02032023Headline:

Lutte contre le sida : malgré des années de prévention, le sujet suscite toujours un “malaise”

Ces dernières années, la recherche scientifique sur les traitements contre le VIH a connu des avancées importantes, améliorant la vie des patients. Mais le nombre de contaminations reste élevé et aucun vaccin efficace n’a jusqu’ici vu le jour. Point d’étape avec Gilles Pialoux, vice-président de la Société française de lutte contre le sida (SFLS).

Ces dernières années, la recherche scientifique sur les traitements contre le VIH a connu des avancées importantes, améliorant la vie des patients. Mais le nombre de contaminations reste élevé et aucun vaccin efficace n’a jusqu’ici vu le jour. Point d’étape avec Gilles Pialoux, vice-président de la Société française de lutte contre le sida (SFLS).

Un gros travail est également mené pour favoriser et améliorer la prise des traitements. Pouvez-vous nous expliquer ces évolutions et l’importance de cette approche ?

Ce travail vise à répondre à une forte demande d’allègement de la part des patients car le traitement contre le VIH est un traitement au long cours, qui génère de la lassitude mais qu’il faut absolument respecter car le virus devient plus résistant en cas d’oubli.

Nous sommes parvenus à alléger les trithérapies, que l’on peut désormais prendre quatre jours sur sept au lieu d’une administration quotidienne. Depuis un peu plus d’un an, deux antiviraux sont désormais administrables par injection, une fois tous les deux mois. Ce traitement demeure minoritaire car il est encore peu connu et il nécessite le recours à une infirmière. Mais il a l’avantage de permettre une plus grande discrétion vis-à-vis de l’entourage familial et professionnel, et d’éviter “l’effet rappel” de la prise de médicaments, compliqué à vivre au quotidien. D’autres améliorations sont en cours pour élaborer un comprimé mensuel voire semestriel ou bien encore développer l’implant sous-cutané, qui diffuse le produit pendant un an, sur le modèle déjà utilisé pour la contraception.

Outre l’aspect pratique, ces avancées visent à faciliter la vie des patients, dans un contexte de forte discrimination. C’est le cas en France, où certains emplois comme ceux de policier ou de gendarme demeurent interdits aux séropositifs, où il est parfois plus difficile de se faire assurer et donc d’accéder à la propriété et parfois même d’obtenir des rendez-vous médicaux. Malgré toutes ces années de sensibilisation, le sujet du VIH demeure tabou dans la société et alimente les peurs. Même au sein du corps médical, un malaise persiste sur ce sujet difficile et intime. Trop de professionnels préfèrent l’éviter et n’incitent pas assez au dépistage, ce qui occasionne des pertes de chance pour leurs patients.

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