10232017Headline:

Libération de Gbagbo-Un proche de Soro: « Des arrangements politiques sont en train d’être trouvés pour Gbagbo »

gbagb lau

2015, année électorale en Côte d’Ivoire, avec comme point de mire les présidentielles en octobre prochain, pourrait offrir des débats à n’en point finir sur certains sujets qui ont dominé l’actualité politique des années précédentes.

Le premier à s’y adonner à cœur ouvert est le député Rdr de Ouragahio, Bayota, Dahépakehi et Yopohué Abel Djohoré Gbakayoro. Ce parlementaire, très proche du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, a saisi la période du nouvel an pour dire encore ses vérités. Comme à ses habitudes, l’honorable Abel Djohoré a, au cours d’un point-presse dans un hôtel de Gagnoa, scruté sans tabou des faits brûlants du paysage politique, allant jusqu’à dévoiler des secrets.

Pour ce qui concerne l’appel de Daoukro, dont il s’est montré distant au départ, le cadre des ex-forces nouvelles s’est rétracté en quelques mots. «Comment comprendre qu’après l’appel de Daoukro, des délégations sont composées pour sillonner la Côte d’Ivoire pour parler aux Ivoiriens pour qu’ils y adhèrent et qu’à Gagnoa, aucune délégation n’ait été envoyée sur le terrain ? Pourtant, l’appel de Daoukro règle beaucoup de problèmes politiques. Nous nous sommes donné cette mission à nos frais pour parler de l’appel de Daoukro pour que nos parents sachent ce qui se passe dans le pays et comment les lignes bougent», a-t-il dit avant d’ajouter : «On ne peut pas faire l’unanimité au sein de son parti, mais la majorité a compris l’appel du président Bédié. Dieu même, qui nous a créés ne fait pas l’unanimité. Donc, la majorité favorable à l’appel de Daoukro aidera pour la réélection du président Ouattara. Il n’a jamais été question pour le président Ouattara d’une candidature unique aux élections présidentielles de 2015», a révélé le député de Ouragahio qui a rappelé les dispositions de 2010 avec lesquelles le Rassemblement des Houphouétistes (Rhdp) est allé aux élections. Chaque parti ayant présenté son candidat pour soutenir le mieux placé au second tour. «C’est comme cela que le président Ouattara a été élu président de la République de Côte d’Ivoire. Le Rhdp est donc comptable, dans son entièreté, du pouvoir du président Ouattara. C’est ce que nous avons commencé que nous voulons poursuivre jusqu’en 2020. L’appel de Daoukro vise à faire du président Ouattara, le candidat unique du Rhdp. Mais, le Rhdp ne regroupe pas tous les partis politiques de Côte d’Ivoire». Donc, précise l’honorable Gbakayoro, en dehors du candidat du Rhdp, il y aura d’autres candidats. Aussi invite-t-il à proscrire certaines interprétations tendant à ”embrouiller les militants” de cette coalition.

Gbagbo en prison, ça ne me satisfait pas

Se prononçant sur le cas de Laurent Gbagbo détenu à la prison de la Cour pénale internationale, le député proche de Guillaume Soro a indiqué que des choses pourraient surprendre. D’ailleurs, il a laissé entrevoir, en révélant des secrets, que le dossier de l’ex-chef de l’Etat est sujet à des réflexions au plus haut niveau de l’Etat. «En tant que député de Ouragahio, je ne peux pas être heureux de voir qu’un fils de Gagnoa soit emprisonné. Je suis le député de Laurent Gbagbo, et quand il est en prison, ça ne me satisfait pas. Puisque lorsque je vais sur le terrain, mes parents me demandent ce qu’il advient. Pour moi, sa libération, qui est le souhait des populations de Ouragahio et de Bayota, est à prendre en compte. Cependant, je rassure les uns et les autres : c’est une affaire de la justice qui est en train de faire son travail. Si la justice trouve que Gbagbo n’est pas fautif, il sera libéré. Il y a l’exemple de ceux qui sont allés à la Cpi et qui ont été libérés puis sont rentrés chez eux. Laissons la justice faire son travail. Laurent Gbagbo est un homme politique, s’il y a des arrangements politiques qui peuvent être trouvés pour que sa libération libère tout un peuple, alors on ne peut que s’en réjouir. A ce propos, il y a des réflexions qui sont en train d’être menées. Le moment venu, vous en serez informés», a dévoilé le député de Ouragahio. Qui a annoncé sa participation aux obsèques de dame Gado Marguerite, mère l’ex-président, décédée le 15 octobre dernier. «Chez nous en pays Bété, c’est autour des corps qu’on se réconcilie souvent. Lorsqu’elle est décédée, nous sommes allé deux fois présenter les condoléances, donc nous sommes impliqué. Nous entendons prendre notre part à ces obsèques. C’est notre mère, nous avons le devoir de lui rendre des hommages dignes», a-t-il promis.

Un des sujets virulents abordés par l’orateur est le mutisme de la justice sur le cas des pro-Ouattara, partie prenante de la crise post-électorale dont les chiffres officiels font état de 3000 morts. Sur la question, Abel Djohoré a invité les uns et les autres à avoir confiance en la justice. «Des pro-Gbagbo sont jugés, parce qu’il y a des faits qui leur sont reprochés. S’il y a des faits similaires qui sont reprochés à certaines personnalités du pays, elles seront jugées. Donc, on ne peut pas parler de justice des vainqueurs. La justice à ses méthodes de travail». L’élu de Ouragahio se réjouit de ce que la justice ivoirienne a retrouvé ses capacités, selon les autorités ivoiriennes, qui ont opposé une fin de non recevoir à la Cpi à ce sujet, quand celle-ci a réclamé l’ex-Première dame, Simone Gbagbo, pour la juger. «Notre justice est en train de prouver à la face du monde qu’elle est capable de jouer son rôle», a-t-il livré.

Abordant le chapitre de la réconciliation, Abel Djohoré a affirmé que la mission de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr) a été un fiasco. Raison pour laquelle, il revendique le contrôle de cette institution, pour un véritable retour à la paix en Côte d’Ivoire. «Depuis longtemps j’ai revendiqué la gestion de la Cdvr. Je peux réconcilier les Ivoiriens. Nous avons les moyens pour le faire. Nous avons les recettes parce qu’au temps où tout était difficile, nous avons pu faire entendre raison à certaines personnes et à certaines communautés. La vraie réconciliation doit partir de Gagnoa. Les gens vont beau vouloir se le cacher, mais cela s’impose à nous. C’est Gagnoa qui a son fils en prison, et qui, à un moment donné, a voulu se mettre en marge de la République pour des raisons que nous connaissons. C’est donc à Gagnoa qu’on doit se dire la vérité et aller de façon véritable à une réconciliation sincère», pense le député du Rdr, qui a déploré le cinglant désaveu que les militants de son parti ont réservé à leur direction lors de la cérémonie de commémoration de ses 20 ans de à Bouaké, fief de l’ex-rébellion.

Pour le cadre des ex-Forces nouvelles, le fiasco de cette manifestation est un message que les militants ont adressé au ministre Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim de leur parti. De temps en temps, a estimé Abel Djohoré, il faut ces genres de situation pour que les dirigeants se rendent compte qu’il faut redoubler d’effort, s’ils veulent que le président Ouattara soit réélu en 2015.

linfodrome.com

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