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Meurtre des carques bleus de l’Onuci en 2012 : Les avocats de Hubert Oulaye claquent la porte, l’ancien ministre crache ses vérités

Le procès en assises de l’ancien ministres de la Foncton publique, Hubert Oulaye, accusé dans le meurtre de soldats onusiens en 2012, n’est pas allé à son terme, en raison de l’absence de ses avocats, qui ont claqué la porte sur un préalable. 

Les trois avocats défendant l’ancien ministre de la Fonction publique, Hubert Oulaye, lors du procès en Assises pour son implication présumée dans le meurtre de militaires de l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en juin 2012, ont quitté la Cour hier mardi 19 décembre 2017.

En quittant la Cour, ils entendent protester contre la décision du président de la Cour d’assises, Coulibaly Aboubacar, de passer outre leur demande de voir produire les procès-verbaux d’auditions de Libériens dont la Direction de la surveillance du territoire (Dst) dit faire la synthèse.

Selon les conseils du ministre de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, la note de la Dst n’est pas crédible, étant entendu qu’elle avait déjà ‘‘menti”sur le nommé Brou Serge Pacôme en voulant lui attribuer de fausses déclarations. «Le Parquet général a voulu auditionner notre client sur la base d’un document qui est intitulé ‘’Note de synthèse des auditions de deux personnes entendues au Liberia’’. Cette note de synthèse serait faite par la Dst. Nous disons que la Dst a déjà menti une première fois dans ce dossier en déclarant le nommé Brou Serge Pacôme qui aurait fait des déclarations dans lesquelles il incriminerait un certain Didier Goulia qui aurait reçu de l’argent de la part du ministre Hubert Oulaye. Ce dernier dit qu’il n’a jamais fait de déclaration et que ce procès-verbal n’a jamais existé. Donc quand la Dst nous produit une note synthétisant les déclarations de personnes entendues au Liberia, nous avons des chances de douter que cette synthèse existe. Nous demandons simplement qu’on nous produise les auditions des personnes concernées. C’est un ramassis de mensonges et nous disons non», a expliqué Me Rodrigue Dadjé, avocat principal du ministre Hubert Oulaye, quelques instants après le refus de la Cour de prendre en compte leurs observations.

«Tant que ce document va servir de base aux auditions du ministre, nous suspendons notre participation jusqu’à nouvel ordre», a ajouté Me Dadjé.

Déposition. Il faut noter que c’est peu avant 12 heures que s’est ouverte cette audience. L’ancien ministre, soupçonné d’avoir financé à hauteur de deux millions de francs Cfa le groupe armé à l’origine de l’embuscade qui a notamment coûté la vie aux militaires nigériens, est le deuxième personnage à être entendu, après le nommé Maurice Djiré.

A la barre, ce professeur d’université, âgé de 63 ans, comparaissant libre, a plaidé non coupable en clamant son innocence devant la Cour. «Il n’y a rien dans le dossier contre moi. Je ne suis pas impliqué dans ces attaquesJe proclame haut et fort mon innocence. Je suis étranger auxdits actes, ni en pensée, ni en argent, ni directement et ni indirectement. L’accusation de la Dst est légère», a-t-il déposé dans une déclaration solennelle de plus d’une demi-heure. «La procédure a été ouverte en 2012 et aucun juge d’instruction n’a décidé de m’entendre. Si ma complicité dans les faits était aussi avérée, pourquoi ne m’a-t-on pas décerné un mandat d’arrêt international depuis mon exil? Ou, à tout le moins, m’arrêter dès mon retour en novembre 2014», s’est-il interrogé. «La Dst est incapable de produire un seul Pv de ceux qui prétendent avoir reçu 2 millions de F cfa de moi pour financer l’attaque des 7 Casques bleus », a-t-il poursuivi, précisant aussi que les allégations de la Dst sur un numéro de téléphone ne sauraient prospérer.

Hubert Oulaye dit avoir quitté la Côte d’Ivoire le 17 avril 2011, soit six jours après l’arrestation du président Laurent Gbagbo. Après trois années d’exil, il revient en Côte d’Ivoire, le 30 novembre 2014. En sa qualité de président du Comité de contrôle, il ‘‘n’est pas resté silencieux”. Il dit être rentré pour participer au 4e congrès du Front populaire ivoirien (Fpi).

Accusation. Au cours de son témoignage, l’ancien président du Conseil général de Guiglo a dénoncé une immixtion du président du Fpi dans son arrestation. Selon lui, c’est la lettre Ref: FPI/PP/Cab-SG/044-2015/ta à lui adressée le 16 avril 2015 par M. Affi N’guessan qui serait à la base de son arrestation. «J’ai reçu une lettre interpellatrice de mon président qui m’interdisait d’aller à ce congrès. Cette lettre a été également adressée au ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et au procureur de la République. J’ai été arrêté illégalement et brutalement par la Dst à la demande de M. Affi N’guessan, deux jours après le congrès de mon parti, le Fpi, à Mama. C’est ça qui est la vérité», a expliqué ce cadre de l’ex-parti au pouvoir miné par des ”dissensions internes” depuis 2014. (Lire la suite dans L’inter)

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