03232017Headline:

Ministère des transports: Ouattara fait débarquer des inspecteurs pour y voir clair

 

Alassane

Agacé par l’interminable conflit qui oppose le ministre des Transports, Gaoussou Touré et la société «Côte d’Ivoire Logistiqu », qui a fait déjà perdre plus « 2 milliards de F cfa de chiffres d’affaires » à l’entreprise, le chef de l’État, Alassane Ouattara a fait débarquer, le jeudi 3 mars 2016, une équipe d’Inspecteurs de l’Inspection générale d’État (Ige), au cabinet du ministre Gaoussou Touré, sis au 8 ème étage de l’immeuble Sciam au Plateau.

Cette mission est motivée par des informations « alarmantes » au sujet des recommandations issues des rapports de l’Ige sur la fameuse reforme des transports initiée par le ministre Gaoussou Touré et la gestion du guichet unique automobile qui fait grincer les dents chez les usagers. Le malaise était papable hier au cabinet du ministre entre 9 h 30 et 12 h 45. Nous y étions pour faire le constat. Conduite par le Secrétaire général de l’Ige en personne, cette équipe de trois inspecteurs a entendu, pendant de longues heures, le Directeur de cabinet, Soro Bakary (le ministre étant absent selon ses services), sur le contentieux avec les « agences de Ci Logistique à l’intérieur du pays », « la mauvaise exploitation du rapport d’audit » de l’Ige, le « non respect de l’injonction de l’Ige faite au ministère des Transports concernant la relance des activités de Ci Logistique dans les villes de Korhogo, Bouaké et Daloa ». « Nous sommes inquiets. Nous avons peur… Nous sommes venus pour mettre les choses en ordre, dans la clarté, dans la transparence, afin que la bonne la gouvernance, telle que prônée par le chef de l’État soit une réalité vécue dans ce ministère. Que la bonne gouvernance soit une réalité… Ce ministère est le seul qui nous pose d’énormes problèmes. Il faut tirer l’alerte, nos rapports n’ont pas eu de réaction qu’il fallait. Dans le dos du président de la République et du gouvernement, une décision a été prise ici. L’installation d’un comité interministériel était prévue, mais le ministère des Transports a boycotté la réunion. Et, à notre grande surprise, nous apprenons qu’un comité a déjà été installé… Ils ont installé ce comité à leur solde… Ils ne respectent rien…Ce n’est pas acceptable… Il y a un grand désordre. Le ministère fait ce qu’il qu’il veut, dans un grand désordre », a réagi, violemment, un membre de l’équipe. Mais, pour ce proche du ministre Gaoussou Touré que nous avons rencontré sur place, « il s’agit plutôt d’une simple mission technique. C’est de la routine », liée à « l’application du nouveau système dit Abs ». « On ne peut pas accepter qu’on démantèle tout un système stratégique mis en place par l’État de Côte d’Ivoire depuis plusieurs années. Les activités de la société Côte d’Ivoire Logistique sont bloquées par le ministère des Transports. Il a écrit aux préfets qui déploient la police pour empêcher le fonctionnement de l’entreprise », a renchéri un autre membre de l’équipe d’inspection. L’enjeu de ce conflit « est de mettre fin à la concession de Côte d’Ivoire Logistique pour l’attribuer à une autre société », souligne un sachant. Mais un autre proche du ministre Gaoussou Touré, que nous avons interrogé, soutient que « le périmètre de la concession faite à Côte d’Ivoire Logistique, tel que prévu par le cahier de charges de la convention est délimité en plan et en volume à l’annexe 3 audit cahier des charges et ne saurait faire l’objet d’extension ( à l’intérieur du pays) sans accord préalable de l’autorité concédante ». Le ministre Gaoussou Touré estime donc que la « poursuite des activités de Côte d’Ivoire Logistique n’est pas conforme à la convention ». D’où le blocage de ses activités à l’intérieur du pays. Mais, les responsables de Côte d’Ivoire Logistique, que nous avons joints en début d’après-midi hier, s’inscrivent en faux face à cette assertion. « Le périmètre de la concession prévu à l’annexe 3 du cahier des charges est celui de la concession d’ouvrage et non celui des services concédés pour lesquels ni le cahier de charges, ni la convention n’ont prévu de périmètre », souligne ce responsable. C’est pourquoi, par courrier du 29 mai 2015, la direction de cette société a saisi l’Inspection générale d’État, non seulement pour dénoncer l’opposition du ministre à l’extension de leurs activités depuis le 6 mars 2015, leur intimant l’ordre d’arrêter « les activités à l’intérieur du pays », et solliciter leur arbitrage dans ce conflit. De fait, dans un courrier en date du 27 mai 2015, N° 690/ MT/cab.Dajc/cd, adressé aux préfets de ces localités, le ministre des Transports, Gaoussou Touré, « les invite à prendre toutes mesures et dispositions utiles pour assurer, dans leur ressort territorial, le strict respect des mesures par lesquelles j’ai opposé une fin de non recevoir à la volonté du président directeur général de Ci.logitique de relancer ses activités». « Son opposition à la relance des activités de la société a fait mettre 150 employés à la rue et plus grave, a fait perdre 2 milliards de Fcfa en chiffre d’affaires… 25.000 dossiers sont en souffrance », s’est emporté un inspecteur. Qui ajoute que la décision de « bloquer les activités de Ci Logistique est prise au mépris de la volonté de l’Inspection générale de l’État de trouver une solution amiable au conflit ». En fait, dans une autre correspondance adressée au ministre des Transports le 15 juin 2016, l’Inspection générale de l’État de Côte d’Ivoire demandait au ministre « de laisser la société Ci Logistique poursuivre ses activités à l’intérieur du pays, afin d’éviter des conflits avec les usagers, conflits qui peuvent déboucher sur une perturbation du climat social ». Mais, rien n’y fit. C’est pourquoi le chef de l’État a décidé de prendre le taureau par les cornes en utilisant « cette méthode musclée » en vue de mettre de l’ordre dans ce dossier, une fois pour toutes. La société Côte d’Ivoire Logistique a conclu avec l’État de Côte d’Ivoire, représenté par les ministères des Transports, du Commerce extérieur et intérieur et de l’Économie et des finances, une convention de concession mixte combinant une concession de service public, la concession d’ouvrage. Cette concession a une durée de 30 ans. En actionnant l’Inspection générale d’État, le chef de l’État veut mettre un terme à ce conflit qui n’a que trop duré.

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