11202017Headline:

« Les microbes de la sécurité »de la Côte d’Ivoire

Microbes ou enfants en difficulté avec la loi ? Pour les populations ivoiriennes, ce sont des microbes car ils affectent mortellement l’organe dans lequel ils se logent. Du côté des autorités, on parle plutôt des « enfants en difficulté avec la loi ». Ces enfants qui ignorent que la loi ne transige avec personne. Peu importe les terminologies utilisées, tous se réconcilient autour d’une implacable réalité : Ces « gamins » harcellent de toutes parts la sécurité des abidjanais. Le phénomène des microbes est d’apparition récente mais bien que né après « le printemps des loubards » en Côte d’ivoire dans les années 90, il garde une froide nocivité de loin comparable à celle de leurs « ainés ». Comment endiguer ce phénomène dont les causes sont aussi plurielles que les conséquences ?

On cherche un peu partout les causes de ce phénomène. Dans les cellules familiales, la crise postélectorale, la politique de l’emploi « tirée par les cheveux » etc. C’est sûr, dans les familles disloquées où règne en maître la pauvreté, ces enfants sont livrés à leurs desideratas et aux influences venant du dehors. Dans bien des cas, leurs parents les subissent impuissamment. On apprend aussi qu’ils seraient les vestiges du « commando invisible », ce qui explique la transformation d’Abobo en leur citadelle imprenable. A l’horizon, ils ne voient aucun avenir parce que les opportunités d’obtention d’un emploi digne est une sorte de rendez-vous manqué. Alors ? Alors, ils ont recours aux machettes, couteaux, marteaux, fourchettes…pour donner vie à leurs insatiables pulsions.

Les conséquences désastreuses des actions de ces microbes de la sécurité sont là sous nos yeux. Psychose permanente, perte en vies humaines, blessés graves, mise au banc des familles des microbes. Va-t-on les laisser entamer durablement la tranquillité des populations ? Depuis mai 2017, l’Etat a décidé de « frapper fort » en lançant « l’opération Epervier. » Elle est en cours et fournit des résultats appréciables. Pour autant, les microbes n’ont pas renoncé à leur rage de faire mal. D’où l’urgence de verser des suggestions dans la corbeille des autorités pour leur apporter un coup de main dans l’intensification des opérations.

Et si l’Etat donnait mandat aux mairies ? L’Etat, par le biais du Ministère chargé de la sécurité doit mettre les mairies en action afin que celles-ci, dans leur ressort territorial, procèdent à la création de comités de veille qui seront une sorte de brigade civile d’information, propre à chaque quartier et chargés de sensibiliser, d’observer et de collecter des informations pour les mettre à la disposition de la police judiciaire. Par exemple, vérifier lequel des jeunes désœuvrés du quartier à un nouveau cercle d’amis aux comportements suspects, lequel arbore des signes ostentatoires régulièrement affichés par les délinquants etc. Une telle mission mérite que les personnes devant constituer le comité soient, à tout le moins, des diplômés sans emplois et qu’une rémunération leur soit versée ainsi que des moyens de communication et de locomotion. Le faisant, l’Etat gagne aussi bien le combat contre les microbes mais également résorbe le problème de chômage des jeunes.

De plus, il est démontré que l’usage de la drogue est un facteur précipitant un individu a verser dans la délinquance et le crime. En d’autres termes, la consommation de la drogue et produits assimilés sont en grande partie à l’origine des comportements de ces jeunes appelés microbes. Où s’approvisionnent-ils ? Où se retrouvent-ils pour consommer la drogue ? Bien évidemment tout commence dans les petits fumoirs créés dans les quartiers avec la complicité de « parrains » locaux. Si tous les quartiers du district d’Abidjan comportent les comités suggérés et s’ils travaillent en synergie, il est certain que le mal sera tué à la racine.

Confier donc à ces petites cellules communales les missions définies plus haut, représente une véritable chance de venir à bout du phénomène. Car, comme on le sait, les habitants d’un même quartier se connaissent tous. Ils sont par conséquent mieux outillés pour déceler en leur sein, ceux dont les fréquentations peuvent les faire basculer dans le cercle infernal de la drogue et dans la « confrérie » des microbes.

On oublie également le rôle que peut jouer la mère dans ce combat acharné contre les microbes. Pourtant, elles peuvent être utiles. La mère est le pilier du foyer et quasiment la complice des enfants. À ce titre, elle est plus au fait des changements de comportements de sa progéniture. Elle doit donc être sensibilisée à collaborer avec les assistants sociaux et/ou la police afin que son enfant soit ramené sur le droit chemin. En l’intégrant ainsi dans le dispositif de lutte, à l’échelon familial, elle mesurera davantage le poids de sa responsabilité dans l’éducation de ses enfants.

Quelle que soit la méthode adoptée par les autorités, il y a lieu de préciser que le phénomène des microbes, mérite qu’on agrège les intelligences et les forces, qu’on descende au plus bas des échelons pour son éradication. Le bien-être des populations le commande. Allons-nous louvoyer ?

Prenez soin de vous.

Kamagaté Serges, pour l’APR NEWS

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