11132018Headline:

Les vrais raisons de l’arrestation de l’ex-ministre Dogo Raphaël

DOGO R

Le ministre Dogo Raphaël a été arrêté hier, à son bureau par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST).
La raison ?
Atteinte à la sûreté de l’Etat. Un motif bien à la mode sous le règne d’Alassane Ouattara et qui sert de justificatif à tous les abus du régime.
Dépassé par l’accusation, l’expatron de la fédération des étudiants handicapés de Côte d’Ivoire (FHACI), n’a eu pour tout réflexe, selon des proches, que d’envoyer le texto suivant à sa fille : « On m’amène à la DST. Si dans 2 ou 3h, je ne fais pas signe, priez pour moi, Dieu
nous garde. » Discret jusque-là,depuis son retour au pays,après un exil d’un an environ, au Ghana voisin, Dogo Raphael est ainsi projeté à nouveau, depuis hier, sous les feux de l’actualité. Pour qui connait l’homme, l’accusation portée contre lui, par les securocrates du pouvoir, n’a pas manqué de faire sourire tant elle est grotesque.
Car de quels moyens dispose le ministre Dogo, pour oeuvrer à la déstabilisation du régime Ouattara sachant bien ce qui l’attend en cas d’échec ?
Une arrestation qui intervient au moment où justement, le pouvoir se réjouit du retour au pays,- par vagues successives observées ces derniers temps-, de personnalités proches du président Laurent Gbagbo. Une bien curieuse démarche qui nourrit des inquiétudes fort légitimes dans les rangs des partisans du président Laurent Gbagbo.
Le pouvoir est-il sincère quand il demande aux exilés de rentrer au pays et que rien de fâcheux ne leur arrivera?
On peut aujourd’hui en douter avec la mise au trou, depuis hier, de Dogo Raphael. Les Lia Bi Douayoua, Williams Attébi,Benjamin Yapo, Marcel Gossio, Assoa Adou et autres Odette Sauyet qui ont regagné la mère-patrie, subiront-ils le même sort dans les prochainsjours ?
Rien n’est à écarter avec le régime Ouattara qui malgré les discours sur la réconciliation nationale, continue toujours de garder une dent dure à l’encontre de ses principaux contradicteurs. On se souvient qu’au nom de la même « atteinte à la sûreté de l’Etat », le ministre Moïse Lida Kouassi, croupit, depuis plusieurs jours aujourd’hui, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), après un détour dans les allées du sinistre mouroir de la DST.
Son parti et ses proches attendent toujours le début de preuves que prétend détenir le gouvernement contre sa personne. Seul signal émis jusque-là, la récente sortie du Garde des sceaux, Ministre de la justice et des libertés publiques, Coulibaly Gnénéma,qui face aux journalistes, a lancé laconiquement que «Malgré la prison, Lida n’a pas changé. » Il n’ira pas plus loin,laissant ainsi son auditoire, sur sa faim et brouillant un peu plus l’image de la Ouattarandie,dans l’opinion. Mais une accusation qui n’est du reste pas nouvelle puisqu’on se rappelle,que courant 2012, le ministre Lida Kouassi avait été cueilli de son exil togolais, bastonné et extradé vers la Côte d’Ivoire où il fut jeté en prison.
Il y passera presque deux ans avant d’être remis en liberté provisoire le 05 août 2013, en compagnie d’autres cadres du FPI, dont le président Pascal Affi N’guessan. Renversant que tout cela et bien malin celui qui pourra comprendre quelque chose sans la démarche « ouattarandienne ». Mais aussi triste spectacle d’une Côte d’Ivoire qui sous Ouattara s’enfonce chaque jour, dans le totalitarisme
et la terreur d’Etat. Une option qui s’inscrit aux antipodes
de la réconciliation des coeurs dont a pourtant besoin la Côte d’Ivoire qui porte encore les stigmates et le traumatisme de la crise postélectorale de la fin 2010. Où sont passées les organisations de défense des droits de l’homme qui hier,sous Gbagbo, passaient à la loupe les moindres faits etgestes du régime de la Refondation?

Aujourd’hui

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment