à craindre d’être poursuivi. Tout comme dans l’affaire des ”écoutes téléphoniques au Burkina”, qui est encore loin d’avoir atteint son épilogue.

Outre ces aspects, de par sa position de président de l’Assemblée nationale, avec les honneurs qui y sont rattachés, l’homme a presqu’un pied au Palais présidentiel. Nul n’ignore en effet que le ”jeune Soro” veut être président de la République, après le dernier mandat d’Alassane Ouattara. D’ailleurs, sur la question, il a été mis à l’aise par le chef de l’État lui-même, lors d’une rencontre avec la société civile pendant la campagne référendaire, mercredi 26 octobre 2016 : « J’ai été gêné par un élément dans cette séparation de pouvoirs. A ce niveau, les gens ont commencé à dire que si on fait ça, c’est parce qu’on ne veut pas que Guillaume Soro soit le successeur constitutionnel. Ils disent n’importe quoi. J’ai dit que la Constitution est impersonnelle, vous savez d’ailleurs comment ce jeune frère est totalement engagé en faveur de la nouvelle Constitution. En réalité, vous savez que l’avenir appartient à Dieu et chacun doit se battre pour y arriver. Nul ne doit être exclu, nul ne doit être favorisé ». Les jeux sont donc ouverts entre Soro et tous ceux qui veulent succéder au président de la République. Et dans cette bataille, ceux qui occupent une position privilégiée vont déjà avec la faveur des pronostics. Mais, comme en politique, les vérités d’aujourd’hui peuvent être des mensonges de demain, et il est encore trop tôt pour faire des prédictions.

Y. DOUMBIA

linfodrome

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