09252020Headline:

Les militaires veulent attaquer les banques, pour avoir gain de cause

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Bouaké, Bondoukou, Abengourou, Abidjan… Les militaires ivoiriens ne sont pas contents et le font savoir. “La colère a gagné partout dans les casernes, notamment le camp d’Akouédo”, le plus important de la capitale économique ivoirienne, confie un officier ivoirien, sous le couvert de l’anonymat. Avancement et meilleures soldes, voilà ce qu’ils réclament.

Tout est parti de Bouaké

Et pour mieux se faire entendre, ils n’hésitent pas à faire usage de leurs armes… pour des tirs de sommation. Des discussions sont en cours avec l’état-major des armées de Côte d’Ivoire. Tout est parti de Bouaké, la deuxième ville du pays et fief des Forces nouvelles de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale et ancien chef rebelle. Un peu partout dans la ville, des barricades ont été posées par plusieurs groupes de dizaines de soldats. Le mouvement a fini par s’étendre au reste du pays, atteignant le quartier d’affaires du Plateau, où quelques sapeurs-pompiers et des militaires ont essayé d’entraver la circulation. “Le plateau se vide, tout le monde tente de rentrer à la maison et cela crée un embouteillage monstre”, révèle une habitante au téléphone.
Promesses d’avancement signées à Ouagadougou en 2007

L’avancement réclamé par ces militaires aurait été entériné lors de l’accord de paix de Ouagadougou signé en 2007. Mais il n’a pas été suivi d’effets. D’où la menace : “Nous manifestons pour réclamer nos droits. Durant deux jours, nous allons paralyser les principales villes de l’intérieur. Si nous n’avons pas gain de cause, le troisième jour, nous allons nous attaquer aux institutions bancaires”, explique un officier basé à Abidjan. Cet accord visait à ramener la paix en Côte d’Ivoire et à réunifier le pays, coupé en deux depuis 2002, le Sud étant tenu par les partisans du président Laurent Gbagbo et le Nord contrôlé par la rébellion des Forces nouvelles dirigée par Guillaume Soro. À Bondoukou, les drapeaux ont été mis en berne. Les soldats motivés plus que tout : “Nous voulons notre argent, le rappel de trois ans d’arriérés de primes”, tonne l’un d’eux. “S’il n’y a pas une bonne suite, nous ne cesserons pas cette manifestation”, ajoute-t-il.

Le camp d’Akouédo déjà attaqué en septembre

De fortes tensions opposent anciens rebelles pro-Ouattara et militaires de carrière au sein de l’armée. À la mi-septembre, le camp d’Akouédo avait été attaqué par une douzaine d’assaillants, tous arrêtés, dont les motivations n’ont pas été rendues publiques. Le ministère de la Défense n’a jamais souhaité communiquer sur cet incident. Le gouvernement tente de ramener le calme dans le pays. Dans une allocution à la télévision publique, le ministre ivoirien de la Défense a “demandé aux militaires de regagner leurs postes”. En échange, Paul Koffi Koffi leur promet le paiement de leurs arriérés de soldes et de frais de déplacement ainsi qu’une meilleure couverture de frais de santé.

Lepoint.fr
Le titre est de la rédaction

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