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Les Patrons envoient le zouglou ivoirien au Zénith pour leurs vingt ans

Clip Vidéo : le clip «Piké» des Patrons disponible - IRIS MEDIASEn guise de cadeau d’anniversaire, le duo ivoirien Les Patrons s’offre un concert au Zénith de Paris ce 10 septembre, non seulement pour célébrer 20 ans de carrière au rythme du zouglou mais aussi avec l’intention de jouer la carte de la réconciliation et de la paix. De nombreux invités, de Magic System à Toumani Diabaté, sont annoncés pour cette soirée exceptionnelle.

Le rendez-vous a été pris de longue date. Dès novembre 2021, alors qu’ils venaient de commercialiser leur album Trésor, Les Patrons annonçaient ce qui constitue un des points d’orgue des célébrations de leur vingtième année d’existence en 2022 : un concert au Zénith de Paris. L’événement est loin d’être anodin aux yeux du duo abidjanais : jouer dans cette salle, “pour quelqu’un qui a des ambitions, quelqu’un qui adore franchir des étapes, c’est toujours un challenge. Même quand on a trente ou quarante ans”, estime Éric Yahou. Avec son complice Clem’so, en compagnie duquel il explique “avoir toujours aspiré à faire mieux”, il n’hésite pas à parler de “rêve” qui se réalise.

Fidèles à cette “philosophie zougloutique” dont ils se réclament, et qui leur fait endosser le rôle de “voix des sans-voix”, comme ils le disent eux-mêmes, ils ont voulu placer cette soirée symbolique du 10 septembre sous un sceau qui dépasse leur seul anniversaire, aussi marquant soit-il. “Nous sommes en quête perpétuelle de paix et de cohésion sociale. Les Ivoiriens doivent pouvoir se retrouver au-delà des crises que nous avons traversées. On veut montrer à l’Afrique et au monde entier qu’on peut aller vers la paix en passant par la culture qui est un moyen important de développement”, assure le porte-parole des Patrons, qui rappelle que “chacun a perdu quelqu’un, chacun a eu mal” dans cette guerre civile qui a opposé ses compatriotes pendant près d’une décennie et a pris fin en 2011.

“Ce ne sont pas les religions ni les partis politiques qui vont nous empêcher de festoyer ensemble. Et si nous arrivons à le faire alors que nous venons de différentes ethnies, avec différentes croyances, c’est aussi une forme de paix”, poursuit-il. Illustration de cette dimension quasi politique sinon patriotique dans laquelle elle s’inscrit, la soirée a été renommée “Zénith de la Côte-d’Ivoire”.

Pour mettre en cohérence paroles et actes, mais aussi parce qu’il s’agit de partager un moment fort de leur carrière, les deux chanteurs ont tenu à inviter des artistes qui leur sont chers, à l’image de Magic System. Les stars internationales du zouglou sont “leurs parrains artistiques”, soulignent-ils, mettant en avant le soutien constant et infaillible de la bande d’A’salfo depuis leurs débuts. Ce sont eux qui leur avaient permis de jouer à l’Olympia, autre salle parisienne mythique, en première partie de leur concert en 2014.

À leurs côtés, il y a aura aussi l’ex-footballeur Gadji Celi, devenu chanteur à succès après avoir raccroché ses crampons, Roseline Layo aujourd’hui très en vue à Abidjan, ou encore le très populaire duo Yodé et Siro, qui a contribué à écrire l’histoire du zouglou depuis près de 25 ans, mais aussi Aboutou Roots, Espoirs 2000… La liste ne se limite pas aux Ivoiriens : le Burkinabé Flobby devrait également être présent, tandis que le maître de la kora, le Malien Toumani Diabaté, a donné son accord de principe, lui qui est intervenu sur le récent titre Pas ça des Patrons.

Accompagnés par l’orchestre La Magie, avec lequel ils se produisent depuis de nombreuses années en live et qui participe aux enregistrements en studio, Éric et Clem’so ont “pris le temps de se préparer le mieux possible” pour relever le défi du Zénith. Outre le “travail de fond, les répétitions à n’en point finir pour parvenir à quelque chose de très proche de ce qu’il y a sur les albums”, ils reconnaissent avoir fourni “un gros boulot de mise en scène” pour l’occasion. À 20 heures, ils monteront sur scène pour “deux heures non-stop”, au cours desquelles se succéderont tous les titres forts de leur répertoire, depuis l’album Nègre noir, il y a vingt ans, jusqu’à Trésor, qui a raflé plusieurs trophées en 2022 et consacré un peu plus le duo. D’Abidjan à Paris, Les Patrons veulent faire briller l’étoile zouglou.

Avec Rfi

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