08182017Headline:

Marwane Ben Yahmed, ce nouveau mercenaire de la plume

D’entrée, je remarque que “Jeune Afrique” n’est pas en reste dans le phénomène mondial que les Américains appellent “alternative facts”. La naissance des “alternative facts” est symptomatique de l’ère des fake news qui pullulent sur les réseaux sociaux. En clair, c’est aussi de simples rumeurs, des coquineries pour accabler ou vouloir jeter l’opprobre sur une personnalité.

Devrait-on s’étonner face à cet agissement récurrent dans cette entreprise familiale -JA-, qui ne vit pas que de ventes de ses magazines, c’est un secret de polichinelle, mais aussi du “state branding” qui constitue une véritable manne financière sur laquelle on ne peut se permettre de cracher.

Dans cette analyse, je me ferai fort de démontrer point après virgule, que les expressions utilisées par le sieur Marwane Ben Yahmed, ainsi que les analogies faites pour étayer ses propos, ne sont que pures fables, des lubies même, sorties peut-être, je ne sais pas, d’un shadow cabinet pour essayer de salir l’honorabilité du Chef du Parlement ivoirien.

Mon objectif dans ce texte ne sera pas de décrire Guillaume Soro magnanime comme une porte de prison, je vais plutôt montrer, démontrer qu’il existe bel et bien un acharnement ubuesque qui ne dit pas son nom contre lui dans la presse locale, le relais passé maintenant à une presse internationale qui semble selon toute vraisemblance avoir monnayé ou contraindre le peu de crédibilité qui lui restait.

Cette analyse est personnelle, je laisse libre cours à ceux qui la croiraient forcément subjective. Je demande seulement qu’on m’apporte des contre-arguments pour essayer de noircir le tableau que je vais dresser ici. Pas besoin de signaler que je ne ferai pas attention aux jérémiades, aux cris d’orfraie et autres saltimbanques.

Ça ne m’a pas dit grand-chose lorsque l’éditorialiste Marwane Ben Yahmed a comparé Guillaume Soro à Janus. Vous savez, ce dieu dans la mythologie grecque, des commencements et des fins, du passage et des portes, connu pour être bifrons (deux têtes) avec une face tournée vers le passé et l’autre sur l’avenir. Un brin de secondes, je me suis laissé flatter: “il est illuminé souvent le mec”. Mais c’était pour juste un brin de secondes parce qu’après, patatras ! Tout est parti en désinvolture et profond mépris.

Passons outre l’irrévérence même qui caractérise le texte pour nous appuyer sur les poussées de réflexions que d’emblée je trouve inabouties. Comme une dictée qu’on rédige sans en connaître véritablement la teneur, Marwane affirme de go que Guillaume Soro a “basculé du côté d’Alassane Ouattara lors de la présidentielle de décembre 2010”.

Sa preuve irréfutable, une prétendue confession sur le parking de l’Hôtel Ivoire (la rencontre n’a jamais existé) au défunt opposant gabonais André Mba Obame. Je me refuse de croire que le fils de Bechir Ben Yahmed puisse faire preuve d’autant d’ignorance sur le dossier politique ivoirien et des ses acteurs. En faisant preuve d’anachronisme pourtant, il aurait pu se faire une idée claire des relations entre les deux hommes qui ont toujours été faites de symbiose, et ce depuis belle lurette.

Soro s’est toujours tenu debout pour défendre Ouattara même quand des voix dissonantes se levaient au RDR pour contester son autorité avant septembre 2002. De Marcoussis en passant par Pretoria et devant Pierre Mazeaud, Guillaume Soro a été celui qui a montré ses griffes pour qu’un débat sérieux soit mené autour de l’article 35, cet article qui constitue le nœud gordien des crises successives que le pays a connues même si le RDR se “sentait visé mais pas concerné”.

Aussi faudrait-il lui rappeler que c’est le même qu’il qualifie d’opportuniste aujourd’hui qui s’est battu contre l’épuration des listes électorales qui frappait en masse les militants d’Alassane Ouattara à qui on voulait barrer la route des urnes pour l’expression de leur suffrage.

Sa plume aurait été fort utile pour dénoncer les listes grises, rouges ou vertes dont on parlait en ce moment là. Il ne faut surtout pas manquer de frapper la ressouvenance de Marwane par le fait que c’est encore Guillaume Soro qui est allé chercher Youssouf Bakayoko, Président de la Commission Électorale Indépendante dans sa BMW blindée pour que ce dernier puisse enfin proclamer les résultats des urnes. Soulignons enfin à ses bons souvenirs que Guillaume Soro s’est bel et bien battu pour Alassane Ouattara pour qu’il puisse effectivement exercer son pouvoir.

D’où vient donc ce soudain dadaïsme qui fait croire, parce qu’on est propriétaire d’un magazine fut-il panafricain, qu’on peut se permettre de réinventer l’eau chaude en tordant le cou à une histoire si récente ?

Sur la question des 300 tonnes d’armes d’experts onusiens, je considère tout simplement que Ben Yahmed se veut plus royaliste que le roi, et comment ? En plus d’être outrecuidant en le comparant de façon inopinée à Victor Bout, il pouvait tout simplement se référer à la réaction du gouvernement ivoirien via son porte-parole quand ce fameux rapport fut mis en lumière : “Nous avons vu ce rapport (…). Tout ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas la première fois que nous avons ce type de rapport qui malheureusement indique des choses erronées ou des choses qui sont passées ou dépassées”.

À ce stade on se demande si Marwane n’est pas frappé par une amnésie. Volontairement il omet de parler de cette sortie éloquente de l’exécutif ivoirien sur la question et se comporte comme un gamin qui vient d’apprendre un nouveau mot et voudrait forcément l’insérer dans une expression écrite. “Victor Bout”. Bruno Koné ira même plus loin dans sa déclaration pour dédouaner le numéro 1 des députés ivoiriens en déclarant : “Je suis assez bien placé ici pour le savoir, il est régulièrement arrivé que des choses soient dites et qu’elles s’avèrent erronées.” C’est cette indignation sélective des stars éditorialistes africaines qui nous émeut.

Marwane, des faux rapports de ces mêmes pseudos experts ont faussement accusé Kadhafi et il en a payé les frais de sa vie de façon déshumanisante. Je ne crois pas que votre âme de journaliste panafricain s’en trouve encore choquée.

Nous n’allons pas nous arrêter sans toutefois lui faire remarquer qu’il fait une véritable preuve de méconnaissance de la préséance protocolaire ivoirienne. Une bourde même en affirmant que Guillaume Soro est le 4ème personnage de l’Etat de Côte d’Ivoire. Soit il ne sait pas qu’il se trompe, soit il fait exprès de vouloir faire adopter sa menterie.

Le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne est bien la 3ème personnalité protocolairement parlant.

Je ne demande pas qu’on prenne les chants matinaux du coq pour des louanges ou comme des remerciements éternels adressés à Guillaume Soro. Il faut seulement se rendre à l’évidence que ce monsieur s’est saigné à rouge, pour tirer les marrons du feu pour des gens, ces véritables Janus, qui face à son dévouement, sa loyauté, lui imposent l’ingratitude, un acharnement. “the man to beat by any means necesssary”. Les moyens trouvés, la presse.

Tout y passe et presque tous s’y mettent (y a encore des vrais journalistes). Même ces journalistes qui ont connu des séjours carcéraux pour des raisons aux antipodes de faits corporatistes, qui ont été ardents défenseurs du concept labyrinthique de l’ivoirité ou encore qui excellent dans la corruption de collègues pour acheter leur silence, trouvent délectation. Le Sida qui veut soigner la céphalée !

Cassons du Soro donc puisque ça nourrit son homme même si on utilise “une forme paresseuse de la profession”. (CNP)

Par Kader Diarrassouba

http://apr-news.fr

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