03292017Headline:

Logements sociaux, la politique de Gnamien Konan pour sauver le projet

logements

Le programme logements sociaux va-t-il enfin connaitre une solution définitive ? La démarche annoncée du Ministre Gnamien Konan de l’Habitat et du Logement social le fait espérer.

Rencontrant les promoteurs immobiliers agréés le jeudi 9 juin 2016, il a proposé un rachat de tous les logements sociaux que ces derniers vont construire. Ce, bien entendu, sous réserve d’un accord de l’ensemble du gouvernement.

‘’Nous avons décidé, sous réserve du gouvernement et à travers le Fonds solidarité habitat (FSH), d’acheter tous les logements sociaux économiques que vous allez construire et ce, à 100%’’, avait fait savoir Gnamien Konan.

Cette démarche, qui est nouvelle dans ce programme, apparait comme une bouée de sauvetage pour les souscripteurs qui attendent depuis 4 ans de se voir remettre leurs clés.

« C’est un ouf de soulagement ! J’applaudis cette décision des deux mains. L’Etat a enfin compris qu’il faut procéder ainsi pour que nous, les souscripteurs, nous ayons nos maisons. Il devait le faire depuis longtemps. Maintenant il faut de la fermeté et aller jusqu’au bout’’, soutient Diarra Youssouf un enseignant du secondaire dans le public dans la commune d’Abobo, joint par Politikafrique.info.

Il est l’une des premières personnes à avoir souscris à ce programme il y a environs 4 ans. Attiré par un logement économique qui lui coutera la bagatelle de 14 500 000 FCFA, il signale tout de même vivre avec amertume la longue attente pour l’obtention du fruit de son investissement.

« Quand on s’engage moralement et surtout financièrement dans un projet comme celui là et qu’après de longs moments d’attente il n’y a aucune lisibilité, cela fait mal. Le salaire en pâtit énormément car on ne s’y attendait pas, surtout que parallèlement, je loue un appartement à un coût élevé que ma famille et moi supportons déjà difficilement. On nous avait dit que c’était pour faire du social, mais on se rend compte que ce n’est pas le cas car le coût des logements sont élevés’’, regrette-il.

Dans son cas,  fait-il savoir, il a eu à s’acquitter comme tout enrôlé, de la somme de 30 000 F CFA préalable avant d’entamer le paiement d’un montant de 2 107 000 F CFA représentant les 10% d’apport initial et d’autres frais exigés par le promoteur vers lequel il a été dirigé après examen de son dossier.

Du côté des promoteurs la proposition de Gnamien Konan est aussi bien accueillie. « C’est heureux et à saluer. Avec ce fonds de garantie pour les acquéreurs proposé par le ministre, nous sommes rassurés.  Car par exemple si je finis de construire ma maison aujourd’hui, c’est le ministre qui me la paye et cela m’arrange. Les entrepreneurs ont toujours travaillé ainsi’’, a déclaré à Politikafrique.info Soro Doté le président de Etablissement des sociétés novatrices du bâtiment et des travaux publiques (CNET), par ailleurs président des PME-PMI du bâtiment et des travaux publiques.

Toutefois il souhaite que l’action du gouvernement aille plus loin. « Nous avons sollicité l’Etat pour qu’il mette un fonds de garanti auprès des banques pour accompagner les promoteurs immobiliers car les banques vers que nous nous tournons disent qu’elles n’ont pas confiance en ce projet parce qu’elles n’ont aucune lisibilité’’.

Mis en cause les promoteurs récusent les accusations

« Il y a des promoteurs véreux, pas honnêtes. Ils ont vu en ce projet une aubaine pour s’enrichir. Maintenant ils n’ont plus de moyens pour continuer. J’ai appris que certains parmi eux vendent les terrains ou les maisons aux plus offrants’’, dit Diarra Youssouf pour expliquer l’impasse actuelle non sans indiquer que « l’Etat a mal ficelé le programme’’.

Lors de sa rencontre avec les promoteurs, le ministre Gnamien Konan dénonçait aussi ce comportement. « Selon des informations dont je dispose, il y a des maisons achevées et vendues, des maisons non achevées, voire non encore construites, mais vendues’’, s’était-il plaint.

« Le ministre a dit ce qu’il voulait dire. Est-ce qu’il peut donner le nombre de personne qui ont reçu les maisons et qui habitent sur un site retenu pour le projet ? Non il n’y a pas de preuve’’, rétorque Soro Doté.

La crise du logement, une réalité criarde

Le programme des logements sociaux a été lancé par le gouvernement en 2012. Il était une réponse à la crise que traverse le pays depuis des décennies dans ce secteur. Selon des statistiques nationales, le déficit est d’un peu plus de 100 000 logements à construire par an. Le sud du pays est la partie qui vit le plus cette situation avec un manque à combler de 22 000 logements à construire par an. Dans cette même zone, 75 % de la population est locataire pour 25% de propriétaires qui ont essentiellement des cours communes. A ce déficit s’ajoute pour les populations les conditions difficiles à remplir pour se loyer un appartement : loyer trop élevé, nombreux mois de caution et d’avance à payer.

C’était pour parer cette situation qu’en 2012, le gouvernement, en s’appuyant sur les promoteurs privés, a lancé le programme des logements sociaux et économiques. 2000 hectares de terrains sur l’ensemble du territoire national sont dédiés au projet. Et 46 promoteurs immobiliers ont été agréés pour la production des logements. 72 000 personnes ont été enrôlées pour ce projet.

Mais l’opération connait des couacs jusque-là dans sa phase finale qui est la remise des clés. A plusieurs reprises déjà, les ministres en charge de ce dossier avaient annoncé des dates de livraison des appartements aux acquéreurs. Sans effet.

La Ministre Kaba Nialé, alors en charge du département de la Promotion du logement, rassurait le 4 octobre 2012 que la remise des premières clés, annoncée fin décembre, serait ‘’un cadeau de Noël 2012’’.

Deux ans plus tard, l’espoir avait également été donné aux souscripteurs par le ministre Sanogo Mamadou en charge de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme qui annonçait pour le premier trimestre 2015 la remise des premières clés. Gnamien Konan lui-même, avait annoncé pour fin avril dernier la remise de ces mêmes clés. Le problème de décaissement des fonds pour le financement des voiries, réseaux, divers (VRD) était l’une des  causes avancées pour ces différents reports.

Cette ultime démarche, on le souhaite sera la solution pour que ce projet ne soit en définitive considéré comme un leurre.

Richard YASSEU

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