10242017Headline:

“Les sapeurs-pompiers civils de Côte d’Ivoire (ONPC): Un corps presque mort né…De quoi s’agit –il ?”

pompiers civils (ONPC): Un corps presque mort né…

Les sapeurs-pompiers civils de Côte d’Ivoire, la toute première promotion sortie en 2014 n’en peut plus de vivre le martyr depuis que ses membres ont été affectés dans différentes régions du pays. Au lieu d’assister les personnes et les biens, nos sapeurs-pompiers sont devenus, par la force des choses, un corps à assister.

De quoi s’agit –il ?

Dans sa politique pour appuyer les sapeurs-pompiers militaires qui ne couvrent pas le territoire national, le gouvernement ivoirien a pris au cours d’un Conseil de ministre présidé par l’empereur Ouattara II, le 25 juin 2014, un décret portant « création de l’emploi de sapeur-pompier civil ». Une initiative du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de la sécurité en rapport avec ses homologues de l’économie et des finances, du budget et de la fonction publique. La Côte d’Ivoire se  voulant émergente et ayant perçu l’importante de cette branche la mission de cette branche de sapeur-pompier civil a  pris le soin de confier au directeur de L’Office national de la protection civile, le général Kili Fiacre d’élaborer le décret et qu’il explique dans une interview mise en ligne le 3 juin 2014 par Fratmat.info «  Les pompiers civils ont les mêmes missions que les pompiers militaires. A savoir, porter secours aux populations en cas de catastrophe et être plus proches de ces dernières. Mais, à la différence des pompiers militaires qui sont basés à Abidjan et Yamoussoukro, l’avènement du corps des pompiers civils va permettre à la Côte d’Ivoire de mettre en œuvre sa politique de couverture du territoire national par les forces de sécurité. Ils auront pour autorité de tutelle, le ministre d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, à travers l’ONPC et seront mis à la disposition des 31 conseils régionaux. De telle sorte que lorsqu’une catastrophe survient, par exemple, à Bouna, avec l’état de nos routes, que nous ne soyons pas obligés d’attendre que les secours viennent d’Abidjan. C’est une politique de proximité. Les pompiers civils vont être répartis sur l’ensemble du territoire national, dans les jours à venir, par le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Le 5 mai dernier, a eu lieu, à Bouaké, la cérémonie de sortie de la première vague des membres de ce corps qui étaient au nombre de de 722. En ce moment, sont en formation, au 3e bataillon de Bouaké, 778 pompiers civils de telle sorte que d’ici au 5 juillet, ils soient au total, 1500 mis à la disposition des populations ivoiriennes. » Jusque-là, tout va bien les  sapeurs-pompiers civils. Leur statut et leur des conditions de travail est clairement définit à en croire le responsable de l’ONPC. «  Sachez, avant tout, que les pompiers civils sont des fonctionnaires qui émargent au budget de l’Etat. Dans le cadre des prérogatives de l’Etat, un certain nombre d’attributions ont été cédées aux conseils régionaux et la protection civile en fait partie. Ces entités apportent un appui logistique et matériel. A l’intention de leurs présidents, nous avons élaboré un guide. Ils ont l’obligation d’assister matériellement les pompiers civils qui sont dans leur département. Mais, l’apport du conseil régional ne décharge pas pour autant l’ONPC de ses responsabilités. Nous apportons le matériel technique, notamment, les extincteurs. Il sera demandé au conseil régional de s’occuper de toutes les charges administratives, c’est-à-dire les fournitures de bureau, tables, chaises, etc. C’est ensemble que nous allons assister ce « bébé » pour qu’il grandisse ». Belles intentions ! Mais on peut bien se demander où en est-on  avec la croissance de ce tout nouveau bébé ?

Tout va mal pour les sapeurs-pompiers civils

A cette question, les sapeurs-pompiers civils répondent que ce bébé est souffrant. Souffrant des conditions de vie précaire dans lesquelles ils sont contraints de travailler et de vivre. Constitués en collectif et représentants plusieurs régions de la Côte d’Ivoire, ces fonctionnaires, sous un prudent anonymat, ont soufflé à l’oreille de l’infernal quadrupède leur souffrance depuis bientôt 02 ans. « Nous avons été formés comme des militaires et risquons nos vies comme les sapeurs-pompiers militaires vus que nous sommes un peu leur prolongement dans les autres régions. Mais nous ne comprenons pas que notre statut soit aussi méprisé par l’Etat de Côte d’Ivoire. Nous sommes des agents fonctionnaires à part entière mais nous percevons moins de 100 milles franc comme salaire. Nous n’avons aucune prime. Nous n’avons pas droit au bail de maison. Donc comment avec moins de 100 mille francs nous pouvons  loger,  nourrir,  soigner nos familles et scolariser nos enfants ? Nos familles sont dispersées çà et là et nous sommes contraints de nous associer entre collègues pour louer un studio de fortune pour y vivre. C’est vraiment déplorable.  Ajouter à cela, nous ne bénéficions pas de prime de l’emploi scientifique et technique liée au métier de protection. La police maritime, les Eaux et forêts en jouissent et certainement les sapeurs-pompiers militaires. Pourquoi pas nous ? Alors que nous menons un métier de protection ! Nous réclamons nos primes également qui dorment on ne sait où depuis plus de deux ans. Nous n’avons aucun moyen de déplacement. Même pour effectuer des interventions, nous sommes obligés d’y aller en taxi en le payant de notre poche dans un salaire de misère. Nous payons les bus également, ce n’est pas du tout normal. Quand on crée un corps, on le crée avec toutes ces  membranes. On n’a pas besoin de se fâcher pour que cela soit effectif, non ? Vous voyez aujourd’hui où cela nous amène? ». Bien dit. Mais peut-être que nos dirigeants ne comprennent mieux que le langage des armes ?

Les échanges à pompes rompus avec le général

Avant que l’homme fort du Palais ne décide du sort des sapeurs-pompiers civils, il laisse le soin à ses officiers et autres généraux de s’en charger. Simple question de hiérarchie. Mais quand on sait maintenant comment les officiers supérieurs et autres généraux ont tendance à minimiser les besoins de leurs subordonnés. Bref ! Du coté des sapeurs-pompiers civils, ce n’est sûrement pas pour demain la veille que leur général prêtera une oreille attentive à leur besoin vital à en croire leurs propos : « Maintes fois nous avons été rencontrés le général Kili Fiacre pour lui exposer nos problèmes. Mais nos rencontres se sont toujours soldées par des menaces de radiation et de mise en prison. En août 2016, nos amis ont essayé de se faire entendre auprès du président de la république en manifestant dans les alentours de la présidence, les mains nues. Pour que le président sache les conditions difficiles dans lesquelles nous vivons. Mais ils ont été arrêtés puis jetés en prison pendant 18 jours au Plateau. On les accuserait même d’avoir voulu intenter un coup d’Etat… »  Intenté un coup d’Etat les mains libres qui plus est en pleine journée, il faut vraiment le faire… Ils en sont donc là nos sapeurs-pompiers civils qui sollicitent une assistance à tous les niveaux. Et surtout un regard de notre président sur cette situation humiliante qu’ils vivent au quotidien. Comment en étant eux-mêmes des personnes à assister au plus haut point, pourraient-ils donner le meilleur d’eux- mêmes sur le terrain  dans l’assistance des autres ? Voici la réalité de nos sapeurs-pompiers civils, un corps presque mort avant sa naissance.

M.M in L’Eléphant déchaîné n°514

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