05202018Headline:

MONDE: La France comme la Sibérie, une victime déjà

Pensez à vous habiller chaudement si vous habitez dans le nord et le sud-ouest de la France. En raison du vent glacial venu de Sibérie, les températures vont chuter entre -10 et -18°C, faisant craindre pour les précaires et les sans-abri.

Les spécialistes l’appellent le “Moscou-Paris”. La masse d’air qui a gagné la France depuis dimanche 25 février dans l’après-midi, vient directement de Russie, voire de Sibérie occidentale, et devrait se propager sur tout l’Hexagone. Résultat : des “températures glaciales” sont annoncées pour lundi, jusqu’à -10°C, avec un ressenti à -18°C dans le Grand-Est, selon Météo France. Dans l’Ouest, l’institut prévoit des minimales de -2°C et -6°C entre lundi et mercredi. Mardi et mercredi devraient être les deux jours les plus froids.

“Les maximales restent négatives sur un grand quart Nord-Est avec -4 à 0 degrés”, précise Météo France. “Sur une grande moitié Nord, le vent de secteur Nord-Est, qui se renforce jusqu’à 60 à 70 km/h, accentue nettement la sensation de froid”, a-t-il précisé.

Dans le quart nord-est du pays, le froid s’est installé dès dimanche. À Strasbourg, le centre d’hébergement d’urgence Fritz-Kiener était “quasiment rempli” toute la journée. “On a eu jusqu’à 60 personnes en même temps”, a expliqué Abdel Bourema, responsable.

Ces températures glaciales ont fait une victime. Un sans-abri de 35 ans a été retrouvé mort dimanche matin à Valence, où le thermomètre était descendu à -3°C dans la nuit. Les premières constatations laissent à penser qu’il est mort de froid alors qu’il dormait sous le porche d’une église, selon la préfecture de la Drôme.

Cet épisode de froid a poussé les autorités à déclencher dans 37 départements le plan “Grand froid”, avec plus de 3 100 places temporaires d’hébergement supplémentaires pour les sans-abri, dont 500 à Paris. “Nous avons donné pour consigne aux préfets d’ouvrir les lieux d’accueil”, a rappelé le ministre de l’Intérieur Gerard Collomb dimanche soir, lors d’une maraude à Paris avec le préfet de police Michel Delpuech et la brigade d’assistance aux personnes sans abri (Bapsa) de la prefecture de police.

Dans les rues de la capitale, le ministre et le préfet ont surtout croisé des migrants qui, sans savoir à qui ils s’adressaient, tendaient des papiers d’identité parfois périmés et s’exprimaient dans un mélange d’anglais, de français et de gestes. “Les SDF habituels qui ne sont pas des migrants se sont mis à l’abri du froid”, a expliqué à l’AFP un policier de la Bapsa.

Vendredi, un homme de 62 ans, qui vivait dans une cabane dans les bois dans les Yvelines, a été retrouvé mort. Son décès est dû en partie au froid, selon la gendarmerie.

Mais les sans-abri ne sont pas la seule population à souffrir du froid. Les autorités sanitaires conseillent de garder nourrissons et personnes âgées à l’intérieur. Pour les autres, il vaut mieux limiter les efforts physiques et bien se couvrir pour éviter gelures, hypothermie et aggravation d’éventuels risques cardio-vasculaires. Attention également aux risques d’intoxications au monoxyde de carbone.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a appelé chacun à limiter sa consommation d’électricité, surtout entre 18 h et 20 h, soulignant que la production d’électricité lors des pics de froid était “la plus carbonée”.

Après un mois de janvier historiquement doux, et un début février neigeux, cet épisode de froid, qui serait banal en plein cœur de l’hiver, est notable en raison de sa date. La France n’a pas connu un tel froid tardif depuis fin février-début mars 2005.

Un épisode neigeux est attendu dans la nuit de dimanche à lundi sur la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, où Météo France a placé trois départements (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes et Var) en alerte orange neige-verglas. Il pourrait perturber la circulation sur plusieurs axes autoroutiers, a précisé Vinci Autoroutes dans un communiqué.

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment