05262022Headline:

L’Iran frappe le Kurdistan irakien après un bombardement israélien en Syrie

Les tirs de missiles sur Erbil, qui n’ont pas fait de victimes, surviennent quelques jours après la mort de deux hauts gradés iraniens à Damas.

Les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de Téhéran, ont revendiqué dimanche la responsabilité de tirs de missiles sur la ville d’Erbil, la capitale du gouvernement régional du Kurdistan, dans le nord de l’Irak. Les missiles ont atterri dans une zone proche du consulat américain sans faire de victime. Les gardiens disent avoir visé « le centre stratégique de la conspiration des sionistes » (les Israéliens, dans le jargon officiel iranien) à Erbil en représailles des « crimes récents » d’Israël. Le 7 mars, deux hauts gradés des gardiens de la révolution (Pasdaran) ont été tués dans des attaques israéliennes sur le territoire syrien, ce à quoi cette unité d’élite avait promis de riposter.

Dimanche, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré à la chaîne américaine CBS News que l’attaque au missile n’avait atteint aucune installation américaine ni aucun citoyen américain. La chaîne de télévision par satellite Kurdistan24, située près du consulat américain, a annoncé avoir subi des dommages du fait de l’attaque. M. Sullivan a affirmé que Washington négociait avec le gouvernement irakien pour l’aider à mieux défendre ses villes contre les frappes de missiles. Le ministère irakien des affaires étrangères a convoqué le même jour l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Bagdad, Iraj Masjedi, pour protester contre l’atteinte à son territoire.

Dirigeants et militaires iraniens ont à plusieurs reprises, dans le passé, dénoncé une présence des services de renseignement israéliens dans la région du Kurdistan irakien, ce que rejettent les responsables kurdes. Dimanche, le gouverneur d’Erbil, Oumid Khouchnaw, a une fois de plus nié toute présence d’Israël dans la région, qualifiant les allégations de Téhéran de « sans fondement ». Lundi, Israël n’avait toujours pas réagi aux déclarations iraniennes.

La frappe iranienne dans le nord de l’Irak et le fait que Téhéran la revendique ouvertement marquent une escalade significative dans le face à face entre Washington et Téhéran. La confrontation indirecte à laquelle se livrent ces ennemis de longue date s’est souvent jouée en Irak, pays dont le gouvernement est allié des deux pays. L’attaque de dimanche survient alors que les négociations à Vienne pour relancer l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran de 2015 marquent une « pause », depuis le 11 mars, en raison de demandes de Moscou. La Russie exige des États-Unis la garantie qu’en cas d’accord les sanctions qui ont été infligées à Moscou en réaction à l’invasion de l’Ukraine n’affecteront pas ses relations commerciales avec l’Iran. Une position que certains observateurs qualifient de « prise en otage » du « deal » nucléaire.

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