05012017Headline:

«Nous ne nous sommes pas repentis de l’accueil…»Dimension spirituelle des mutineries en Côte d’Ivoire/ce qu’il faut savoir

Côte d’Ivoire: «Nous ne nous sommes pas repentis de l’accueil…», André Silver Konan décrypte la dimension spirituelle des mutineries ivoiriennes…

Il y a nécessairement une dimension spirituelle des mutineries en Côte d’Ivoire, qu’il ne faut pas occulter, si on veut régler durablement la question des crises politico-militaires, dans ce pays. Au commencement était le coup d’État de Noël 99 et l’accueil, que nous lui avons réservé. C’est biblique !

Il faut bien dissocier les choses. Le problème spirituel, dans le cas présent (je dis bien dans le cas présent), n’était pas forcément le coup d’État. Le problème était l’accueil que certaines personnes ont réservé au coup d’État. Je m’explique, avec cette analogie biblique: le veau d’or.

Dimension spirituelle des mutineries en Côte d’Ivoire

« L’Éternel dit à Moïse: Va, descends; car ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte, s’est corrompu. Ils se sont promptement écartés de la voie que je leur avais prescrite; ils se sont fait un veau en fonte, ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices, et ils ont dit: Israël! voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte.

L’Éternel dit à Moïse: Je vois que ce peuple est un peuple au cou roide. Maintenant laisse-moi; ma colère va s’enflammer contre eux, et je les consumerai; mais je ferai de toi une grande Nation » (Exode 32: 7, 10).

Le problème que nous traversons est donc venu de notre acceptation du coup d’État de 1999. Sans nous repentir, comme Moïse l’a demandé à Dieu, afin qu’Il renonce à sa colère (Exode 32: 11, 14), nous avons sauté, pieds et mains joints, dans la rébellion de septembre 2002. Et comme par hasard, ce sont ceux qui ont jugé salutaire, le coup d’État de 1999, qui ont été victimes de la rébellion de septembre 2002.

« NOUS NE NOUS SOMMES PAS REPENTIS DE L’ACCUEIL QUE NOUS AVONS RÉSERVÉ À LA RÉBELLION. ET AUJOURD’HUI, NOUS CONTINUONS D’ÊTRE VICTIMES DES MUTINERIES, STIGMATES DE CETTE RÉBELLION »

Mais nous ne nous sommes pas repentis de l’accueil que nous avons réservé à la rébellion. Et aujourd’hui, nous continuons d’être victimes des mutineries, stigmates de cette rébellion avec laquelle, nous n’avons pas pris nos distances.

Il est bon que les croyants que nous sommes, commencions à ne plus avoir de petits arrangements avec la démocratie, afin que le milieu politique soit assaini progressivement. Et que partant de là, nous commencions à expier les fautes que nos aînés ou nous-mêmes, avons accumulées, par nos accueils successifs à tout ce qui violait la vocation spirituelle de la Côte d’Ivoire.

 

Si nous voulons régler durablement la question des crises militaires, nous devons déjà commencer à nous repentir, mais sincèrement, de notre soutien aux différentes violations citées plus haut.

Tant que nous serons d’accord avec un fait d’armes, parce que cela nous arrange politiquement, nous serons à notre tour, victimes de faits d’armes similaires, et il se trouvera des gens, pour s’en réjouir, parce que cela aussi les arrange politiquement. Et le cycle continuera indéfiniment. Parce qu’il est écrit et c’est la vérité: « Puisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête » (Osée 8:7).

André Silver Konan

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