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Mort de Boga Doudou:Un Proche de IB livre des Secrets

Boga Doudou

 Les confidences de Kass à un ex-proche d’IB

Un témoignage exclusif du commandant Kass. Témoignage sur l’attaque de la nuit du 18-19 septembre 2002, qu’il a fait à un autre combattant du MPCI-Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire. Un mouvement qui avait pour secrétaire général, l’actuel président de l’assemblée nationale ivoirienne, Kigbaffory Soro Guillaume. Un MPCI devenu plus tard, Forces Nouvelles sur les sages conseils de Seydou Elimane Diarra, alors Premier ministre de Laurent Gbagbo.

Juste un rappel : lors des évènements Laurent Gbagbo, aujourd’hui aux Pays-Bas à La Haye, se trouvait à Rome en Italie dans l’attente d’être reçu par le pape Jean-Paul II. Ses ministres étaient  en Côte d’Ivoire, mais son Premier ministre, Affi N’guessan, aujourd’hui président de son parti, est lui hors d’Abidjan. Le seul membre proche de l’ex-chef d’Etat à être  hors de la capitale économique, lors des évènements de la nuit du 18 au 19 septembre 2012. Son  ministre de l’Intérieur, le stratège, Emile Boga Doudou est rentré le mercredi 18 septembre 2002, de Paris à 19 heures où il a  rencontré le ministre burkinabé Djibril Bassolé.

Etait-il informé de ce qui venait à leur rencontre ? Certainement,  puisque depuis Paris des renseignements en provenance du Burkina Faso, selon lesquels un coup de force contre le régime FPI serait imminent étaient distillés, mais pas vraiment pris au sérieux par le pouvoir d’Abidjan.

Le commandant Kass, avant son assassinat se confiant à un des proches de l’ex-sergent chef Coulibaly Ibrahim dit IB, penseur de la rébellion de 2002, lui aussi assassiné, avec la crise postélectorale de 2010, «était très à l’aise» en parlant de leur saga. Voici ce que relate en quelques lignes un ex-soldat du mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), Kass devant ses compagnons proches du sergent chef IB, transmis par l’un d’entre eux à «5minutesinfos ». Un riche témoignage révélant l’empreinte  Isiaka Ouattara alias Wattao sur le MPCI puis FN. Ce qui lui a valu de hauts galons auprès des autres commandants,  post attaque  du 18 au19 septembre 2002.   

 Son témoignage :

«J’étais caporal avec le MPCI, mis en place par le sergent-chef IB, lorsqu’un soir en 2003, dans une causerie bien détendue, le commandant chef Kass a commencé à nous parler un peu de leurs exploits de notre tentative de la prise d’Abidjan dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Nous étions restés au nord.

Chef Kass nous disait ceci : chacun de nous, lorsque nous nous sommes réunis, s’est vu assigner une mission. Chacun devait éliminer un homme politique à Abidjan. Peu d’entre nous l’ont réussi. Sinon un seul apparemment parmi nous l’a réussie à Abidjan. Et c’est ce qui a fait sa force et sa domination sur tous les autres chefs de guerre que  nous sommes. Mais moi je refuse sa domination.   C’est Wattao, saabélébélé qui a réussi sa mission.

Et vous voyez comment, il continue de nous insulter et nous narguer ici. Vous l’entendez souvent dire que nous sommes des vauriens qu’il a été le seul à avoir accompli sa mission à Abidjan. Et donc s’il parle personne ne doit parler. C’est le seul argument qu’il a eu pour s’imposer ici, même devant Shérif Ousmane. Chaque jour  vous-mêmes  vous  le voyer marcher tirant en l’air et trainant sa longue queue de bœuf et crier qu’il est le seul vrai guerrier d’entre nous.

Bon, ce n’est pas vrai, mais lui au moins il a réussi à éliminer l’un des plus grands  hommes sûr de Gbagbo. Et cela a fragilisé les hommes forts d’Abidjan.

Notre mode d’action a visé pour chacun d’exécuter sa mission qui lui a été attribuée. Celle d’éliminer des personnalités bien ciblées. Et chacun de nous avait sur son calepin des noms des tenants du pouvoir.  Nous n’avions pas affaire aux militaires frères d’armes, nous neutralisions seulement des éléments des gardes rapprochées si nous n’arrivions pas à les maitriser.

Nos cibles étaient clairement désignées. Les ministres de la république les plus en vue, dont Emile Boga Doudou ou Lida Moise Kouassi. Le Chef d’état-major Mathias Doué que nos chefs avaient déjà contactés, et les principaux généraux de l’armée ivoirienne, comme le Général Bombet Denis, commandant des forces terrestres, le commandant supérieur de la gendarmerie, le Général Touvoli Bi Zogbo…

Pendant que nous étions à Abidjan, une partie de nos éléments à Bouaké, maitrisaient la base aérienne ainsi que tous les avions de chasse et autres moyens d’appui aérien qui s’y trouvaient. Seuls quelques officiers ont fui de la base, un Alpha-jet, pour nous échapper et regagner Abidjan. Les autres camps militaires sont aujourd’hui avec nous. Et c’est comme ça que ceux qui sont restés ici ont par exemple maitrisé  la compagnie terrestre de Korhogo, le Ctk et les brigades de gendarmerie, attaqués par surprise. Mais un certain colonel Esmel Atchori qui a voulu jouer les braves avec ses  éléments du peloton de gendarmerie ont été enterrés  dans une fosse commune  vers la sortie de la ville. D’autres ont suivi tels les colonels Dagrou Loula et Daly Oblé…

Mais il le fallait, c’était dans le plan d’éliminer les pus coriaces fidèles à Gbagbo, un dictateur. Donc cette nuit du jeudi 19 septembre, déjà à 1heure du matin, nos éléments avaient déjà investi tous les coins stratégiques d’Abidjan avec une mission précise pour les différents chefs d’équipe.

 Wattao a eu pour mission d’exécuter Emile Boga Doudou. A-t-il réussi ? On sait que le ministre a été tué, la tête explosée dans la cours du voisin où il a tenté de trouvé refuge en escaladant la clôture. En tout cas c’est de là que Wattao, fuyant Abidjan et revenu à Bouaké a eu son emprise sur tous les autres  chefs de guerre. Il aimait crier : «Vous avez tous échoué. Moi j’ai réussi! ».

Tuo Fozié, notre barbu devrait exécuter le chef d’état-major Mathias Doué qui déjà a été informé du coup. Arrivé chez lui, notre vaillant barbu passant au peigne fin la maison du général le trouve caché dans le WC. Il se retrouve nez-à-nez avec lui. Sa mission : l’exécuter. Mais il n’a pas pu. Au lieu de l’exécuter, il s’est mis au garde-à-vous, en criant  «mon général !», bien sur à la surpris de ses éléments. Souvent vous voyez qu’on se moque de lui entre nous en criant «mon général».  Il s’est exécuté devant  Doué Mathias et est reparti avec ses troupes en facilitant l’exfiltration du général pour une destination que nous connaissions plus.

Koné Menssamba et les autres devaient maitriser le camp Agban, mais ils n’ont pas réussi. Il y avait trop de personnes qui ne connaissaient même pas Abidjan. Ils ne savaient plus où aller. Ils ont été capturés.

Ce sont mes éléments qui étaient chargés de liquider Lida Kouassi. Vers 3h du matin lorsqu’ils sont arrivés à sa résidence  tout est passé au peigne fin. Tous les gardes sont maitrisés, les autres membres de la famille avec madame Lida Kouassi aussi. Mais lui-même il a disparu, alors qu’il était là. Nous avons tiré à l’arme lourde, des roquettes chez lui pour dire que nous ne plaisantions pas. Jusque là nous disons qu’il est un mystique parce que mes éléments postés en cachette l’ont vu, mais subitement il a disparu dans sa maison. Nous le respectons ici à Bouaké.

Nous voulions au moins deux têtes, Boga et Lida. Mais pendant nos opérations, nous étions en contact avec l’ambassadeur de France Renaud Vignal et le Burkina Faso. Il informait la base de la situation sur Abidjan contrôlée depuis le Burkina par IB. A dire vrai les petits, nous craignions tout de même la riposte des hommes du Général Bombet, commandant des forces terrestres, les commandos parachutistes du chef de bataillon Détho Létho, les fusiliers marins commandos du commandant Konan, ainsi que la cavalerie du capitaine Gnakpa, mais aussi des gendarmes de l’escadron blindé du capitaine Abéhi.

Mais nos chefs bien conseillers par des instructeurs français ont fait monter les enchères en direction, d’Abidjan par voie de communication en faisant croire que nous avions une force de frappe 1000 fois supérieure à Abidjan. Et les médias français jouaient bien le jeu avec nous. Or nous nous souvenons que les hommes du commandant Détho Létho du premier bataillon des commandos parachutistes étaient entrés, à Bouaké et ont même pris le contrôle de l’Ensoa que nos hommes occupaient, puis ils sont ressortis.

Du coup, les frères d’armes ne pouvaient nous déloger désormais de nos positions occupées…A Korhogo, Bouaké, à Man… nous sommes maîtres. Mais il y a des choses qui ne vont pas encore bien entre nous et vous le savez.

En tout cas le corps sans vie de Boga Doudou retrouvé dans la cour de son voisin, a fait la force de Wattao dans nos rangs puisqu’il clame qu’il est le seul à avoir réussi sa mission. Et il veut être le seul guerrier. Ça c’est une menace pour nous autres et je voulais vous le dire, pour que nous soyons vigilants….»…../….

Ben, le commandant Kass n’est plus de ce monde pour livre la suite de leurs exploits guerriers.

 

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