09242017Headline:

Les cités Ran dans le viseur des proches du Président Ouattara ;Les raisons

cite ran on veut nos maisons


Abidjan, le 7-6-15 (lepointsur)-Les occupants des cités Ran continuent de se poser des interrogations sur le réel problème quant à leur harcèlement par la direction générale de la Société ivoirienne de gestion de patrimoine ferroviaire, malgré l’arrêt de « discontinuation des poursuites » de la Grosse signée du Secrétaire général de la Chambre, Me Bassy-Koffi Rose.

Après la démolition de la Cité Ran PK6/ Les différents locataires pointent le doigt accusateur sur trois proches du Président Ouattara #CIV

Photo d'archives

Comme si la Côte d’Ivoire n’avait pas encore retrouvé la quiétude avec la mise en place et le fonctionnement de toutes les institutions, des personnalités tapies dans l’ombre usent de leurs relations directes avec le chef de l’Etat pour commettre des actes illégaux à l’encontre des habitants des six quartiers des cités Ran.

Après la démolition des 41 maisons de la cité Pk6 en zone 4c, à 5 heures du matin le 11 avril 2014, par l’opérateur économique Fouad Omaïs dans des conditions humiliantes et honteuses qui enfreignent les lois, des observateurs de la scène sociale ivoirienne ont cru qu’il fallait faire profil bas. Que non. Comme si cela ne suffisait pas, six quartiers des cités Ran à savoir, les cité Chien méchant, Ran garage, Gare lagunaire, 6 Bâtiments, 6 Villas et Le Foyer communal toutes au Plateau sont la convoitise de personnalités proches du Président Ouattara.

Selon des indiscrétions, ces derniers dont un élu et trois ministres auraient déjà discuté avec des opérateurs économiques pour la transformation de ces six quartiers en des centres commerciaux. Les riverains pointent le doigt accusateur sur le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, celui de la Justice et le Secrétaire général du gouvernement, ainsi que le député élu du Plateau. « Nous avons nos informateurs au sein du gouvernement qui ont pitié de nous, mais ne peuvent prendre aucune décision,» indique le doyen des sinistrés, un non-voyant et porte-parole des la cité Pk6. Qui soutient que le moment venu, il dévoilera à la presse et dans les moindres détails le nom de l’opérateur économique qui fait courrir ces personnalités proche du chef de l’Etat. A cette allure l’on ne s’étonnera pas les jours ou mois à venir si toutes ces cités qui entourent le palais présidentiel sont rasés. Le premier test mené par ces mains occultes serait la démolition des 41 maisons de la cité Ran Pk6, dans des conditions floues, en avril 2014 en zone 4c.

Pourtant, pour ce genre d’opérations, la loi exige qu’il faille un comité présidé par le préfet et les élus pour statuer sur le cas de démolition d’un quartier dont l’existence présente un danger pour les riverains et que c’est au sortir qu’une décision ou un arrêté est pris par le préfet ou sous-préfet, et la mise en ruine est faite par un huissier accompagné par les forces de l’ordre (pour sa sécurité). Ce, après la période de sensibilisation des habitants. Mais concernant les occupants des habitations du PK6 rien n’a été respecté.

Un huissier est arrivé sur les lieux vers 5 heures du matin, accompagné de la police, de la gendarmerie et des loubards pour raser le quartier. Les occupants des maisons n’ont eu juste le temps de prendre ce qu’ils pouvaient avoir à portée de la main. Après les enquêtes, la justice a rangé le dossier dans les placards après quelques sorties renvoyées pour report.

Malgré le cri du cœur des sinistrés évalués à plus de mille habitants, le gouvernement n’a jamais apporté compassion et même du matériel à ses familles dont la majorité des enfants ont mis fin à leurs études. Si certaines familles qui ont eu de la chance vivent dans des familles d’accueil, d’autres par contre, sont livrées à eux-mêmes et demeurent à ce jour sous des bâches sur le site en pleine rue de la capitale abidjanaise.

Comme si cette mauvaise parenthèse ne suffisait pas, la Société ivoirienne de gestion de patrimoine ferroviaire (Sipf) qui a été déboutée par la Cour suprême par signification d’un arrêt de «discontinuation des poursuites » de l’audience publique du 17 juillet 2014, relative à l’affaire N°2014-238.S/EX en date du 30 mai 2014 à l’encontre de douze occupants des logements de la cité Ran du plateau revient à la charge.

La requête porterait sur douze occupants des logements de la cité Ran de la commune du plateau que Sipf poursuivait, « sous le fallacieux prétexte d’en être propriétaire ». « Le Président de la République mandate et ordonne à tous Huissiers de Justices à ce requis de pourvoir à l’exécution du présent arrêt, aux Procureurs généraux près des Cours d’Appels d’Abidjan, de Bouaké, de Daloa et au Procureur de la République d’y tenir main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis (…) », conclut la Grosse délivrée par la cour suprême, signée du Secrétaire général de la Chambre, Me Bassy-Koffi Rose concernant cette affaire. Comme si on n’était pas dans un état de droit et que ce que le Président de la République décidait sur la base juridique est floué aux pieds. L’appétit prend le pas sur les décisions de justice.

Photo du 14 avril 2104

Cette fois-ci, c’est le nouveau Directeur général de la Sipf, Moustapha Cissé qui adresse des correspondances aux locataires des différentes cités Ran en date du 16 février 2015, avec pour objet : « interdiction de construire sans autorisation de la Sipf » et de conclure, « la Sipf se réserve le droit de procéder à la démolition de toutes les constructions non autorisées et à mener toute action jugée nécessaire à compter de ce jour».

Dans la seconde correspondance dont lepointsur.com a reçu copie le Dg de la Sifp invite les occupants des cités Ran au « Rappel » des « arriérés de loyers », en prenant « toutes les dispositions utiles pour le règlement sous quinzaine ». « Passé ce délai, la Sipf se verra dans l’obligation d’engager toutes les actions nécessaires en vue de préserver ses droits, » indique en substance le courrier signé de Moustapha Cissé.

Y a-t-il eu un autre jugement qui donne droit à la Sipf d’être propriétaire des cités Ran après la décision prise par le Président Alassane Ouattara ? Ou alors, le Dg de cette structure dont le chef de l’Etat n’a pas caché sa paternité avec lui  à sa récente visite dans le Denguélé se serait-il mué en la personne de M. Ouattara ? Seul Moustapha Cissé a la réponse à toutes ces interrogations.

En revanche, le ministre ivoirien des Transports, Gaoussou Touré à qui le Premier ministre Daniel Kablan Ducan avait demandé de lui faire « le dernier point de ce dossier » au cours d’une conférence de presse lundi 28 avril 2014, a-t-il fait un point avec des zones floues ?

En tout état de cause, « ce secteur n’était pas directement concerné par ce dossier, il était concerné dans le cadre des relations Côte d’Ivoire-Burkina-Faso et dans le cadre de la concession faite au Groupe Bolloré qui exploite ce chemin de fer Abidjan-Ouaga. Ce dossier d’ailleurs, va connaître une évolution rapide parce que nous allons assister à une rénovation importante de cette voirie ferroviaire et une accélération dans la modernisation de cette voirie, mais aussi des locomotives et des wagons transportant à la fois les marchandises, mais surtout aussi les passagers (…) ,» avait précisé le Premier ministre Kablan Ducan qui en sait plus sur les différents contours pour avoir été chef du gouvernement sous l’e-Président Henri Konan Bédié au moment de la concession des cités Ran.

Sériba Koné

lepointsur

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